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Une fois la poussière retombée, c'est la question qui brûle les lèvres de nombreux observateurs. Dirons-nous de la rencontre du G20, dans quelques années, qu'elle aura mis en branle un nouveau consensus qui aura eu un impact équivalent à celui de Washington? La question est autant plus pertinente que les institutions financières internationales, en particulier le Fonds monétaire international (FMI), seront appelées à jouer un rôle clé dans la relance de l'économie mondiale. Or, le FMI traîne comme un boulet une très mauvaise réputation. Il y a quelques mois à peine, un quotidien titrait Le G20 refuse au FMI le droit de devenir un supergendarme. Aujourd'hui, l'agence Reuter titre Le G20 place le FMI au coeur de la lutte contre la crise. Que s'est-il passé entre les deux? Si vous avez répondu par un nom de cinq lettres commençant par O, je ne peux que saluer votre perspicacité. Le FMI bombe le torse Le communiqué de presse du Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, saluant l'accord obtenu au Sommet de Londres, ne prêche pas par sa limpidité. Certes, le FMi pourra prêter davantage aux pays émergents et aux pays à faible revenu, mais à quelles conditions? Une semaine plus tôt justement, le FMI annonçait une réforme de ses instruments de prêts. Dominique Strauss-Kahn qualifiait ainsi la réforme : «une plus grande souplesse dans nos prêts et une conditionnalité affinée». Mais encore? Les ambitions de Strauss-Kahn sont à la hauteur du personnage : pour lui, «les changements qui seront décidés à Londres pourraient constituer une réorientation stratégique aussi importante que celle qui a eu lieu avec la création du FMI et de la Banque mondiale à Bretton Woods, dans le New Hampshire, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.» Rien de moins! Et qu'ont donc de si extraordinaire ces changements? L’institution promet de ne plus chercher à «assortir ses prêts de conditions parfois très lourdes qui, dans le passé, tendaient à jeter le discrédit sur les pays empruntant au FMI, surtout en Asie et en Amérique latine.» Fort bien, mais les interventions du FMI vont demeurer fondamentalement les mêmes : les «réformes structurelles» vont continuer à faire parties intégrantes des programmes soutenus par le FMI. Le passé est garant de l'avenir Les réformes structurelles, c'est en gros une transformation en profondeur des lois et règlements nationaux en vue de favoriser l'initiative privée. Le premier ministre fédéral du Canada, Stephen Harper, a bien résumé le Nouveau Monde économique auquel le FMI invite tous les pays à adhérer en déclarant, en marge du Sommet du G20, qu'il n'y a plus d'économies nationales. Le FMI s'occupe de choses sérieuses, de choses structurelles; pas de broutilles comme la hausse des prix des aliments. « Le FMI n’a pas de remède miracle à donner à la hausse des prix. C’est un phénomène qui a lieu dans tous les pays du monde. Seulement, c’est au sein des nations concernées qu’il serait possible de prendre des mesures dans le court terme » (Dominique Strauss-Khan au Mali en février 2008.) Tiens donc. Il n'y a plus d'économies nationales monsieur Strauss-Khan. Maintenant, 14 mois plus tard, ils font quoi le Mali et les autres pays alors que le président de Nestlé prévoit que la crise alimentaire va empirer? Des réformes structurelles pour que leur marché soit encore mieux envahi par les produits prevenant du commerce international? Ce n'est pas tout. Peu importe l'impact négatif sur le financement des services publics dans les sociétés riches - impact dévastateurs sur les sociétés pauvres - le FMI maintient aussi le cap sur les stimuli fiscaux. Ah, j'ai fini par comprendre : le FMI va se réincarner... en FMI. Laisser un commentaire |
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