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Je suis sincèrement plein d’admiration pour les courageux qui ont lancé le G1000 (réunion le 11 novembre, à Bruxelles). Mille citoyens bénévoles, tirés au sort, qui ont accepté de passer une journée à parler politique. Nul ne sait ce qui sortira de ces assises qui me font penser à la rédaction des cahiers des doléances, avant la Révolution française, pardonnez-moi pour la référence, Sire. Ni ce qui en sera fait s’il en sort quelque chose de bien. Le plus important est que cela aie lieu. Ce qu’il faut toutefois éviter, et à tout prix, c’est un parti-pris des organisateurs. Je veux bien croire qu’ils ont joué le jeu et que c’est une application rigoureusement honnête de la procédure qui a écarté la (ré)forme de l’Etat de l’ordre du jour, au profit de la sécurité sociale, des inégalités et de l’immigration. Je crains seulement qu’on passe ainsi à côté, non pas du sujet le plus important, objectivement comme dans l’esprit des citoyens, mais de celui sans la solution duquel il n’y a tout simplement plus de débat politique possible en Belgique. L’organisation du G1000 comme je l’ai comprise, est en un sens fondée sur un modèle unitariste: Flamands, Wallons, Bruxellois et germanophones discuteront ensemble et c’est très bien. Mais ce n’est plus comme ça que fonctionne (mal) la Belgique. Depuis la Question royale au moins, mais on le sait depuis bien plus longtemps, les sensibilités politiques sont différentes au nord et au sud du pays. En fonction des poids démographiques des uns et des autres, on devrait donc arriver, sur ces sujets non communautaires, à des propositions plus conformes aux souhaits de la Flandre de centre-droit que de la Wallonie de centre-gauche. Et on tomberait alors sur le curieux paradoxe que tout en étant, le cas échéant, conformes aux voeux de la majorité des Belges, les propositions du G1000 seront rejetées par les Flamands parce qu’unitaristes et par les Wallons parce que trop « à droite » à leurs yeux. Et on en reviendrait alors au point de départ, non pas en 1970 mais en 1950: il faut réformer cet Etat en profondeur pour qu’il puisse encore être gouverné. Ce n’est pas (encore) le chemin qu’il est occupé à prendre, quoi qu’en dise notre Elio et ses choristes. Il est bien dommage que ce G1000 ait écarté les réformes institutionnelles de ses travaux. Laisser un commentaire |
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