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Le Président de la BCE nous a distillé hier, lors de sa conférence de presse, un exemple d’anthologie d’orthodoxie financière. - La croissance « conforme aux anticipations » - Une inflation maîtrisée avec une probabilité égale entre le risque inflationniste et déflationniste. Qu’il considérait toute modification du mandat sur la stabilité des prix comme très dangereuse. Elle serait annonciatrice d’incertitudes pour l’avenir, de difficultés dans la maîtrise des anticipations d’inflation et donc porterait atteinte à la crédibilité de la BCE. --------------------------------- Ensuite, faisons remarquer qu’en se basant sur ses propres projections en matière de croissance (1,2 à 1,8% d’ici fin 2011), la BCE ne doit-elle pas conclure qu’il n’y a aucune chance de faire reculer le chômage – au contraire ? Dès lors, est-il raisonnable d’imposer aux Pays Membres une rigueur budgétaire qui ne peut s’obtenir qu’en prenant des mesures qui feront pencher la balance vers le scénario déflationniste dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est le pire. Achever le chantier de l’UEM est donc une priorité incontournable. Elle doit se mener, à mon avis, sur deux plans : l’interne et l’externe. « Un débat parallèle sur l’impact de la crise sur la solidarité intra-européenne, sujet débattu au Conseil Européen extraordinaire de ce week-end, de l’accueil de nouveaux Membres dans l’Eurozone avec un assouplissement (mais non une suppression) des critères. Il convient en effet de comparer le coût du support par l’Union des pays en difficultés qui conserveraient chacun une souveraineté monétaire avec le coût d’une soulève la question intégration dans l’Eurozone. Il n’est pas interdit de penser que la deuxième option se révèlerait globalement plus avantageuse pour toutes les parties concernées. Une décision d’intégration rappellerait l’audacieuse proposition du Chancelier Kohl lorsqu’il a imposé la parité entre le mark est et ouest lors de la réunification ; or, dans le contexte actuel, l’Europe a besoin plus que jamais d’audace. Aux cris d’orfraie que pousseraient ceux qui défendent l’orthodoxie monétaire, ont peut opposer les arguments suivants : - Que le poids économique des pays de l’est est relativement faible (bien moins au total que la RDA par rapport à la RFA en 1989). - Que l’inflation bénigne limite les risques dans l’immédiat permettant la poursuite de la convergence au sein de l’Eurozone plutôt qu’à l’extérieur. - Que la discipline budgétaire sera d’autant mieux respectée que les instruments de souveraineté monétaire auront été transférés à la BCE. - Qu’un tel élargissement inciterait les derniers Membres récalcitrants à rejoindre l’UEM, renforçant considérablement le poids de l’Union sur la scène économique financière et politique internationale. Il va de soi qu’une Union Monétaire élargie à l’ensemble de l’UE aurait de nombreux avantages. : - La possibilité de mettre en œuvre une réforme de l’architecture du système financier avec une monnaie, une politique monétaire et un système de supervision et réglementation. - Le renforcement de la voix de l’UE sur la scène internationale à tous les niveaux. - Une beaucoup plus grande flexibilité dans l’agencement des priorités de politiques économiques fiscales et monétaires qui pourraient mieux prendre en compte les conditions du marché mondial. Cela rendrait à l’UE le plein usage de l’outil « taux de change » qui permettrait, comme ne s’en privent pas nos concurrents principaux, de mieux défendre les intérêts vitaux des citoyens européens sur les plans de l’emploi et de la concurrence. C’est seulement dans un tel cadre qu’il serait éventuellement possible de réexaminer la fin de non recevoir absolue énoncée par le Président Trichet concernant la norme de stabilité des prix. En effet, il s’agira alors de faire un jugement sur l’opportunité de procéder à l’ajustement incontournable qu’impose le désendettement excessif du système financier par une dépréciation de la valeur de la dette (inflation), de préférence de manière contrôlée, ou, au contraire, d’imposer ce remboursement sans augmentation de prix débouchant sur la déflation. Laisser un commentaire |
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