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Le déficit de la presse

lundi 7 juin 2010, par Pierre Zurstrassen


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La défaillance de la Presse à remplir son rôle est visible tous les jours. Les omissions, les lacunes voire les confusions, sont nombreuses comme nous allons le voir par quelques exemples de cette semaine, exemples dont le premier suit lequel est tiré d’un journal sensé être de qualité et appelé « L’Echo ».

 

Mardi 1er juin 2010 page 6, Titre « Banque Nationale : Deminor droit au but, Quaden botte en touche ». Il s’agit de la relation de l’Assemblée Générale de la Banque Nationale.

Il y est dit que l’Etat est le 1er actionnaire de cette Banque Nationale avec 50% des parts. On peut lire ensuite « Mais les petits actionnaires n'en démordent pas. Pour eux, l'action­naire public est outrageusement privilégié. «Durant les 20 der­nières années, la Banque Nationale a versé 16 milliards d'euros à l'État pendant que les actionnaires rece­vaient des dividendes à hauteur de 258 millions brut, cela alors que les statuts de la BNB prévoient une ré­munération équivalente», lance Charles Demoulin, partenaire chez Deminor. L'association de défense d'actionnaires a d'ailleurs soumis la question à la Cour constitutionnelle. »

Cette information est partielle. Le lecteur est sensé savoir comment et pourquoi une partie non négligeable des actionnaires peut recevoir 62 (soixante deux) fois plus que l’autre. L’Echo, qui n’est toutefois pas un journal appartenant à l’Etat mais destiné à un public privé ou professionnel, non seulement ne donne aucune explication mais ne montre, devant une telle situation, aucune indignation. Au contraire, les propos lénifiants du directeur de la BN sont largement reproduits.

Signalant ensuite que le débat de cette assemblée a évolué vers le sujet du contrôle des institutions financières, L’Echo nous révèle des informations plus curieuses encore. Les propos de Guy Quaden, directeur de la BN, sont stupéfiants de la part d’un homme qui a la chance d’être toujours en place malgré son absence totale de prévision de la crise financière.

En effet, on l’entend, d’après L’Echo, dire ceci : « Mais les responsables de la BN se veulent rassurants. « Le nou­veau système à deux piliers a le grand avan­tage de faire la distinction entre la solidité des institutions financières et la protection des investisseurs et des actionnaires. Et comme la CBFA, nous disposons d'une immunité légale sauf en cas de faute grave avérée», souligne Guy Qua­den ».          

Ces Messieurs ont donc mission de protéger l’épargne mais jouissent d’une immunité légale. En d’autres termes on vous paie pour une mission dont vous ne serez pas responsable.

Et sur ce, à nouveau, aucune explication ni indignation du journal.

A quoi servent ces papiers ? Messieurs les journalistes sont-ils asexués au point de ne pas ressentir la colère ? Sont-ils muselés au point de ne pouvoir que relater mais, sans commenter ni rien exprimer ?




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