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Ce silence des commentateurs s’explique aisément : contrairement à ce qui se passe lors des élections européennes, le chiffre de la participation n’est pas publié immédiatement aux États-Unis, les États fédérés américains mettant quelque temps à finaliser leur comptabilité du scrutin. Et maintenant, c’est dommage, les médias sont passés à autre chose (les chiffres détaillés de la participation aux élections US sont ici). Les élections de mid-term, c’est-à-dire celles qui ne sont pas couplées avec une élection présidentielle, ne mobilisent pas beaucoup les électeurs : 40,4 % en 2006, 39,5 % en 2002. En revanche, en 2008, la participation a atteint 61,6 %, en 2004, 60,1 %, en 2000, 54,2 %. En clair, la participation entre l’élection du Congrès de 2008 et celle de 2010 a chuté de 20 points, très exactement. Pourquoi en parler sur ce blog consacré à l’Europe ? Tout simplement parce que les Car cette abstention record, ce retrait de la sphère politique d’une majorité des citoyens occidentaux, de plus en plus angoissés par le monde moderne, sont inquiétants. Est-ce un hasard si sur les deux rives de l’Atlantique, on récuse l’État central ? En Europe, ce rejet prend la forme de l’euroscepticisme et du régionalisme (Flandre, nord de l’Italie, Pays basque et Catalogne, etc), aux États-Unis de l’antifédéralisme, comme le montre la percée du Tea party. Face à la crise, mais aussi face au monde, de plus en plus perçu comme une menace (économique, culturelle, militaire), la tentation est forte de se réfugier dans l’identitaire et le local, dans le refus de la solidarité entre riches et pauvres. Le syndrome du village d’Astérix est loin d’être une spécificité française. Comme le note Régis Debray, « l’économie se globalise et le politique se provincialise »… Si les peuples s’imaginent qu’en jouant personnel, ils s’en sortiront seul face au reste du monde, ils se trompent lourdement. Les États-Unis et l’Union pèsent dans le monde, mais ce n’est ni le cas de la Californie ou de la France. Affaiblir l’État fédéral ou l’Union, c’est au contraire faire le jeu des puissances économiques et des États émergents qui n’ont pas nos peurs. Des deux côtés de l’Atlantique, ce repli sur soi va de pair avec l’effondrement de la gauche, incapable de se renouveler idéologiquement et de profiter d’une crise qui valide ses thèses, et la percée des populismes, que je qualifierai de fascisme mou (pour l’instant). Le Tea Pary est tout aussi effrayant que le parti conservateur hongrois de Viktor Orban ou le « mélanchonisme » (comparez ce que disent des médias Orban et Mélenchon…), même si leurs racines sont évidemment différentes. Cette percée du populisme a des effets sur les partis dit de gouvernement (droite et gauche confondue) comme en témoignent les dérives sécuritaires et, dans certains cas, franchement xénophobes, de certains pays de l'Union européenne. L’Occident entre dans une période sombre, comme s’il ne supportait pas de ne plus exercer le leadership du monde. Laisser un commentaire |
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