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Les communautés, en Belgique, ont-elles encore un sens ?lundi 19 janvier 2009, par Charles Bricman 1 réactionVoir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/01/19/fa...
J’ai longtemps été un chaud partisan d’un fédéralisme belge fondé sur deux types d’entités fédérées: les régions et les communautés. Les premières me paraissaient avoir une vocation naturelle à gérer tout ce qui a trait à l’espace, donc à des territoires: l’économie, l’environnement, la mobilité… Les secondes à s’occuper de ce qui concerne les personnes dans leur identité: la culture, l’enseignement, les matières qu’ici on appelle gentiment “personnalisables”.
Une construction complexe comme celle-là me paraissait avoir l’avantage d’alléger la charge émotionnelle des nouvelles entités, de leur ôter une partie de leur venin nationaliste et de permettre de résoudre quelques questions qui n’ont pas fini de nous empoisonner l’existence. Les communes de la périphérie bruxelloise, par exemple. Intellectuellement, le principe me paraît rester valide. De Linkebeek à Jérusalem Est en passant par la Bosnie, il est clair que si les collectivités politiques doivent être omnicompétentes et souveraines à l’intérieur de leurs frontières, on aura toujours un problème avec les territoires à populations mélangées, avec les questions des minorités et avec la délimitation des aires territoriales. Tandis que si, dans le cadre belge par exemple, les institutions communautaires pouvaient être compétentes sur tout le territoire national, mais uniquement pour les personnes et pour les institutions qui en relèvent, la question des frontières deviendrait largement irrelevante. La question du déménagement de l’université de Louvain en 1968, par exemple, aurait pu ne pas être un affrontement aigu entre communautés linguistiques (l’infect “Walen buiten“) , mais rester un simple et réel problème d’aménagement du territoire (l’université catholique devenait trop grande pour la petite ville de Leuven). On n’a pas suivi cette voie et on a fini de la fermer à la fin des années 80, dans une nouvelle vague de réformes institutionnelles initiées par l’affaire Happart. Laquelle a “créé” une région de Bruxelles-Capitale au statut hybride, dont les uns (francophones) peuvent soutenir qu’il consacre le principe d’une troisième région à part entière mais “un peu à part”, tandis que les autres (les Flamands) ne l’envisagent toujours fondamentalement que comme un condominium wallono-flamand, “entièrement à part” dans l’architecture institutionnelle. La Vlaamse Gemeenschap d’ailleurs, n’est plus au fond qu’une pieuse relique. un ensemble de compétences communautaires intégrées à celles d’un seul Vlaamse regering qui les gère, avec les autres, sous le contrôle d’un seul Vlaams Parlement. Les francophones, eux, ont conservé jusqu’ici la bipolarité des institutions fédérées, même s’ils ont établi quelques passerelles entre elles. Est-ce tenable? Je n’en sais rien. Mais cela va sans doute perdurer jusqu’à la toujours plus improbable conclusion d’un nouveau “pacte des Belges”. Du train où vont les choses, il y en a encore pour quelques bonnes années de crises à répétition(s)… Il faudra pourtant bien finir par faire un choix entre un fédéralisme ou confédéralisme “classique” à trois ou quatre composantes territoriales (Flandre, Wallonie, Bruxelles, région germanophone) et une structure bicommunautaire. Avec le sort de Bruxelles pour enjeu majeur - capital, sans mauvais jeu de mots - de ce débat. Mais jusqu’ici, Bruxelles en est largement absente, en tant qu’acteur. Je le laisse provisoirement ici, au stade où il en est, aujourd’hui dans ma tête. Mais j’y reviendrai. Les billets qu’on publie sur un blog sont des écrits hautement “liquides”. Ce sont des notes, toujours provisoires. Si je vous montre ici les miennes sur cette question citoyenne, c’est dans l’espoir de vous voir réagir. L’idée de ce billet, d’ailleurs, m’est venue tout à l’heure en tweetant quelques “balles” de 140 signes avec generaltapioca (!) Je ne le connais pas, je ne sais pas qui c’est, mais il a stimulé mes neurones et donc, je lui dédie ces quelques lignes introductives. Tags: Belgique, bruxelles, institutions, politique Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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