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Pque, le 13 juin, la N-VA a recruté partout: au centre, dans l’électorat du CD&V et de l’Open-VLD, et à droite, dans celui du Vlaams Belang et de la liste De Decker. Ce qui la met évidemment au défi de consolider ce succès, de transformer l’essai sans y perdre trop de ses nouveaux électeurs. C’est l’éternelle bagarre des fundis et des realos. Chez les nationalistes flamands, apprend-t-on dans De Standaard on traduit ça sur la rose des vents: il y a « le front nord », ce sont les (relativement) modérés qui ont rejoint le camp de base par dépit devant l’impuissance des « traditionnels » à faire fonctionner l’Etat. Et il y a « le front sud », celui des radicaux qui détestent cordialement ce même Etat.
Quelles sont les forces en présence? Y aura-t-il lutte entre elles? Et si oui, qui va l’emporter? Bien malin qui pourrait le dire. La N-VA, en tant que parti, a grandi si vite que son image est immanquablement devenue moins lisible. Au départ, avec Geert Bourgeois, c’est le noyau dur de l’ancienne Volksunie, celui qui ne s’est pas dispersé aux quatre vents des familles traditionnelles, jusqu’à y investir des positions parmi les plus en vue. Ce ne sont pas des « tendres ». Mais d’un autre côté, si Bart De Wever est un sentimental qui avoue s’émouvoir aux accents du Vlaamse Leeuw mais que la Brabançonnelaisse de marbre, c’est aussi un pragmatique. Il est devenu membre de la VU à… un an, quand son père l’y a affilié. Son grand-père avait fait de la prison, à la Libération, parce qu’il avait milité au VNV, avant et pendant la guerre. Sans s’être jamais rendu coupable d’autres faits de collaboration, assure-t-il. Serait-ce le cas, d’ailleurs, à quel titre pourrait-on reprocher à Bart, qui a vu le jour en 1970, d’éventuelles fautes qu’auraient commises ses ascendants? Hugo Schiltz avait connu ça aussi. Beaucoup plus directement, pour ce qui le concerne. Ce qui ne l’a pas empêché d’être tenu, dans les années 70 et 80, pour un honorable humaniste que je suis heureux et fier d’avoir connu. En acceptant sa mission d’informateur et en tendant la main aux francophones au soir de son triomphe, le président de la N-VA a clairement confirmé, si besoin en était encore, qu’il opère résolument sur le « front nord ». Avec les « réalistes ». Républicain et séparatiste? Sans doute. Mais démocrate. De Wever n’est donc ni plus, ni moins fréquentable en coalition que n’importe qui dans l’hémicycle, exception faite des fachos patentés, qui ne le sont pas. Cela dépend du programme. Les questions n’en demeurent pas moins:
Je n’ai pas les réponses. Ni vous non plus. Ni personne d’autre. Il faut aller voir. Et juger sur pièces. Un gouvernement de coalition, c’est par la force des choses un amalgame parfois improbable de gens à qui on demande de se respecter mutuellement et d’honorer leurs engagements consignés dans un « contrat », pas de s’aimer d’amour fou. Ce sera donc un pari. Mais pour le refuser, il faut au moins avoir uneBATNA, soit a better alternative to a negotiated solution (with the N-VA). Des suggestions? Ne vous gênez pas. Mais pour tout qui connaît l’arithmétique parlementaire, la réponse est « non ». Il n’y en a pas. En cherchant Batna, on ne trouve que TINA (pour: there is no alternative). Que ceux qui s’en désolent maintenant comme des galopins aux fesses rougies méditent donc un peu sur la finesse de la stratégie qui a consisté, pendant trois ans, à claironner qu’on n’était « demandeur de rien », rien que pour emmerder le camp d’en face. Ne le répétez pas aux Flamands mais ceux-là, ce ne sont pas de fiers faucons indomptables. Non, c’en sont de vrais. Lire aussi:
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