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Les journalistes sont les diététiciens de l’info

mercredi 14 janvier 2009, par Charles Bricman


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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/01/13/le...

Je viens de passer deux bonnes heures sur mon lecteur de flux RSS, Google Reader. Je n’avais pas eu le temps de l’ouvrir depuis ce matin et, bien sûr, les articles s’y étaient accumulés. Plus de 1.000. Quand j’ai eu fini de les passer en revue, j’ai appuyé sur la touche “tout marquer comme lu”. Pour constater que 88 nouveaux titres étaient venus s’ajouter à la liste pendant que je la traitais…

 

On appelle ça l’infobésité, jolie trouvaille langagière des Québécois pour traduire le concept anglo-saxon d’information overload.

Au téléphone ce matin, Eric - qui dirige une grosse agence de pub, outre qu’il est le mari de ma soeur -me parlait du temps, celui qu’on n’a pas, celui qu’on n’a plus pour digérer, métaboliser toutes ces infos qui s’offrent à nous, qui font la file dans la rubrique “à lire”. Pas parce qu’on est plus occupé, mais parce qu’on est de plus en plus alimenté, abreuvé en informations. Que faute de mieux on range avec les autres dans une liste de partage, dans del.icio.us, dans un classeur ou sur une table de salon, quelque part.

 

A ce jour, je suis abonné à 348 flux RSS. Sur le journalisme et les medias, la communication, la politique, l’économie, la finance. Principalement. Sur les 30 derniers jours, j’ai lu 965 articles sur Google Reader. Enfin… “lu”, c’est beaucoup dire. C’est une technique: vous faites défiler les titres et quand l’un d’entre eux vous attire, vous cliquez pour arriver au texte et vérifier s’il tient les promesses de l’amorce. Cela en fait 274 que je transfère dans ma liste de partage - et que vous trouvez dans ma sidebar. Les plus intéressants, je les bookmarke dans del.icio.us. S’ils me renvoient à un site que je connaissais pas, je l’ajoute à mes abonnements. Cela prend du temps. C’est le vrai prix de l’info.

Sur mon profil Facebook, je ne me suis pas encore résolu à remplacer cette citation de Philip Meyer, professeur de journalisme et communication à l’université de Caroline du Nord:

Now that information is so plentiful, we don’t need new information so much as help in processing what’s already available“.

Et c’est donc ça, la principale fonction du journalisme d’aujourd’hui, sa mission première: aider le lecteur à traiter l’information qui l’assaille de partout, ce qui va de la simple agrégation des nouvelles à leur contextualisation et à leur mise en perspective. C’est moins romantique que la chasse au scoop de Tintin reporter, qui n’en perd évidemment pas sa noblesse, mais c’est au moins aussi utile et nécessaire. Indispensable.

Photo empruntée au blog “Journey of an Entrepreneur


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