
Devenez rédacteur
|
Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/06/15/le... C’était un bon moment de radio, ce matin, cette rencontre entre Bruno Tobback (SP.A) et Paul Magnette (PS) dans le journal de Bel-RTL. Pas de petites phrases, rien qui mérite un gros titre, mais une conversation menée par Pascal Vrebos, inimitable quand il s’agit de jouer les naïfs un peu lourdauds pour débusquer le gibier. C’est un homme de théâtre, Pascal, et ça se sent, sa feinte ingénuité est souvent efficace. J’ignore complètement l’état de leurs relations personnelles mais, politiquement, ils sont manifestement en phase, Paul et Bruno, et c’est une bonne nouvelle. Car cela semble traduire, au sein de la « famille » socialiste, la reconstitution d’un axe transcommunautaire qui est un élément indispensable – même s’il ne sera pas suffisant – d’une sortie de crise par le haut. L’état des lieux est sur la table, en double exemplaire: c’est le chaos. Ces élections qui viennent de se dérouler ont provoqué le séisme attendu. Tout est sens dessus dessous. Au moins commence-t-on à voir d’où peuvent venir les secours et l’aide humanitaire… Reprenons. Il y a deux vainqueurs incontestables: la N-VA en Flandre, le PS au sud. Ils doivent s’entendre, ou c’est la mort. Ils le savent l’un et l’autre. Tout seuls, ils n’y arriveront pas. Ils sont trop loin l’un de l’autre. Et les chœurs – vous, moi, eux… – sont trop dissonants, chacun dans sa langue. On peut imaginer que dans les jours qui viennent, à force de rencontres et de caucus, Elio Di Rupo et Bart De Wever puissent apprendre à se connaître, peut-être à se comprendre, et même à s’apprécier humainement, pourquoi pas? Mais pas plus. Il faut autre chose, pour assembler un puzzle qui compte autant de pièces. Dimanche soir, De Wever parlait de lancer des ponts, de jeter des passerelles. Cela ne se fait pas dans le vide. Il faut des relais, des points d’accroche. Le SP.A est le premier car il est déjà associé, dans le gouvernement flamand, à la N-VA. Et Bruno Tobback aura beau dire qu’il ne faut pas attacher trop d’importance aux mots, je vois une valeur symbolique importante à celui qu’a utilisé Caroline Genez: son « ami » Bart De Wever. Il m’étonnerait bien sûr que ces deux-là sortent en boîte ensemble le samedi soir. Mais le vocabulaire n’est jamais innocent. Même si l’usage du mot « ami » n’a pas été soigneusement prémédité, même s’il est fortement exagéré, il traduit un inconscient affirmé. Et il positionne le SP.A dans le rôle d’indispensable go-between entre les forces dominantes du nord et du sud. C’est le socle. Le deuxième élément essentiel, c’est le processus de formation d’une majorité fédérale inédit dans lequel on s’engage. Le virage par rapport à 2007 est évident. Didier Reynders, grand vainqueur à l’époque, côté francophone, voyait dans l’orange bleue une réforme de l’Etat en soi. Il avait raison. Si le centre de gravité politique de la Wallonie s’était effectivement et durablement déplacé du boulevard de l’Empereur vers l’avenue de la Toison d’Or – l’image est audacieuse… – on aurait pu imaginer de ranger Copernic et sa révolution institutionnelle au placard. Nous ne vivons pas un conflit ethnique, mais une opposition entre un univers de gauche et un monde de droite. Si la Wallonie rejoignait la Flandre à dextre, on ne parlerait pas de glissements progressifs vers le confédéralisme. Mais ça n’a pas marché. Le centre de gravité wallon s’est replacé à gauche mais c’est le centre de gravité flamand qui s’est mis en route, quittant le CD&V pour la N-VA. D’où cette innovation: deux majorités se forment, une en Flandre, une en Wallonie, et se rejoignent au centre pour tenter de constituer un gouvernement (con)fédéral. Et sur les marches du Palais où il le reconduit, Albert II salue de la main Bart De Wever qui a eu la politesse de venir l’en informer. La Belgique est déjà entrée dans l’ère du confédéralisme. La question est de savoir si ça va marcher. Et comment. Encore un peu de patience… A lire: deux textes de Bart De Wever, pour le comprendre, republiés aujourd’hui par De Standaard: Het moderne conservatisme etGezonde identiteit (en réplique à un essai de Guy Verhofstadt) Voir aussi: les commentaires de Laurette Onkelinx à Matin Première(RTBF). Laisser un commentaire |
?
Derniers articles de Charles Bricman : D'autres articles: NVARéponse très pertinente (Lord Jim) Un an sans gouvernement : la Belgique accélère son évaporation (Jean Quatremer) Un an après « l’alea jacta est »… Repli électoral et sauve qui peut ! (Claude Thayse) PSRencontre avec Michel Rocard (Argoul) Un caractère bien trempé (Bernard Delattre) Un peu de détente (encore) (Bernard Delattre) SP.aLa sexy Freya Van den Bossche annonce son retrait de la politique ! (Gargamelo) Caroline Gennez élue nouvelle présidente du sp.a ! (Gargamelo) Kijk eens aan... (Frederik Dhondt) Paul MagnetteJDC #11 – Le pouvoir de l’électeur (Charles Bricman) La longue marche de Ma(o)gnette (PAN) Prolongation des centrales nucléaires : Demotte isole Nollet (PAN) |