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Voir en ligne : http://paul-goldschmidt.skynetblogs... J’ai été très déçu en ouvrant ce samedi le supplément : La Libre Entreprise. La couverture « Ce qui sauverait l’Euro » m’a choqué. Ce titre accrocheur induit le lecteur en erreur et est un comble d’irresponsabilité : L’Euro n’a nul besoin d’ « être sauvé » et insinuer que ce pourrait être le cas ne fait qu’entretenir un climat d’incertitude dont les détracteurs de la monnaie unique, les spéculateurs et autres eurosceptiques font leurs choux gras. Au cours d’USD 1,35 pour un Euro, la monnaie unique est-elle sous pression ? L’€ a été introduit le 1er janvier 1999 au cours d’USD 1,17, est tombé au plus bas à USD 0,87 et a atteint, en juin 2008, un maximum d’USD 1,60. On est encore très largement dans le haut de la fourchette. La reprise économique se faisant attendre au sein de l’UE, un affaiblissement de l’Euro est, au contraire, très bienvenu car il améliore notre compétitivité. De plus, sur le plan intérieur, cela n’affecte qu’un volume restreint des échanges puisque son introduction a réduit à environ 12% les transactions qui donnent lieu à une opération de change (contre en moyenne 30% avant l’UEM et plus de 5O% pour la Belgique). Cette situation – hautement bénéfique – permet de partager avec les Etats-Unis le luxe d’une politique d’ « indifférence relative » vis-à-vis de la parité avec le dollar et les autres monnaies. Elle permet une beaucoup plus grande autonomie des politiques économiques qui peuvent considérer les parités de change comme un facteur secondaire, car ils n’affectent directement et indirectement que peu de citoyens. Venons-en au « dossier » (pages 2 & 3) : J’applaudis sans réserve le titre et les deux sous-titres mais ne peux souscrire aux « analyses » qui suivent. Quand le Professeur de Grauwe dit « tout ce qui a été fait peut être défait », le lecteur peu averti est tenté d’interpréter cela comme la possibilité de revenir aux 16 monnaies nationales d’antan. Or cela est faux à cause de la provision – indispensable à la réalisation de l’UEM – de la « continuité des contrats » qui a fait basculer en Euro, toutes les obligations contractuelles exprimées dans les monnaies tributaires. Ce principe devant s’appliquer à une sortie hypothétique de l’Euro (ce qu’on a fait on peut défaire !), il s’ensuivrait la banqueroute d’une foule de débiteurs tant publics que privés et, dans la foulée, celle de leurs créanciers ruinés. S’il est vrai malgré tout qu’un démantèlement de l’Euro ne peut être totalement exclu, il ne peut s’envisager pragmatiquement que dans le cadre d’une implosion de l’Union Européenne elle-même. D’où l’importance de la « solidarité » si bien mise en exergue. Quant aux 5 points où « notre devise aurait échouée », elles me semblent toutes erronées :
Par contre, je me permettrai de suggérer certains échecs qu’il eût été utile de mentionner:
En conclusion, il incombe aux politiques, aux économistes et aux médias de souligner les aspects très majoritairement positifs de la monnaie unique (entre autres les 4 points « Là où la monnaie unique a réussi ») et l’urgence d’achever le chantier de l’UEM. Le citoyen doit prendre conscience que l’alternative est l’effondrement potentiel non seulement de l’UEM mais aussi de l’ensemble de la construction européenne qui l’a si bien servi depuis 1950. Laisser un commentaire |
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