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Liège 2015 - Quand un conseil communal casse l’initiative populairejeudi 18 décembre 2008, par René G. Thirion 6 réactionsFaut-il en vouloir aux initiateurs de Liège 2015 ?
Dès le départ, le conseil communal de Liège ergotait sur les demandes de citoyens désirant que la ville se porte candidate au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2015. Pour une raison qui n’en était pas une, l’accord des politiques de désigner Mons comme capitale culturelle de la Wallonie. Au prétexte fallacieux que l’on ne casse pas des accords établis, la majorité PS et CDH les ont refusées. Argument futile puisque le titre de Capitale Européenne de la Culture ne tiens pas compte du titre national ou régional pour désigner la cité qui l’emporte. Que je sache, Marseille vient d'être choisie pour la France et n'est pas devenue pour autant capitale de la République française. Mais Willy Demeyer désirait ne pas déplaire à son président de parti, le très patelin (en apparence) Elio Di Rupo. Di Rupo et son PS, Demeyer et ses élus PS et CDH ont finalement gagné au jeu qu'ils maîtrisent si bien. Ne pas écouter la populace (c'est le terme à employer pour désigner le mépris vis-à-vis des 22.000 signatures liégeoises), mettre des bâtons dans les roues des projets qu'ils n'agréent pas et utiliser les délais interminables pour éteindre leur possibilité de réussite.
Car 22.000 signatures, soit plus de 10% de la population totale de la ville, ont été recueillies pour obtenir la consultation populaire prévue par la loi. C'était suffisant pour l'organiser, un peu tard il est vrai, mais ce retard fut dû aux multiples obstructions apportées par l'administration.
Le seul reproche à leur adresser est d'avoir accepté des "arrangements" qui ne rencontrent pas l'esprit de l’action entamée. De plus, de quel droit, le bourgmestre, balaye-t-il d'un revers de main la demande de 22.000 de ses concitoyens et comment peut-il considérer que les quelques personnes ayant lancé la demande ont le droit de négocier la non -présentation de la demande de référendum. Ils ont obtenu les signatures pour elle mais ils n'ont pas été mandatés par les signataires pour les représenter auprès des autorités communales et avoir le droit de transiger.
Le but à atteindre était bien d'avoir pendant un an un coup de projecteur sur la culture passée, actuelle et future du Pays de Liège et non la création d'une fondation bidon pour artistes émergents vivants sur le compte des finances communales, provinciales, régionales et communautaires (s’ils tiennent leurs promesses).
Trois conclusions à retirer des faits:
1° les jeunes intellectuels liégeois n'ont plus le courage de leurs anciens,
toujours prêts à en découdre avec les dirigeants et les décisions injustes. 2° Ils ont du pragmatisme à en revendre, ils voient bien le bâton. Mais aussi une naïveté totale dans les négociations. Ils acceptent toutes le carottes tendues fussent-elles, complètement pourries. S'ils sont gentils, ils seront associés à la gloire de Mons en 2015 et de Maestricht en 2018. Encore qu’aucune de ces deux villes n’est sûre d’être choisie. Des concurrences impromptues peuvent se déclarer. Cela ne fait rien. Nous organiserons à Liège une exposition mondiale de l’eau. Comment ? avec quel budget ?
Nos offres ne vous plaisent pas ? Nous allons vous offrir rapidement une fondation (comme pour les pauvres) où vous pourrez faire de l’art émergent international. Voilà ce que vous aurez en récompense de votre abandon. Le seul bâtiment en ruine restant dans le chancre citadin de l'ancien hopital de Bavière sera votre possession. Dommage que le même jour, le promoteur qui devait réhabiliter l'ensemble du site renonce (provisoirement ?) de le faire pour cause de crise. De toutes façon, les promesses faites par les politiques n’engagent que ceux qui y croient encore. Il semblerait qu'ils y croyent vraiment. 3° Nos élus ont des attitudes dictatoriales et une volonté déclarée d'empêcher l'immixtion de la volonté populaire dans leurs ententes de "petits copinages" au service de leur ego et de leurs intérêts. Mais il faut les saluer d'un bravo particulier lorsqu'ils parlent de l'Euregio que la culture liégeoise pourra toucher . Ce bazar dans lequel on peut se demander quelle est l'importance réelle de Liège.? Pour les auteurs wallons (et il y en a à Liège), pour les écrivains français (et il y en a aussi), ce sera la réussite internationale de la non-compréhension et du non-intérêt. Il ne reste qu'une solution pour les courageux et les révoltés par cette décision concoctée en douce par le bourgmestre, celle que j'ai préconisée dès le début, celle de proclamer d'une manière autonome Liège, Capitale alternative de la Culture 2015.
Le quotidien La Meuse titrait en première page de son édition du 17 décembre matin sur le fait que Liège 2015 avait réussi à créer 22.000 cocus et a parfaitement raison.
Mais rassurez-vous Demeyer a fait mieux. C'est tout le Pays de Liège qu'il a trompé au profit de l'empereur montois ! Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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