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Mai 68 par Eva.
Je travaille depuis quelques mois au Centre médical de
consultations à la rue St-Jacques à Paris. Cet endroit est situé près
du quartier latin, à côté de la faculté de la Sorbonne. Ce matin au lever, j’écoute les informations à la radio. Le speaker dit qu’il y a une manifestation importante à la faculté de Nanterre , à l’extérieur de Paris. J’entends qu’on cite le nom de Daniel Conh Bendit, révolutionnaire anarchiste de gauche. La revendication est l’accès aux locaux des résidences universitaires des filles. A l’époque beaucoup d’établissements scolaires ne sont pas mixtes. Nous sommes le 2 mai, à la radio on commente, « la Sorbonne est en feu, le mouvement occident s’apprête à attaquer Nanterre pour rétablit l’ordre » Un meeting est organisé et annoncé par les étudiants en lettre en signe de protestation. Cela sent mauvais me dis-je, c’est justement le chemin que je prends chaque jour pour me rendre au bureau. Je vais à pied, passe par le boulevard St Michel des gens, des étudiants sont dehors. Je reçois des tracts que je lis « le mouvement occident va attaquer Nanterre, unissons-nous, ouvriers, badauds, tous ensembles. Je presse le pas, un autre tract tombe dans mes mains, « hors de Nanterre les ratonneurs » Je sors, je veux prendre le métro pour rentrer, mais
les issues du métro St Michel sont fermées par le service d’ordre. Je
regagne le domicile familial à pied . Vers 10h, je me dirige vers la Sorbonne. Les portes sont ouvertes. Un meeting y est organisé . Le 6 mai, la police s’apprête à rentrer à la Sorbonne,
elle a bloqué les entrées et sorties du bâtiment. Déjà,il y a des
affrontements violents vers 12h. La rue de la Sorbonne est évacuée ,
quelques 400 étudiants sont embarqués dans les paniers à salade de la
police. Le lendemain, 7 mai , je retourne au bureau, il n’y a
pas de métro, je respire les odeurs de gaz lacrymogène ; mes yeux
piquent et pleurent. J’arrive au bureau, mon chef est là. Il est grand aux cheveux blancs. Je trouve qu’il a mauvaise mine. Ses traits sont tirés et son dos voûté. Savez-vous Eva que mes 2 fils de 17 et 18 ans étaient
sur les barricades cette nuit avec les autres manifestants et que je
n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Heureusement , ils ne sont pas
blessés. Mais, j’ai dû aller les chercher au poste de police. Quelques
amis étudiants étaient blessés et ont dû trouver refuge chez des gens
qui leur ont ouvert la porte et les ont soignés. Jusqu’à mi -mai des grèves se succèdent avec des occupations d’usines. J’entends que le général de Gaulle demande un référendum. Après être parti en Allemagne pendant les évènements. La même année, je fis connaissance à Bruxelles de Gaston qui allait devenir mon futur mari. Eva. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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