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Maladies du cerveau : un défi européen pour le 21e siècle ?

lundi 28 novembre 2011, par NJarousski


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Selon une étude publiée en septembre dernier, pas moins de 38 % des Européens souffriraient de diverses maladies mentales. Or, pour relever ce défi sanitaire considérable, les moyens manquent encore. Non seulement, seuls un tiers des malades recevraient, à l’heure actuelle, un traitement approprié, mais les financements manquent cruellement à la recherche. 

 
« Les désordres mentaux sont devenus le plus gros problème de santé pour l’Europe du 21ème siècle », affirment les auteurs d’une étude réalisée récemment par des chercheurs de l’université de Dresde sous l’égide du Collège européen de neuropsychopharmacologie (ECNP). De fait, les données qu’ils ont recueillies dans les 27 pays de l’Union européenne plus la Suisse, l'Islande et la Norvège font l’effet d’un véritable électrochoc.
 
164,8 millions d’Européens affectés de troubles mentaux
 
En effet, chaque année, quelques 38,2 % de la population de l'UE – soit 164,8 millions de personnes – souffrent d'une maladie mentale. Et contrairement à ce que l’on croit trop souvent, les victimes appartiennent à tous les groupes d'âge et affectent les jeunes autant que les personnes âgées, bien qu'il  y ait, évidemment, des différences quant aux diagnostics les plus fréquents. Les maladies les plus fréquentes sont les troubles anxieux (14 %), l'insomnie (7 %), la dépression majeure (6,9 %), les troubles somatoformes (6,3 %), la dépendance à l'alcool et aux drogues (un peu moins de 4%), le trouble de déficit d'attention avec hyperactivité (5% chez les jeunes). Quant à la démence, frappant plus spécifiquement les personnes âgées, elle concerne 1 % des personnes de 60 à 65 ans et quelque 30% de celles âgées de 85 ans et plus.
 
Seul un tiers des malades correctement pris en charge
 
Or, face à ce fléau, les systèmes sanitaires européens se révèlent, hélas, totalement démunis. Selon l’étude, aucune amélioration n'a pu être constatée dans la prise en charge des malades, comparativement à la précédente étude, réalisée en 2005. A l’heure actuelle, seul un tiers des malades bénéficient d’un traitement. Pis :  « Les rares personnes recevant un traitement n'y ont accès qu'après des délais considérables, de plusieurs années en moyenne, et n'ont que rarement accès aux traitements appropriés, conformément à l’état actuel des connaissances médicales en la matière », estiment les auteurs du rapport. De graves lacunes qui débouchent sur un véritable scandale médical et sanitaire puisque, faute d’être correctement soignées, les maladies du cerveau représenteraient 26,6 % des cas de maladie recensés en Europe.
 
Pour une action concertée au niveau européen
 
Pour les auteurs de l’étude, il y a donc urgence à agir. Ils plaident pour « une action concertée » au niveau européen passant notamment par « une augmentation substantielle du financement dans les domaines de la recherche fondamentale et clinique comme dans celui de la santé publique afin d'identifier de meilleures stratégies pour l'amélioration de la prévention et du traitement des maladies du cerveau ». De la sorte, ils rejoignent les préoccupations de la communauté médicale tant publique que privée. Dans un récent éditorial, publié sur internet, une équipe de chercheurs formait ainsi le vœu que la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 11 octobre dernier, soit l’occasion « d’alerter les pouvoirs publics et le grand public de la forte diminution des activités de recherche de l’industrie pharmaceutique ainsi que du faible niveau de financement public européen dans le domaine des troubles mentaux et des maladies du système nerveux central ».
 
Un chantier prioritaire pour l’Europe du 21e siècle
 
Et si l’Union européenne faisait de la lutte contre les maladies mentales, sa nouvelle ambition pour le 21e siècle ? On rétorquera peut-être qu’en pleine crise financière et budgétaire, les financements manquent pour afficher une telle ambition. Outre qu’il fait peu de cas de la souffrance des malades et de leurs familles, cet argument ne tient pas. D’abord parce que les maladies mentales coûtent très cher à l’Europe. En raison de l’absence de dépistage et de traitement précoces des maladies, ces dernières représentent en effet un véritable désastre économique se chiffrant en centaines de milliards d’euros, parce que les malades ne peuvent plus aller travailler et que leur prise en charge par les systèmes sociaux est d’autant plus longue… Investir dans la lutte contre les maladies mentales représentent donc un investissement davantage qu’une dépense. Ensuite, parce que le traitement des maladies représente un enjeu sanitaire mondial pjouvant donner lieu à de très importants débouchés pour les entreprises européennes si toutefois elles parvenaient à devenir leaders sur ce marché porteur.


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