Voir en ligne : http://argoul.com/2011/06/06/melenc...
Il suffit d’écouter Jean-Luc Mélenchon, comme dans l’émission Répliques du 7 mai sur France Culture pour se dire que la régression de crise touche aussi la politique. Il était confronté au catho-provincial Tillinac sous la férule du maître d’école Finkielkraut. Homme neuf et idées nouvelles Mélenchon ? Hélas non : il recycle l’itinéraire et le tempérament début de siècle (dernier) de Charles Péguy et de Jacques Doriot. Le premier a fini catho, le second facho. On craint de voir finir Mélenchon. Il recycle déjà le vieux communisme…
 Charles Péguy n’est plus guère connu, tant ses litanies lassent l’œil et l’esprit. Mais le bonhomme était de son temps, celui de la IIIe République – méritocratie populaire et hussards noirs (expression qui est de lui dans ‘L’Argent’ en 1913). Né en 1873 d’un menuisier et d’une rempailleuse de chaises, il est mort lieutenant en septembre 1914. Il a inspiré le gaullisme de gauche. Jacques Doriot, né d’un forgeron et d’une couturière, aurait été lui aussi précurseur du général de Gaulle s’il n’y avait eu la guerre et la collaboration. Jean-Luc Mélenchon leur ressemble ; il ressource les mêmes origines et les mêmes idées issues du même terreau dixneuviémiste. Né d’un receveur des postes et d’une institutrice, il est lui aussi le produit de la méritocratie républicaine.
- Comme Péguy, mal à l’aise à Normale Sup, Mélenchon se contente d’un CAPES de lettres modernes après une licence de philo et, comme Doriot, fait plusieurs boulots d’ouvrier.
- Comme Péguy devenu anticlérical sur le tard, Mélenchon a une imprégnation catholique qu’il recycle dans le socialisme, idéal rêvé d’amour et d’égalité entre les hommes. Il rejoint Péguy et Doriot dans l’adhésion à la IIIe Internationale.
- Comme Péguy et Doriot, Mélenchon méprise l’argent, la quête effrénée des richesses matérielles, la non reconnaissance des humbles vertus du travailleur, artisan et paysan.
- Comme Péguy, Mélenchon est un patriote tendance Valmy 1792, et coupeur de têtes canal 93, jacobin et robespierriste au service du Peuple tout entier (entité mythique) et non pas au service de quelques-uns.
- Comme Doriot, fondateur du parti Populaire Français, Mélenchon fonde le PDG, parti d’extrême gauche rival du parti communiste.

Ces trois là se veulent des héritiers. La France est femme et ils veulent lui faire des enfants rouges. Pour Péguy le socialiste et pour Doriot, adepte de la révolution nationale d’Action française, elle prend la figure de Jeanne d’Arc contre les mots d’ordre venus d’ailleurs, Londres ou Moscou. Pour Mélenchon, celle de Marianne, belle et fragile, en butte aux vieux lions anglo-saxons ou aux aigles prussien ou russe. Mélenchon comme Doriot milite pour la république populaire, nationale et sociale, incarnée par la patrie des citoyens en armes. La religion Mélenchon est le socialisme utopique, obédience trotskiste lambertiste plus que léniniste. Il est orienté défense syndicale des travailleurs plus que professionnel de parti. Mélenchon, comme Doriot, prône cependant un parti de rassemblement national et populaire contre le parti socialiste dominant.

Antilibéral parce que le libéralisme est d’âme aristocratique, il se veut populiste, fils du peuple et fier de l’être, à la fois contre le modèle soviétique géré par un parti unique de professionnels détenteurs de la vérité, et contre la social-démocratie du reste de l’Europe qui « se contente » d’accompagner les réformes d’adaptation à la mondialisation. Bien que tribun généreux, Mélenchon se cache derrière un peuple mythique à la Michelet pour refuser le mouvement du monde. D’où le parallèle avec Péguy : son socialisme de progrès sent furieusement la résistance à la modernité, réactionnaire à cette globalisation qui ne fait plus de l’Europe (et encore moins de la France, même révolutionnaire) le phare du monde. Mais qui est un fait à prendre en compte plutôt qu’à nier.
Ce pourquoi il fonde le PDG, parti de Gauche pour une « autre » Europe démocratique et sociale, contre les traités européens actuels mais pour un bonapartisme européen que les autres pays ne veulent pas.
- Première contradiction : comment exister désormais dans le monde sans l’Europe ?Anticapitaliste, il est fatalement pour la « décroissance » chère à une fraction des écolos.
- Deuxième contradiction : on ne peut produire efficacement sans capitalisme, cette technique inventée à la Renaissance justement pour rationaliser l’usage du capital, du travail et des matières premières. Si l’on produit moins efficacement, au nom de la désaliénation marxiste qui redonne à l’homme sa maîtrise complète des processus de production, il faut désindustrialiser pour redorer l’artisanat où chacun est maître de lui et de ses processus. Donc partager la pénurie (aller aux 30h hebdomadaires pour partager le travail en moins, engager toujours plus de fonctionnaires, produire moins pour polluer moins, ne plus acheter de fraises en hiver ni de concombres espagnols, accepter de gagner moins et de participer plus…)
- Or l’écologie, qui est le souci de la planète et de la survie soutenable des hommes, ne conduit pas inévitablement à la décroissance : troisième contradiction.
Ne faudrait-il pas plutôt calculer la croissance autrement ? Pas la focaliser sur le toujours plus, mais intégrer des facteurs humains ? Une production plus efficace – produire le mieux avec le moins – est souvent le cas de travailleurs bien dans leur peau, dans leur entreprise et dans leur collectivité, plus que les processus fordistes de la rationalité maximum. Ils ont fait largement leur temps. Ce fut, dans les années 1980, Toyota contre Ford. Il faut améliorer et approfondir le processus. Mais pourquoi l’abandonner au nom d’idéologies fusionnelles d’essence régressive et religieuse ?
Car Mélenchon a écrit volontiers dans l’hebdomadaire chrétien d’information ‘La Voix Jurassienne’. S’il est anticlérical, il n’en est pas moins croyant, remplaçant le Dieu au-delà par une Humanité vague ici-bas. « Lui-même semblait un maître d’école extraordinaire, un grand pédagogue, un prédicant de l’ancienne France. Sa cervelle madrée, obstinée, baroque, avait reçu de naissance le génie de deux maîtres de la rue du Fouarre, des moines populaires et des gazetiers révolutionnaires… Il a, dans une brève carrière d’homme de lettres, trouvé moyen d’épanouir des forces de paysan qui agrandit ses champs, du boutiquier qui compte et recompte ses sous, du typo qui fait de la belle ouvrage, du curé qui prêche aux ouailles et d’officier de ligne entraînant ses hommes au devoir. » Cette citation ne lui va-t-elle pas comme un gant ? Sauf que ce portrait taillé sur mesure pour Mélenchon… a été écrit par Maurice Barrès pour Péguy il y a bien un siècle.
Charles Péguy, socialiste chrétien, abandonnera le pacifisme et parlera de « faire fusiller Jaurès » comme traître à la patrie en 1914. Jacques Doriot, fils du peuple, dérivera vers le fascisme et terminera mitraillé à Sigmaringen par un avion allemand. Les références mélenchonistes sont aujourd’hui tout aussi belliqueuses : Evo Morales et surtout Hugo Chavez. Ce dernier est l’auteur d’un référendum sur l’opportunité de former une nouvelle assemblée constituante et pour l’inscription du socialisme dans la constitution du Venezuela.
On se dit alors que « l’intérêt général » est le paravent idéologique facile pour masquer une ambition à la Fidel Castro : prendre le pouvoir au nom du peuple… puis le garder parce que le peuple est sans cesse tenté de revenir aux pratiques capitalistes. Cachez ce sein que je ne saurais voir ! Le peuple est ignorant, dit Lénine, attardé : il vote contre les Bolcheviks ? Abolissez le peuple – pour son bien. Il y a de ça chez Mélenchon. Sa position sur le Tibet, qui reprend les thèses maoïstes pour« libérer » de l’aliénation cléricale, sont édifiantes à cet égard. Mélenchon mélange tout. C’est le danger des tribuns : séduisants utopistes avant de prendre le pouvoir, vieillards atrabilaires et paranoïaques une fois pris, incapables de le lâcher.
Émission d’Alain Finkielkraut Répliques sur France Culture, samedi 7 mai 2011, Mélenchon-Tillinac sur le thème de la laïcité et identité française
Jean-Luc Mélenchon, Qu’ils s’en aillent tous, octobre 2010, Flammarion, 142 pages, €9.50
Intéressante analyse du livre par Arion chez Actu
Les derniers commentaires
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
BorisT
(IP:xxx.x4.10.237) -
6 juin 2011 15:16
Cet article est pétri de contradictions.
Ou contradictions avec la réalité, suite à un manque d’informations ou d’intérêt du journaliste.
Ou contradictions intrinsèques à l’article.
Je citerai comme exemple ce passage :
"Ce pourquoi il fonde le PDG, parti de Gauche pour une « autre » Europe démocratique et sociale, contre les traités européens actuels mais pour un bonapartisme européen que les autres pays ne veulent pas.
Première contradiction : comment exister désormais dans le monde sans l’Europe ?Anticapitaliste, il est fatalement pour la « décroissance » chère à une fraction des écolos."
D’une part, l’auteur ne semble pas connaître la nature exacte du Parti de Gauche, qui n’est pas "extrême", tel qu’il le définit un peu plus haut. Sa devise est "Écologie - Socialisme - République". L’engagement du PG est essentiellement de nature écologique, ce que l’auteur semble totalement ignorer - à mon avis parce qu’il n’avait pas envie de s’informer. C’est tellement plus simple d’écrire sur des a priori. Bref, il est normal que le PG soit pour une forme de décroissance, ou en tout cas de planification écologique, puisque cela participe de ses convictions. C’est mieux que de réduire cela à "une fraction d’écolos" (Admirez le terme hautement mélioratif), non ?
D’autre part, cette citation permet de soulever une contradiction intrinsèque : La première phrase montre que le PG est pour la construction d’une "autre Europe", et la seconde explique que cette idée est ridicule parce que l’on ne peut pas exister sans l’Europe. Admirez la pertinence du propos. Je pense que tout le monde sera d’accord pour dire cela, que l’on ne peut pas exister sans l’Europe, mais à l’inverse, l’Europe est difficile à faire également sans nous. Nous avons des rapports de force à faire jouer.
Car comment voulons-nous vivre ? Heureux. La recherche du bonheur est le but de tout être humain. Et cette Europe actuelle, enfermée dans son dogme de concurrence extrême, ne développe aucunement le bonheur humain. C’est un mythe que de penser que parce qu’un pays est "compétitif", les individus le composant sont plus heureux. La relation est absolument indémontrable. Car ce n’est pas le même indice qui calcule. Le niveau de vie ne dépend pas nécessairement du PIB.
Certes, un pays avec un PIB élevé contient des gens heureux. Souvent les riches d’ailleurs. Puis les plus riches. Et enfin seulement les riches. Le reste trime. Cette vision de la société est souvent oubliée. Ou occultée.
Quoi qu’il en soit, elle ne nous convient pas. Et c’est pour cela que nous souhaitons changer l’Europe, avec d’autres critères. Et penser que les autres pays ne veulent pas de ce changement, c’est se fourvoyer lourdement. Car la colère gronde : en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande, petit à petit se construit l’idée qu’une autre Europe est possible. Même en Allemagne, Die Linke, le parti qui porte cette idée, s’illustre dans des résultats en augmentation constante. Et ce changement, nous y parviendrons ensemble.
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
-9
non
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
Jaures
(IP:xxx.x8.224.74) -
6 juin 2011 16:18
Un article lu et bien lu et franchement à côté de la plaque. L’auteur de cet article parle surtout de lui-même et confond ses propres préjugés avec la personnalité du Parti de Gauche. A priori, confusion, amalgames, contre-vérité et mauvaise foi caractérisent la plupart des commentaires ici publiés.
Soucieux d’équilibrer cependant son propos, l’auteur se perd dans les imageries d’épinal... de droite. On sourit tant il rate le coche. Visiblement l’auteur de droite ne connait pas ce qui habite une conscience de gauche et il serait temps qu’il se mette à la page de la réalité mondiale telle qu’elle est et non pas telle que lui la fantasme. A l’entendre, Paul Jorion, Jacques Sapir, Frederic Lordon ne sont pas nos contemporains. Sans comptez d’autres économistes américains qui dénoncent la mondialisation dérégulés des échanges où le règne du plus fort est à la manoeuvre. Les guerres impériales nous montrent chaque jour la réalité d’une vérité biaisée. Aux USA, la richesse produite par tout le peuple américain est artificiellement accaparée et capturée par un 1% des plus riches des riches et par les 10% des riches. Quel est ce système parfaitement huilée par les " néocons " depuis les années 80 qui pille les peuples à l’extérieur et paupérise le sien à l’intérieur ? A l’heure de Fukushima,entreprise privée qui s’est goinfrée au détriment des citoyens et des normes de sécurité élémentaires, il va falloir réviser sa leçon M."Argoul".
Hou ! Hou ! le système néolibéral est mort et il va falloir vous réveiller .......Les peuples, toutes les personnes qui les composent, ne vont pas se faire tondre indéfiniment en regardant éternellement la bande du Fouquet’s se saouler pénard pendant que les autres bossent pour peanut’s en faisant tourner le pays......
Rendez-vous compte de l’âge contemporain : au vu de la situation catastrophique du pays et de l’actualité européenne en cours, même Monsieur Dupont-Aignan a dit qu’il comprenait de plus en plus que l’on soit ...révolutionnaire. Oui, oui, il l’a dit ! C’est lui qui le dit comme ça, avec ces mots là . Il précise que cependant, lui-même est " gaulliste " et qu’il ne franchira pas le pas. C’est vous dire comme l’heure est plus grave que vous ne croyez.
Quelle tête ferez-vous avec votre petite casserole quand les banques vous auront piqué toutes vos petites économies ou vos grandes " Argoul " quand vous ferez du bruit en tapant dessus ? On vous verra plus furieux que les partisans du Front de Gauche, pour sûr ! Il faudra alors à ce moment là, calmer vos ardeurs, car au Parti de Gauche et ailleurs, on aura travaillé bien en amont pour que des pleureuses comme vous ne fassiez pas n’importe quoi lorsque la crise béante ira encore en s’aggravant. Si la situation lamentable dans laquelle nous sommes plongés depuis quatre ans avec M.Sarkozy et son gouvernement rapace et incompétent ne vous suffisait pas, il est clair que demain s’opère aujourd’hui. Renseignez-vous !
Au final, beaucoup de mensonges et un titre franchement dégueulasse. Jean-Luc Mélenchon, le Parti de Gauche et le Front de Gauche ont plus à voir aujourd’hui avec le CNR et le général De Gaulle qu’avec les deux noms cités dans votre article, l’un particulièrement de triste mémoire. Vous auriez été mieux inspiré en parlant de Jean Jaures et de Jean Moulin dans votre tribune, cela nous aurait changé de la campagne en cours qui salit toujours plutôt que d’informer.
Vous êtes hélas dans la triste norme, pauvre "Argoul " ( !)
A l’heure où le système financier international craque de toute part, que les banques ont été renflouées par les contribuables européens et américains, que les peuples européens sont jetés par l’oligarchie cynique dans les poubelles de la misère et de la désespérance sans fin, il est temps de relever la tête, de reprendre la réflexion et le combat politique.
Vive le parti de gauche ! Vive le Front de Gauche !
Haut les cœurs !
Jean Jaures, le Front populaire, les républicains Espagnols et Jean Moulin et tous les "indignados" d’Espagne et du monde ! Voilà ce que vous auriez du soulevez comme lièvres plutôt que d’écrire un mauvais article qui a plus le parfum de votre propre pensée que celui de la vérité et du chemin emprunté par Jean-Luc Mélenchon et tous ses partisans !
Article à refaire. De A à Z -
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
-13
non
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
remi paysan
(IP:xxx.x7.202.13) -
6 juin 2011 20:13
cet article... pfou !
quel effort l’auteur a du faire pour aller au bout des arguments les plus contradictoires ! au bout des paradoxes les plus ridicules, des déformations les plus visibles !
Franchement, cet article me fait plus rire qu’autre chose !!!
on dirait une vulgaire propagande, tellement l’article est à charge... N’en jetez plus !! Peut être avez vous oublié que Mélenchon est aussi pédophile, luddite, stalino-léninophile, égorgeur d’enfant, franc maçon tendance comploteur... Vous devriez faire un autre article là dessus !!
En fait j’ai simplement l’impression que l’auteur a peur du Front de Gauche... Et ça me réjouit plutot à vrai dire !
Nous finirons comme au Pérou, Gauche socialiste contre droite fasciste, et comme au Pérou, la gauche l’emportera !
Courage camarades, vive la VI ème République !
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
-17
non
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
Pierre
(IP:xxx.x56.28.220) -
7 juin 2011 01:58
Mais bien sûr... Derrière un beau verni de culture politique, un beau ramassis d’âneries, avec beaucoup d’inexactitudes révélatrices (par exemple l’adhésion à la "3ème internationale" d’un trotskiste, ou le rassemblement "national" soit disant prôné par le PG). Ce texte sent l’extrême droite à plein nez !
Aucune similitude entre la philosophie politique de Mélenchon et celle d’un Doriot ! Vraiment ridicule. Je me souviens d’ailleurs que Mélenchon a écrit une note sur son blog sur un débat entre Blum et Doriot avant 1920. On doit pouvoir la trouver pour se faire une opinion par soit même sur ce parallèle insultant entre les deux hommes. Vous voulez un Doriot actuel, prenez donc Manuel Valls !
Pour trouver une figure politique de la gauche française qui pourrait correspondre à Mélenchon, c’est bien sûr Jean Jaurès. Jaurès qui quitte son parti, les radicaux, pour former un nouveau parti, la SFIO et rassembler les socialistes français divisés en 5 partis socialistes.
Les socialistes de l’époque, correspondent bien sûr à "l’autre gauche" actuelle, qui ne sera pas à la hauteur de la situation historique sans rassemblement.
A l’époque la faillite de la sociale démocratie a eu quelques conséquences néfastes, et demain ?
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
-21
non
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
argoul
(IP:xxx.x2.148.234) -
7 juin 2011 11:08
Touchez à la croyance et vous avez aussitôt des injures. "Extrême-droite, préjugés, ridicule, propagande, âneries..." Ah, il est beau le débat "démocratique" sous la plume des mélenchonistes ! Belle leçon de démocratie que cette démesure qui préfère les injures gratuites et la légèreté des arguments par ignorance historique. Si c’est ça l’exemple donnée par le militant de base Mélenchon, le fascisme à la Castro-Chavez a de beaux jours à venir.
1- Mélenchon serait Jaurès ? En ce cas il devrait être derrière Martine Aubry pour rassembler les socialistes modérés dans une nouvelle SFIO - au lieu de faire comme Doriot en 1936, un nouveau parti national populiste, à l’époque opposé au Front populaire. Mélenchon va diviser la gauche au 1er tour 2012, intéressante tactique pour faire gagner la droite.
2- Paul Jorion : vous ne croyez pas qu’il est économiste, si ? Lui l’anthropologue, arrivé à la banque par les systèmes informatiques, est un observateur de talent du peuple des banques, pas un ingénieur du réglage économique. On peut gloser sur le danger des voitures rapides et ne pas être mécanicien. Frédéric Lordon est un macroéconomiste en faveur de la souveraineté nationale : pourquoi pas, si elle est européenne et négociée démocratiquement avec les autres Européens. Si elle est seulement franco-française, hum ! Quant aux "autres économistes américains", peut-être faites-vous allusion à Jospeh Stiglitz, ex-économiste chef du FMI ? Mais lui est pour le capitalisme. Il veut simplement le réguler pour éviter ses excès et ce qu’il dit est fort intelligent. Il faut simplement aller au-delà du titre français menteur "Le capitalisme perd la tête", pour le titre anglais publié par l’auteur "The Roaring ninetees" pour comprendre que rugir n’est pas folie...
3- Où est la contradiction à dire que Mélenchon est contre l’Europe parce qu’il veut une "autre" Europe tellement autre qu’il est tout seul à la vouloir ? Quand on veut quelque chose que personne ne veut, c’est comme si on ne le voulait pas, puisque ça ne risque pas d’arriver. En revanche, négocier avec les autres Européens pour aménager la maison commune est une autre paire de manches. Il est plus simple en effet de dire yaka changer le monde que de commencer à persuader les autres du bien fondé de ce qu’on croit.
4- La IVe Internationale (trotskyste) n’existait pas du temps de Péguy et Doriot, cher contradicteur cherchant la petite bête... Mélenchon adhère à une Internationale comme Péguy et Doriot, c’est là le parallèle pertinent.
5- L’écologie, c’est belle et bonne, j’y adhère, mais pas n’importe comment. Il y a des forces régressives chez les écolos : la décroissance, le repli sur soi, la terre ne ment pas... Ce n’est pas le principal chez Mélenchon, ce qui compte pour lui est l’organisation des pouvoirs publics autour de l’Etat français, instrument de transformation sociale. Et l’écologie a besoin de consommer moins de ressources et d’énergie pour fournir un niveau de vie décent aux gens : elle exige donc la technique d’efficacité maximale... que seul le capitalisme a permise dans l’histoire (relisez Marx, vous verrez...)
6- J’ai suivi avec intérêt le mouvement de los indignados, sur mon blog. Même si JournalPourVous n’a pas repris l’article, ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Vous devriez vous renseigner avant d’accuser gratuitement les gens qui ne sont pas d’accord avec vous d’être des (néos ?) cons. Et ça veut dire quoi cette citation entre pincettes avec exclamation : "Argoul " ( !) - une inclination un tantinet raciste ?
8- Tous ces démocrates contradicteurs des commentaires à sens unique, respectueux de l’autre et du débat, que disent-ils sur les positions de leur chef charismatique Mélenchon sur la langue bretonne ? sur le Tibet enchinoisé ? Je serais breton ou corse, ou auvergnat, je craindrais un tel mélenchonisme qui ne veut voir qu’une tête jacobine et surtout pas de diversité... Mais sur ce sujet (qui est aussi dans l’article) silence prudent : pas politiquement correct sans doute ?
7- La conjonction d’une humiliation nationale, d’une crise sociale et d’un dégoût général pour la politique pourrait favoriser le retour du populisme autoritaire de type fasciste. Péguy et Doriot étaient de gauche à leur époque, et Doriot très populaire, élu député de Saint-Denis alors qu’emprisonné. Il a créé le Parti Populaire Français en 1936 contre le Front populaire de Léon Blum, sur le modèle mussolinien d’État national fort (sans racisme). Cela pouvait avoir du sens à l’époque, il ne faut pas juger de l’histoire avec l’œil d’aujourd’hui. Le national populisme entendait s’opposer à l’oligarchie parlementaire, interdire la corruption, restaurer les valeurs d’honnêteté et de commandement, revenir au corps et à la nature (Drieu appelait Doriot le fascisme de camping"). C’est ce que propose Mélenchon : n’est-ce pas plus proche de Doriot que de Jaurès, ça ?
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
24
non
-
Mélenchon entre Péguy et Doriot
par
Paul
(IP:xxx.x0.136.243) -
8 juin 2011 00:03
En lisant le titre je me suis dis.. allez peut être une personne qui n’est pas convaincue par les arguments de Mélenchon (ou plutôt de son parti, et du Front de Gauche). On a le droit d’être pas d’accord, mais quelle idée, quelle analyse a l’auteur ! C’est ça qui m’interesse !
Malheureusement, envelopper de quelques faits, l’auteur de cet article espère convaincre avec un discours finalement faussé, par un manque d’information.
Je vais rester très optimiste est dire ceci : "Renseignez-vous davantage, votre article ne résume en rien les positions de Jean-Luc Mélenchon, et ne définit pas ce qu’est son parti."
J’ai presque envie de dire, "quand vous aurez compris les arguments du Front de Gauche, que vous aurez accepté son analyse (même pas contredite par des économistes comme Attali ou Todd (voir Arrêt sur Image avec les face à face Mélenchon/Todd ou Mélenchon/Attali) des évènements (écologiques, humains, sociaux, politique, économique) et les solutions qu’elles apportent, ... alors vous voterez Front de Gauche ! :D
Plus sérieusement, lisez attentivement le blog de Jean-Luc Mélenchon, il est très intéressant. Et si ses idées ne vous plaisent pas, cela vous offre tout de même un regard supplémentaire pour analyser notre société.
Bien à vous !
Mélenchon présidons !
Répondre à ce message
Signaler un abus
commentaire constructif ?
oui
-23
non
Laisser un commentaire
|
?
Derniers articles de
Argoul :
Hommes et bêtes à Tahiti
Les atouts délaissés de Clipperton
Sortez les sortants !
D'autres articles:
Arnaud Montebourg, la germanophobie et le populisme de gauche (Jean Quatremer)
André Antoine et Benoît Thans : le populisme de l’un et le « popularisme » de l’autre (Eric Bruckmann)
Édouard Balladur ou l’équilibre (Argoul)
MR : le Michel Raccoleur ? (Eric Bruckmann)
La fin de l’empire occidental (Didier Lagasse de Locht)
A gauche ? A droite ? Rien ! (Thomas van der Straten)
Communisme, Cuba, IDH & développement durable (Ploutopia)
|