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Moha, le maudit

mardi 1er juin 2010, par LECOMTE

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   C’est la légende d’un certain

Moha, servile et grand malin

Pour qui il n’y a pas de vie

Sans trafic et sans tricherie.

Depuis le matin au réveil

Et jusqu’au coucher du soleil

Il s’efforce dans sa cervelle

De trouver toujours de nouvelles

Astuces pour voler, tromper

Escroquer et souvent saper.

C’est une activité normale

Voire une maladie virale

Chez maudit Moha, un plaisir

De chercher à vous faire souffrir

Et tout ruiner sur son passage.

Quand il vous en veut c’est la rage…

Dans le mal il est sans pareil

Disons même un professionnel.

En famille comme en affaires

Il ne connaît ni sœurs ni frères

Gagner et lui seul, c’est sa fin

Mais gagner c’est le tout ou rien.

 

Et comme toujours dans la vie,

 Fourbe n’a jamais de survie

Il s’affole et perd la raison

Ou finit ses jours en prison.

Notre Moha, un chien sans laisse

Fait bien partie de cette espèce

Qui s’adonne au dol et aux faux,

Passant son temps aux tribunaux

Mais Dieu qui voit et suit nos actes

Mit fin d’un coup à ce pacte

Unissant Moha à Satan.

C’est bien assez…Et il est temps

Maudit Moha connaît la ruine

Le discrédit et la famine.

C’est d’ailleurs ce genre de lot

Qui attend toujours un escroc.

Finies donc les filouteries,

Il essaie d’autres roueries

Et pratique plusieurs métiers,

Transport et vente de beignets.

Et, avec les années  qui passent,

Moha connaît enfin l’impasse.

Il vend tout ce qu’il possédait

Et n’a plus… plus rien à céder.

La malédiction de son père

Ainsi que celle de sa mère

Ont atteint et terni ses jours

Le condamnant et pour toujours

A végéter dans la misère.

La tête inclinée jusqu’à terre

Confus et complètement hagard

Finit par avoir le cafard.

Il pleure, regrette ses fautes

Et ses intrigues et ses sautes

Mais ça n’a, à rien, pu servir,

Il faut donc maintenant partir…

 

Partir loin et quitter la ville

Fuir la honte et la vie servile.

Il déménage à la forêt

De Bodra, sans bail et sans frais.

La nuit, le poids de la fatigue

A bien raison de sa panique.

Il s’affaisse abattu et dort

Mais, effrayé par des cris sourds,

Se réveille au concert lugubre

Présenté la nuit à l’air libre

Par le grand peuple des crapauds.

Moha surpris, ne fait qu’un saut

Pour se trouver en plein spectacle.

Troublé mais sans peur ni débâcle.

 

Les crapauds se dressent bien là

Dévisageant de haut en bas

L’inconnu, resté un peu drôle

Paralysé et sans parole.

L’instant de surprise passé

La discussion va commencer.

-« que fais-tu en ce territoire ?

Dit un crapaud à la peau noire.

Ta place n’est pas dans ce bois.

Ici nous n’avons rien pour toi

Ni repas chauds ni eau potable

Va donc vivre avec tes semblables

Dans les villas et les palais

Avec cuisiniers et valets.

Dans ce bled que la pluie inonde,

La terre est vaseuse et immonde.

En été nous avons très chaud

Le soleil brûle notre peau

Et accentue notre calvaire.

Mais, heureux dans notre misère

Nous vivotons avec fierté

Et aimons notre liberté. »

 

-« Je te comprends mon crapaud frère

Dit Moha. Tu es très sincère

Avec moi…Mais je suis fini

Abandonné et démuni.

Je suis condamné par mes frères

Refoulé de toutes leurs terres,

Je ne vaux pas plus cher qu’un crapaud.

Comme vous j’aime le terreau

Et je veux changer de nature,

Cela me convient et me plaît »

-« Laisse-nous humain vivre en paix

Répond le batracien. Nous sommes

Sans défense et craignons les hommes

Nous vivons seuls, sans arsenal

Sans juges et sans tribunal.

Si là-bas tu n’as plus de place

L’homme te hait et te chasse

Va, éloigne-toi de nos bois

Nous n’avons nul besoin de toi »

 

Sur ce, le batracien apôtre

Repart pour rejoindre les autres

Qui par leur long coassement

Donnent  un avertissement.

Moha comprend avec tristesse

Que même les crapauds le laissent.

Comme un lépreux, seul, à l’écart

Il saisit, mais avec retard,

Qu’il n’a  plus…plus que le suicide….

Alors d’un pas sûr, l’air lucide,

A sa vie de chien il met fin

En se jetant dans un ravin.

 

                          Mohamed  BOUHOUCH

 

 

                       

 

 

 

 

 

 



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