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C’est la légende d’un certain Moha, servile et grand malin Pour qui il n’y a pas de vie Sans trafic et sans tricherie. Depuis le matin au réveil Et jusqu’au coucher du soleil Il s’efforce dans sa cervelle De trouver toujours de nouvelles Astuces pour voler, tromper Escroquer et souvent saper. C’est une activité normale Voire une maladie virale Chez maudit Moha, un plaisir De chercher à vous faire souffrir Et tout ruiner sur son passage. Quand il vous en veut c’est la rage… Dans le mal il est sans pareil Disons même un professionnel. En famille comme en affaires Il ne connaît ni sœurs ni frères Gagner et lui seul, c’est sa fin Mais gagner c’est le tout ou rien. Et comme toujours dans la vie, Fourbe n’a jamais de survie Il s’affole et perd la raison Ou finit ses jours en prison. Notre Moha, un chien sans laisse Fait bien partie de cette espèce Qui s’adonne au dol et aux faux, Passant son temps aux tribunaux Mais Dieu qui voit et suit nos actes Mit fin d’un coup à ce pacte Unissant Moha à Satan. C’est bien assez…Et il est temps Maudit Moha connaît la ruine Le discrédit et la famine. C’est d’ailleurs ce genre de lot Qui attend toujours un escroc. Finies donc les filouteries, Il essaie d’autres roueries Et pratique plusieurs métiers, Transport et vente de beignets. Et, avec les années qui passent, Moha connaît enfin l’impasse. Il vend tout ce qu’il possédait Et n’a plus… plus rien à céder. La malédiction de son père Ainsi que celle de sa mère Ont atteint et terni ses jours Le condamnant et pour toujours A végéter dans la misère. La tête inclinée jusqu’à terre Confus et complètement hagard Finit par avoir le cafard. Il pleure, regrette ses fautes Et ses intrigues et ses sautes Mais ça n’a, à rien, pu servir, Il faut donc maintenant partir… Partir loin et quitter la ville Fuir la honte et la vie servile. Il déménage à la forêt De Bodra, sans bail et sans frais. La nuit, le poids de la fatigue A bien raison de sa panique. Il s’affaisse abattu et dort Mais, effrayé par des cris sourds, Se réveille au concert lugubre Présenté la nuit à l’air libre Par le grand peuple des crapauds. Moha surpris, ne fait qu’un saut Pour se trouver en plein spectacle. Troublé mais sans peur ni débâcle. Les crapauds se dressent bien là Dévisageant de haut en bas L’inconnu, resté un peu drôle Paralysé et sans parole. L’instant de surprise passé La discussion va commencer. -« que fais-tu en ce territoire ? Dit un crapaud à la peau noire. Ta place n’est pas dans ce bois. Ici nous n’avons rien pour toi Ni repas chauds ni eau potable Va donc vivre avec tes semblables Dans les villas et les palais Avec cuisiniers et valets. Dans ce bled que la pluie inonde, La terre est vaseuse et immonde. En été nous avons très chaud Le soleil brûle notre peau Et accentue notre calvaire. Mais, heureux dans notre misère Nous vivotons avec fierté Et aimons notre liberté. » -« Je te comprends mon crapaud frère Dit Moha. Tu es très sincère Avec moi…Mais je suis fini Abandonné et démuni. Je suis condamné par mes frères Refoulé de toutes leurs terres, Je ne vaux pas plus cher qu’un crapaud. Comme vous j’aime le terreau Et je veux changer de nature, Cela me convient et me plaît » -« Laisse-nous humain vivre en paix Répond le batracien. Nous sommes Sans défense et craignons les hommes Nous vivons seuls, sans arsenal Sans juges et sans tribunal. Si là-bas tu n’as plus de place L’homme te hait et te chasse Va, éloigne-toi de nos bois Nous n’avons nul besoin de toi » Sur ce, le batracien apôtre Repart pour rejoindre les autres Qui par leur long coassement Donnent un avertissement. Moha comprend avec tristesse Que même les crapauds le laissent. Comme un lépreux, seul, à l’écart Il saisit, mais avec retard, Qu’il n’a plus…plus que le suicide…. Alors d’un pas sûr, l’air lucide, A sa vie de chien il met fin En se jetant dans un ravin. Mohamed BOUHOUCH Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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