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Fichtre, New York n’est pas si loin qu’on pourrait le croire. A peine avez-vous le temps de répondre à d’inhabituelles questions sur la manière dont vous avez fait vos bagages, du genre "votre sèche-cheveux a-t-il été réparé dernièrement ?", qu’American Airlines vous emporte à grandes embardées de jus de tomate jusqu’à JFK. Sauf qu’il n’y a pas de sel de céleri pour le jus de tomate, que le beurre est un substitut au soja (0% trans fat) et que le pack de bienvenue contient des Pringles, des raisins enrobés de yaourt, des chocolats et rien en dessous de 560kcal aux 100g, ce qui fait beaucoup. INTRODUCTION Vous l’aurez compris, dans ce message, je vais encore me complaire dans la critique gratuite d’une société que nous encourageons en acceptant de payer des sièges miniatures et des hôtesses de 3m de haut, 1m de large, 600g de fond de teint. Tout de même, le sel de céleri. Browsez le message à la recherche des images ou des titres qui vous interpellent, je risque encore d’être long. En vérité il est 4h du matin et le jet-lag n’arrangeant pas les choses, je ne suis absolument pas fatigué. POOR LONESOME PLANET
Mais commençons par le commencement, voulez-vous. Au début, il n’y avait rien. En cas de voyage à New York, procurez-vous un guide Lonely planet, ils ont franchement la plus belle couverture. Ils sont aussi très bien renseignés ceci dit, très au courant des véritables tendances et pleins de bon sens. Ils ne vous amènent pas à manger avec des clochards parce que ce n’est pas cher, ils ne vous envoient pas non plus au Hilton VIP (parce que c’est tellement plus beau, voyez-vous). Bienheureux ceux qui auront reconnu Le Routard et les guides Wallpaper. Mais le Routard est très bien aussi, et le Wallpaper donc, voyez-vous. Prenez un Lonely planet et lisez les sites des blogueurs francophones New Yorkais, comme par exemple : - DelicatesseNY Ces trois-là m’ont donné une liste d’adresses que j’avais constamment sur moi avec ma propre liste d’adresses de bâtiments précisant l’architecte, la date. Je regrette au passage la fermeture de la sublime Fluff Bakery sur la 9th avenue, j’ai eu envie de déposer en pleurant une bougie au pied de son remplaçant, un énième bar style pub irlandais qui vend de la bud light. Ensuite, une fois là-bas, je me suis acheté le Zagat "Gourmet Shopping and Entertainment Guide 2008", ce qui était parfait pour tout blogueur culinaire qui se respecte (et qui de toute évidence ne respectera pas un régime à 1500kcal). OVERSIZED CULTURE, LESS STARBUCKS IS MORE. Vous voyez le gentil building (derrière le mobile de Calder) sur la photo ci-dessus, il s’agit du fameux Seagram building conçu vers 1954 par l’ami Mies Van Der Rohe, un allemand exilé au moment des sombres années du Nazisme, qui prétendait que "Less is more". Il ne devait alors pas bien connaître les américains. Quand vous demandez un cookie, on vous donne un disque de la taille d’une tarte aux poires ; les cafés de chez Starbucks sont disponibles en version "tall" (grand), "grande" (grand) et venti (très grand), sauf que tall est moins grand que grande. si vous voulez un petit café, demandez donc un "tall", c’est logique. En ce qui me concerne, n’étant pas fan des Starbucks, j’ai tout de même joué le jeu du consommateur moderne et me suis procuré un Sugar-free hazelnut capuccino grande, en cinq mots une lavasse à haute pression qui goûte la vanille de synthèse. Heureusement, on a le droit de filer à la table des chefs, de retirer le couvercle, d’ajouter du lait (plain, low-fat, non-fat), de la cannelle ou de la noix de muscade, du sucre (blanc, roux, édulcorant), on touille avec un bambou, on prend une paille, une serviette, un coup de genou, c’est formidable, c’est merveilleux, on remet le couvercle et c’est parti pour l’expérience la plus fantastique de toute votre vie : marcher dans la rue avec un café bouillant rempli à ras-bord. Que d’excitation, j’en ai le coeur qui bat. TEA OR COFFEE ? Ce n’est pas tellement une alternative, et les cafés de chez Starbucks ne sont pas mauvais à condition qu’on ne soit pas tenté d’y ajouter un sirop classique (hypercalorique) ou sugar-free (insipide), du lait moussant, etc. J’ai été transporté d’allégresse en goûtant à ma première gorgée de Chai Tea Latte Tall, sauf qu’à la deuxième gorgée j’étais passablement écoeuré et qu’en définitive j’allais encore prendre 5kg et gaspiller mon capital-diabète. La version iced est moins écoeurante, mais tout aussi riche, je vous le jure, j’ai testé à Athènes. Quand je vous dis que je ne suis pas fan. Or donc, contentez-vous d’aller chez Starbucks afin d’user de leurs toilettes et n’y commandez rien (dirigez-vous naturellement vers la porte du fond, tout le monde le fait, c’est d’ailleurs très sale mais c’est souvent tout ce qu’il y a. DINERS ET ALTERNATIVES Pour le café, vous le prendrez dans un Diner comme l’Empire Diner ci-dessus, 10th Avenue et 22nd rue, où il est servi 24h/24 à volonté et à doses homéopathiques, ce qui me convient très bien. J’y ai aussi pris un petit-déjeuner, accessoirement, sous la forme d’un raisin bran with bananas, ce qui ressemblait à un gros bol d’all-bran flakes avec des raisins secs et des tranches de banane, et une bouteille de lait, que le gentil serveur noir au pull rouge m’a gentiment proposé. Bien qu’il ne sût pas où se trouvait le Luxembourg et qu’il pensât que ce fût une province Autrichienne, et malgré mes difficultés à maîtriser la concordance des temps dans la phrase, il était véritablement sympathique et je l’ai revu une nuit, par hasard deux jours plus tard dans un bar au coin de la 8th avenue et 20th rue ce qui n’est pas peu dire, et il portait le même pull rouge. En dehors des diners, qui vous accaparent tout de même un peu, vous pouvez sans problème vous recaféiner dans une librairie. Dans ce cas-là, vous choisirez Borders plutôt que Barnes & Noble, parce qu’eux ont choisi Dean & Deluca au lieu de Starbucks. Et au comptoir Dean & Deluca, vous prendrez un Red eye "medium", ça fait du bien, vous avez deux red-eye dans vos orbites et un racing-heart mais au moins vous vous sentez vivre. En fait, buvez plutôt de l’eau. Fiji, bien entendu, vous n’êtez pas un buveur commun, il vous faut une eau exceptionnelle. On la trouve aussi à la Grande Epicerie de Paris, vous pensez bien, mais ici on la trouve dans le moindre Deli à 4h du matin quand il fait encore 28°C. Pour changer, en photo ci-dessus, la librairie-cafétéria du PS1 à Long Island City. Franchement, rien que cette pièce valait le déplacement. LES LIBRAIRIES.
Ici, ce n’est pas une vraie librairie à l’américaine mais c’est ma préférée : l’Urban Center au 457 Madison Avenue (51st rue), la librairie des architectes. Parlons-en des librairies, les autres. Ce sont des lieux paradisiaques où il fait en moyenne 5°C, ce qui est relativement appréciable quand dehors il fait environ 35°C. En fait je n’en sais rien, tout est en Fahrenheit et ma calculette scientifique tout comme l’hémisphère gauche de mon cerveau étaient restés dans ma valise, mais il fait à certaines périodes de la journée au moins 85 à 90°F et l’air est lourd, marcher 15 pas au soleil vous fait transpirer comme une fontaine italienne et ça n’est pas très élégant. Les grandes librairies américaines, de chaîne, sont ces endroits pleins de livres classés par thèmes et où on trouve un coin café, de chaîne, où vous lisez votre bouquin en prenant votre air le plus savant tout en restant décontracté. Ensuite vous n’achetez rien à part votre café et vous retournez dans la rue, en vous ramassant 15 degrés dans la figure, vous marchez 50 mètres et vous rentrez dans une librairie absolument identique à celle que vous venez de quitter. Pour trouver, lire et vraiment acheter des livres à d’excellents prix, ruez-vous chez Strand. CHALEURS
Or donc quand il fait chaud, vous avez le choix : vous pouvez entrer dans un deli et acheter une bouteille de quelque chose, et là vous avez sérieusement le choix. Il y a les Snapple ou les Snapple Diet, la gamme habituelle des Coca-cola & Compagnie, les Hint (eaux aromatisées aux essences, award-winning product, disponible à la menthe, au pamplemousse, au concombre...), les eaux vitaminées (Vitamin Water de Glacéau), les laits hyperprotéinés (whey protein ou soy protein selon vos goûts), les eaux normales, de provenance exotique, françaises, les thés ou dérivés, les eaux de cocos nature et aromatisés Zico, les eaux de sportifs type gatorade, les sodas divers, les bières normales ou allégées que vous ne pourrez pas boire en public, et bien d’autres. Abordons le chapitre "smoothies, milkshakes et jus de fruits", qui regroupe forcément les Tasti-d-lite, Jamba Juice, Pinkberry, flurt. Il faut aller voir les études successives de Stephanie J’ai pris un Matcha Green tea blast chez Jamba Juice, avec Super boost de Weight burner, hé oui, size : original, pour plus de 6$. En vérité, on vous annonce du lait de soja, du matcha, du frozen non fat yogurt, du sorbet (on ne sait pas à quoi), de la glace pilée, et vous vous retrouvez avec 750ml et 450kcal (beaucoup de sucre, mais vu la quantité on comprend mieux). Méfiance. Pinkberry est plus light, très bon, et celui de Chelsea est très agréable en soirée. Tasti-d-lite a fait le moins d’effort possible dans la déco, c’est simplement repoussant, et leurs milkshakes d’un goût relativement standard ont l’air très sucrés. Le personnel semble aussi particulièrement ennuyé de devoir vous servir. Donc, d’après moi, choisir chez Jamba un truc moins calorique serait judicieux. Préférer toujours Pinkberry. Eviter Tasti-d-lite et Flurt, au personnel vraiment antipathique, et aux arômes un peu trop appuyés. Quoi qu’il en soit, préférer une vraie glace. IL FANTASTICO LABORATORIO Vous aurez peut-être remarqué que pour l’instant ce n’était pas du 100% positif. Et bien ici, ça l’est. Il laboratorio del gelato, c’est the place to be si vous voulez la meilleure ice cream de new york. Mais ce n’est que mon avis. J’ai goûté chocolat au lait malté, pamplemousse campari et black mission figs. C’est vraiment très bon et d’une texture parfaite, je referai un truc au chocolat malté (type ovomaltine cacao) très bientôt, sans doute. Peut-être une glace, tiens, maintenant que j’y pense. C’est pourtant une minuscule boutique perdue dans le Lower East Side, à moins que ce ne soit l’Est village, enfin par-là quoi, au 95 Orchard Street, entre Broome et Delancey (après Rivington, en gros), que vous rateriez facilement si vous n’aviez pas l’adresse. Enfin, perdue, perdue, la vitrine n’est pas très loin de Teany, ni de Katz, de Sugar Sweet Sunshine ni de toutes ces boutiques réellement intéressantes, les coiffeurs et le reste. Et puis le laboratorio fournit les Whole Foods, les grands restaurants, en sachant qu’ils font même de la glace à la mastiha qui détient le secret de mon éternelle jeunesse. TEANY Teany est ce salon de thé du 90 Rivington Street dont le propriétaire n’est autre que Moby, hé oui, qui a fait un très bon duo avec Debbie Harry si vous voulez mon avis, et qui s’appelle New York, New York. Je vous remets pour mémoire un extrait des paroles, ça fait sentimental bienheureux et c’est aussi un petit hommage américain à Moby, en espérant qu’un jour nous serons bons amis et mangerons des céréales enrichies en fibres. "Baby make it really hurt SUGAR SWEET SUNSHINE Sugar Sweet Sunshine est une petite pâtisserie au 126 Rivigton Street, qui vend plus particulièrement des cupcakes, des petits et gros gâteaux un peu de toutes les sortes, et d’après le Zagat ce sont les meilleurs cupcakes de la ville. Déjà avec un nom pareil, j’espérais qu’ils avaient une bonne dose de second degré sinon on allait avoir des cupcakes vraiment très sucrés avec des sourires jusqu’aux oreilles et des remerciements écoeurants. On aurait pu ajouter Sunshine happy yeepee beeppsie. Mais non, la vendeuse est réellement très sympathique, elle ne voyait pas pourquoi elle se serait opposée à une photo de la boutique, et elle m’a vendu 2 cupcakes même pas chers. Mieux qu’une scéance de yoga. En sortant de là, vous avez retrouvé la foi en l’humanité. Le décor est chaleureux et cosy, ce que mes photos traduisent très mal. Les glaçages ne sont pas travaillés comme des oeuvres d’art, mais n’est-ce pas là l’esprit de la maison ? J’ai donc pris un "ooey-gooey", chocolat et glaçage chocolat ainsi qu’un spicy Pumpkin, dans lequel je m’attendais à trouver - surprise - de la cannelle et du potiron. Et ce fut le cas. Les glaçages sont très bons, je dirais que c’est plutôt du cream cheese mais je ne suis pas un spécialiste. J’ai trouvé les cakes sous le glaçage un peu "inconsistants" c’est-à-dire très légers, et vous savez à quel point je préfère les éléments denses, et si je les avais faits moi-même j’aurais ajouté qu’on sentait un peu la levure chimique au bicarbonate. Mais ils sont très bons, vraiment, je vous les recommande. VITAMIN WATER, TRANSFORME-MOI. Après toutes ces sucreries, on a une raison de plus d’avoir soif. Misère. Je ne suis pas très probiotique, mais j’ai vraiment aimé la Vitamin Water Mauve, la Revive, pleine de b+potassium (on s’en fout, hein) parce que c’est vraiment très désaltérant. J’en prenais une tous les matins avec une salade de fruits, histoire de préparer le terrain, ça me fait de la peine. Malheureusement, je viens de lire sur internet que Glacéau a été racheté par Coca-Cola, c’est énervant à la fin. Sinon, l’eau de coco bio à la mangue est absolument délicieuse, et l’eau à l’essence de concombre est intéressante (mais aucun enfant ne voudra jamais en boire). Et puis il restait un vieux morceau de bagel. Quoi qu’il en soit, le goût de la Revive est surtout séduisant bien qu’étrange, le format diablement pratique (591ml, 125kcal pour l’ensemble) et le texte sur le côté vous distrait pendant 13 secondes environ. Je n’ai pas aimé celle au citron ni la kiwi-pamplemousse. Et vous savez quoi, sans rire, ça me manque déjà fortement. Ils doivent moudre de la cocaïne là-dedans. Ou alors, pour vous rafraîchir en cas de canicule, vous pouvez rentrer dans une boutique quelconque ou un magasin de vêtements mais selon ce que vous portez vous serez plus ou moins bienvenu, et quoi qu’il en soit on se jettera sur vous pour vous lancer l’inévitable question. "HI, HOW ARE YOU TODAY ?"
Voilà bien une question déroutante de la part de cette personne qui ne vous a jamais vu et qui boit certainement trop de café. Et faut-il vraiment répondre, sachant que ces deux yeux globuleux continuent de vous fixer, un sourire béat orienté dans votre direction, une bouche béante, des bras ouverts ? Les gens vous disent "hey guy" ou "hey bro" et c’est super sympa, mais qu’est-ce qu’il faut répondre ? La plupart du temps faites comme moi, prenez-vous simplement les pieds dans le grand tapis, éternuez sous le coup de la climatisation, faites ensuite un grand sourire imbécile et dirigez vous vers le rayon le plus proche où accrocher votre regard. Essayer un vêtement est également une véritable épreuve anthropologique pour les novices, je vous laisse découvrir la chose. DESHABILLEZ-MOI.
Et donc, en matière de vêtements, n’allez pas chez American Apparel ou chez Gap, encore moins chez Esprit ou Zara, on les trouve à Paris et ce sont les mêmes. On m’avait dit que chez Daffys, Loehmanns et filene’s basement il y avait de la griffe à prix réduit, j’ai surtout eu l’impression de fouiller dans une pharmacie au néon, dans des bacs entre Tati à Barbès et la garde robe de Columbo version années 50. COLOMBUS CIRCLE En parlant de ça, le nouveau complexe de Colombus Circle, qui a coûté 1,8 milliard de dollars soit dit-en-passant, regroupe plutôt un ensemble de marques internationales dont même l’Occitane en Provence. En tout cas il semble qu’il n’y ait jamais grand monde. Par contre quand vous voyez l’allure du hall d’entrée de la tour résidentielle, ça ne doit encore pas être de la gnognotte au niveau des appartements "de luxe". WHOLE FOOLS La boutique Williams-Sonoma, à l’intérieur, est ravissante et à mon avis destinée aux femmes de 35 à 45 ans en mal de cuisine, qui souhaitent ajouter un accessoire maternel à leur jolie cuisine de style cottage, pour tenter de faire des muffins à leurs enfants dans les derniers moules en silicone cotés en bourse. Sinon, on n’y trouve rien de fondamentalement utile, mais je dis ça uniquement parce que je suis jeune et que je n’aurai jamais d’enfants. Et puis il y a encore un Whole Foods, l’empereur de la bonne conscience en matière de supermarché. J’y ai mangé un soir, en remplissant mon ravier de salades indiennes, de purée d’algues, de tofu frit, de salade caesar, de falafels, de cantaloupe, de noix, etc. Le truc sur mesure, individuel, l’anti-famille. Heureusement quand on n’a plus de famille il reste les amis, les bons amis comme ceux que l’on peut se faire quand on a un bon transit intestinal, vous imaginez bien. Or donc ces high-fiber cereals (cinna-raisin crunch et plain flakes, twigs & granola) sont non seulement bonnes pour vos intestins, elles sont visiblement anti-racistes et nouent des liens entre les hommes et les femmes, les noirs et les blancs, les vieux et les jeunes... Tant de bonne volonté et de bonnes pensées chrétiennes dans un paquet de céréales, c’est charmant. Je vous épargne aussi les vertus du commerce équitable et du chocolat qui sauve les animaux en voie de disparition (pour sauver les mouettes, achetez le lait-amandes, pour les lapins angora prenez le noir d’amazonie). Quand je vous dis que Whole foods vend surtout de la bonne conscience. MON TRUC EN PLUMES Pour en revenir aux vêtements, suivez la police et sortez des Shops at Colombus Circle. Allez courir dans Central Park qui est juste à côté, ou vérifier votre coiffure dans les restrooms, ou dans la façade de l’autre énième tour Trump en face, qui est fort laide mais pas autant que celle de la 5th avenue. En fait, pour l’anecdote, la seule belle tour Trump est celle qui fait face aux Nations Unies, la Trump World Tower. Toute simple, mais très élégante, à l’extérieur du moins. Bref, pour vous habiller, courez plutôt chez : - Brooklyn Industries MADE IN MEATPACKING DISTRICT En dehors de ces 4 inévitables, et plus généralement, rendez-vous dans le Lower East Side et l’East Village pour des vêtements branchés et décalés voire excentriques, pas trop chers à carrément bon marchés ; à Chelsea et dans Greenwich Village pour des vêtements, sacs, chapeaux, plutôt de type sportswear chic. Enfin, ce n’est que mon avis, on trouve de tout partout quoi qu’il en soit. Il est difficile de rester mal habillé à New York. Si vous aimez le luxe et les jolies marques, il y a toujours la merveilleuse et célébrissime boutique de Carlos Miele, par Asymptote, dans le non moins fashion Meatpacking District (voir photo ci-dessus). Le nouveau flagship store de Carlos à Paris est en cours de réalisation au Faubourg Sain-Honoré, pour info.
Le Meatpacking District est un charmant quartier plein de vieux entrepôts et d’anciens abattoirs qui n’en sont plus, et je me sens un peu coupable parce que c’est la faute des architectes. Les boutiques de luxe s’y installent avec les boîtes et les restos les plus branchés, se remplissent d’une faune dramatiquement victime de la mode dont les hauts talons n’ont en vérité jamais foulé le moindre morceau de viande. Ci dessus, la nouvelle boutique Diane Von Furstenberg encore en travaux, plutôt voire très réussie à priori, qui a opté pour la tactique "ajoutons un élément vraiment étranger et distinct émergeant de l’ancien que nous aurons rénové au préalable".
Les rues sont étincelantes, les arbres plantés régulièrement, les immeubles de condominiums de luxe se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement, car l’hôtel Gansevoort est l’un des bâtiments les plus laids de toute la ville (ce n’est que mon avis). Sa couleur, la forme de sa toiture, ses proportions, il y a quelque chose qui ne passe pas. On le voit un peu à droite, là. A gauche, c’est le resto-bistro français "Pastis", un charmant petit endroit où tout le monde semble adopter une attitude moitié BHL, moitié Beigbeder, mais où le serveur ignorait où se trouvait le Luxembourg. Je n’étais pas vexé, rassurez-vous, ça m’est également arrivé à l’Empire diner. CHELSEA MARKET BOYARD Mais quel est le véritable avantage alimentaire du Meatpacking me direz-vous ? Ce n’est pas le Spice Market, le resto branché ? Ben non, enfin pas principalement. En fait, il n’est pas loin de Chelsea, à côté même, et à leurs frontières se trouve le Chelsea Market qui vaut son pesant de pâtisseries. Ici on aperçoit l’entrée Est, qui est particulièrement laide. Un exemple beaucoup moins réussi de l’ajout d’élément étranger. Le Chelsea Market met encore plus en valeur la boutique de l’amie Furstenberg maintenant que j’y pense. Mais ça ce n’est valable que pour l’entrée Est, je précise.
Je n’ai pas de photo de l’entrée Ouest et c’est bien dommage. Bien que plus discrète, elle est aussi bien plus réussie. Et l’intérieur est également très intéressant. Je ne connais pas le site avant transformation, et si tout ce qui s’y trouve est authentique alors tant mieux, sinon ça fait quand même un peu Eurodisney avec des fontaines et des torches. Ce qui est sympa, c’est qu’on voit les ateliers de la plupart des boutiques, et ce ne sont pas les moins bonnes. On trouve Amy’s Bread (qui fournit Dean & Deluca, et d’autres épiceries de-ci de-là), Fat Witch Brownies, Eleni’s, Sarabeths, Manhattan Fruit exchange, etc. Vraiment du bon, en gros. Et le marché abrite aussi les studios de Food Network, la cuisine TV du coin. Or donc, pour ne rien vous cacher, un jour, j’ai mangé chez Amy’s Bread mais c’était au 250 Bleecker Street dans la boutique de Greenwich Village, assis sur une table minuscule devant une salade de thon au céleri, avec une mini-baguette somptueuse aux céréales. Un autre jour, alors que je passais par le plus grand des hasards (évidemment) chez Dean & Deluca, je me suis procuré un twist semolina raisin-fennel, une signature de la maison paraît-il, vraiment délicieux et d’une cuisson parfaite. Eric Kayser version New York ou inversement, peu importe. THE BEST CUPCAKE EVER. Ci-dessus, vous apercevez l’ultime péché de gourmandise, et ça vient de chez Eleni’s. C’est une sorte de recette interdite telle qu’on en voyait beaucoup il y a quelques mois quand les chefs jouaient avec les Carambar, les Snickers et le Ketchup. C’est aussi le meilleur Cupcake que j’ai mangé à New York même si, bon, j’avoue n’en avoir mangé que 3 parce que je n’aime pas les cupcakes. Mais celui-ci, je l’ai vraiment beaucoup aimé. C’est une base de muffin au chocolat avec des morceaux de reese’s peanut butter cups dedans, une crème au beurre mousseuse généreusement distribuée, surmontée d’un demi reese’s peanut butter cup, encore. C’est monstrueusement riche, évidemment, du chocolat, du beurre, du sucre glace, du beurre de cacahuètes... Mais ça le vaut bien. et vous savez quoi, il y en avait plein d’autres sortes, et des cookies d’une beauté parfaite, mais les photos étaient interdites et je n’allais pas tout acheter. FAT WITCH, SLIM BITCH A côté d’Amy, dans le Chelsea Market, on trouve les Fat Witch Brownies annoncés comme les meilleurs de la ville. J’en ai donc acheté un au hasard, en me disant que comme après j’allais forcément devoir repasser soit par Chelsea, soit par le Village, il valait mieux se contenter d’une seule pièce. Il faut savoir que les New Yorkais ont tendance à avoir des corps relativement parfaits à coups de jogging, de sports clubs et gyms privés, de nourritures allégées et de compléments alimentaires. J’ai donc moi-même testé une de ces barres protéinées que l’on trouve absolument partout, avec les barres énergétiques, vitaminées, santé, endurance, repas, bonne humeur, belle peau et leurs compagnons. J’ai choisi la pire comme vous l’imaginez, la super pure 30g de protéines. En fait, ça a un goût étrange et vraiment artificiel, et le pire semble venir de la fausse confiture de fraise qui est déposée pour faire passer les protéines. C’est aussi ce qui apporte le plus de calories en sucres divers. A mon avis, tant qu’à manger des barres de protéines autant qu’elles aient un goût très moyen de toutes façons et moins de sucre. En tout cas c’est très dense et très pratique à manger. Je suppose que le goût n’est pas trop éloigné de certains bonbons pas chers, ce qui n’est pas rassurant. Et un repas, un. Retournons chez la sorcière du marché de Chelsea. Le sort a décidé de me faire piocher un Snow Witch, à savoir un blondie au chocolat blanc en quelque sorte, et ce n’est pas forcément l’idéal pour se faire une idée d’un marchand de brownie, quoi que ce soit un défi quelque part. C’était bon, c’est vrai, cependant je dois encore vous dire qu’en général je n’aime pas non plus les brownies. Mais non je ne suis pas difficile, j’aime les choses denses, lourdes, fraîches, les puddings ou les milkshakes, les fondants, les ganaches, pas les usines à miettes étouffe-chrétiens que sont généralement les brownies. J’ai dit, généralement. SERENDIPITY 3, LA MINUTE BELGE Souvenez-vous, il y a quelques semaines, sur le Pétrin, on avait vu apparaître une recette qui se voulait un équivalent du chocolat chaud de chez Angelina, l’Africain, dont le secret réside surtout dans le fait que vous n’oseriez jamais faire un truc aussi calorique chez vous, comme boire un demi-litre de crème fraîche. Le Frrrozen hot chocolate, même à 8,5$, se mérite. 8,5$ donne plus de 9$ avec la taxe, et 11$ avec le pourboire. J’ai tenté 2 fois d’obtenir une table en affrontant la file, et j’ai fini par venir à l’ouverture faire le pied de grue, à 11h30. Tout le monde commande des Frrrozen hot chocolate même avec une salade de dinde à la moutarde, le serveur les propose d’ailleurs automatiquement. Le cadre est délicieusement décalé, les cartes sont géantes et quasiment illisibles, c’est assez amusant, j’aime leur petite boutique et le monsieur qui vous place à table est, comment dire, adorable. Arrive votre coupe, majestueuse, remplie, bombée, et largement renversée dans sa soucoupe. C’est très décadent donc, jusque dans le service dirait-on. La photo est moche, certes, mais il faut savoir que l’endroit est très sombre. Le chocolat a une vraie couleur de chocolat. Deux pailles par personne. On goûte et c’est bon. La consistance est vaguement plus légère qu’un milkshake, mais quelques morceaux de glace pilée flottent encore au dessus, séparant les composants du mélange. En définitive, peu importe qu’il y ait 12 ou 36 marques de chocolat, parce que le goût est plutôt proche du Cécémel en moins sucré. Le Van Houten, aussi, est très proche. A quoi fallait-il s’attendre, ce n’est qu’une boisson au chocolat. C’est délicieux, certes, mais quand on a goûté aux chocolats de couverture, aux Michel Cluizel et autres, il ne faut pas espérer des miracles d’une boisson qui mélangerait tout (dont l’affreux Cadburry). Au fait j’ai goûté un autre affreux chocolat américain, le misérable Hersheys en plaquette. Il me rappelle un peu ces fausses cigarettes en chocolat que je recevais à Noël. Enfin, comme toujours, ce n’est que mon avis. C’est tout différent quand il s’agit des Reese’s. COLOURFUL TIMES SQUARE Tant qu’on est dans les crasses, parlons de Times Square. On y trouve le flagship store M&M’s World pour les adeptes des t-shirts, cendriers, crayons, porte-gobelets et quatre mille autres gadgets à l’effigie de la cacahuète la plus stupide de l’univers. Et le plus grand mur de chocolat du monde, vous imaginez ça, vous ? Heureusement qu’il y a M&M’s pour le faire, sinon je suis certain que j’aurais senti comme un grand vide à l’intérieur de moi. Et ça marche vraiment, peu importe que ce soit plus cher qu’un paquet normal puisque vous choisissez votre couleur. Et puis ça tombe vite et y a tellement de couleurs, forcément. WASTED TIMES Non, je ne suis pas du tout, mais pas du tout fan de Times square et de ses boutiques, ses restaurants et ses comédies musicales pour touristes. Si au moins les magasins faisaient un effort particulier de design. Mais non, on trouve bien plus intéressant dans de nombreux autres endroits en ville. Certes, l’endroit est très lumineux et spectaculaire, c’est très amusant de le parcourir la nuit comme le jour, c’est stimulant et presque grandiose. Mais si vous voulez mon avis, il vaut mieux s’intéresser à Sarah Morris, on sent bien le rapprochement et puis c’est moins vulgaire et ça va mieux dans votre salon qu’un puzzle collé de Times Square au Nouvel An, tant qu’à faire je vous le promets. C’est vrai quoi, dans les rues on piétinne comme un samedi des soldes, et puis il n’y a rien de tellement intéressant, si ? Non allez, c’est bien, c’est sympa, c’est joli, ça clignote de partout et je suis un rabat-joie. LA SUITE, BIENTÔT. Voilà, ça c’est mille fois plus beau que Times Square, par exemple. Quand même, j’ai encore plein de choses à dire. J’ai même pas encore parlé des cheesecakes, et pourtant je ne me laisse pas avoir. On verra ce qu’on verra. J’ai tout noté, tout consigné dans un carnet en temps réel. Mais là, je me sens un peu flou, et vous aussi vous en avez marre. Le métro, Brooklyn, Fairway, Central Park... plus tard. Faut que je trie. Si je montre trop de vie privée on va lancer des polémiques, déjà que j’ai pas mis de recettes. Laisser un commentaire |
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