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Voir en ligne : http://canimome.blogspot.com/2008/1... ![]() Les mises bas de nos bouviers sont parmi les plus beaux moments du métier d'éleveuse. Ce sont des moments doux où, les sens en éveil, je tente de percevoir les besoins de la chienne. Souhaite-t-elle accoucher seule ? Puis-je lui être d'une quelconque aide ? Il y a des femelles primipares qui manifestent, au moment du travail, un désarroi par des plaintes, des mouvements, une recherche de contacts. Alors je m'assieds près d'elles, je leur parle, je les palpe et les caresse. Si des petits sont déjà sortis, je les mets contre le ventre de la mère que j'étends et tente de détendre. Je place la lampe chauffante. Parfois un petit coup de sèche-cheveux est utile pour enlever l'humidité des chiots. Ce jour de septembre, la chienne était étendue dans un carré de soleil avec son premier chiot. On sentait une brise tiède passer sous la porte. Une odeur de sang. Il faisait calme et doux. La question est notamment de savoir comment je peux être si sure que ma présence lui faisait du bien. Et c'était le cas ; je n'en démordrais pas. Elle demeurait couchée, léchait tour à tour son petit, ma main, appuyait sa tête contre ma jambe. Puis ça a démarré. Je tenais une de ses pattes arrière au moment où elle a expulsé le deuxième chiot. Un long moment de léchage, de séchage, de caresse, de démarrage dans la vie... Peu après, quand j'ai pensé que la bouvière partait bien, que la nichée était en bonne voie, je me suis absentée. Deux chiots de plus à mon retour. Je me suis assise, nous avons repris les câlins là où nous les avions laissés. Je séchais les petits, et les mettait à la tétée. Puis vint un moment où je sentis la chienne trembler. J'ai cru que la mise bas touchait à sa fin. Pas du tout. Un petit était en train de sortir, mais elle demeurait couchée au plus près de moi. Je me suis aperçue quelques secondes plus tard qu'une poche contenant un nouveau chiot venait d'être explusée. Pourquoi donc ne se retournait-elle pas pour s'en emparer, la lécher jusqu'à faire surgir le petit et jusqu'à stimuler sa respiration ? Une seconde de panique, la crainte que le chiot ne vive pas. J'ai pris la poche, l'ai tendue à la chienne qui restait bravement couchée et qui s'est alors mise à l'animer. Je jurerais qu'elle "attendait" que je lui tende son chiot, ou qu'elle voulait "me faire plaisir" en restant bien étendue comme je l'encourageais à le faire. La mise bas, c'est ainsi un moment où l'on se prête beaucoup d'intentions. Un moment relationnel intense. Une tâche : trouver des mots justes pour faire sentir qu'il n'y a pas là d'anthropomorphisme exagéré... Laisser un commentaire |
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