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Petite méditation contre-identitaire

mercredi 30 décembre 2009, par Charles Bricman

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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/12/29/pe...

 

510SC67CY2L._SL500_AA240_Ce petit livre de 190 pages, en édition de poche, reposait paisiblement sur un rayon oublié de ma bibliothèque. Un faux mouvement de sa part et hop! Il me tombe dans les mains. Je l’ouvre. Il m’accroche. Je le lis jusqu’au bout. Les identités meurtrières, d’Amin Maalouf (Le Livre de Poche n°15005).

C’est Kevin, je pense, à qui on l’a fait lire quand il était à l’athénée. Avec le recul – il a paru pour la première fois en 1998, avant donc certain 11 septembre – il apparaît étonnamment prémonitoire.

Je ne veux pas en entreprendre ici une recension dans les règles, mais il y a un paradoxe qui me brûle la plume.

L’identité, dont débattent précisément dans la confusion nos voisins français et qui nous taraude aussi, nous, les Belges. Flamands ou francophones. Ou allochtones.

L’identité collective, nationale, religieuse, culturelle ou linguistique. N’est-elle pas paradoxale, cette allégeance qu’on voudrait nous imposer à UNE identité? Alors qu’au sens strict, nos identités individuelles, à chacun d’entre nous, sont précisément ce qui nous distingue de tous les autres êtres vivants de la planète?

Car tout homme a une identité complexe et de multiples appartenances.

Libanais chrétien élevé en arabe et devenu aussi français, Maalouf était sans doute bien placé pour repérer cette contradiction et constater que rarissimes sont ceux qui peuvent se réclamer objectivement d’une et une seule identité collective.

Moi par exemple, je serais probablement tenté de me définir comme un Européen de Belgique, né à Bruxelles dans une famille francophone de tradition catholique. Ce qui reviendrait à oublier un arrière-grand-père hennuyer, une grand-mère brainoise et une autre gantoise, donc flamande. Moi qui vous parle donc, j’ai bel et bien aussi des racines wallonnes, flamandes, française et hollandaises si l’on remonte dans mon arbre généalogique.

Et sentimentalement, ou esthétiquement aussi, j’ai incontestablement le sang mélangé, mon tropisme latin se mêlant sans aucun doute de globules flamands accoutumés aux ciels si bas que même les canaux s’y perdent.

C’est pourquoi je récuse radicalement tous les suivismes tribaux. Et revendique ma place à l’écart de toutes les mêlées mortifères et de toutes les identités exclusives et subséquemment totalitaires. La nationalité belge ainsi me convient bien, dès lors qu’il n’y a pas de nation belge. Rien qu’un waterzooi d’individus que rassemblent, si l’on veut, leurs différences.



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Les derniers commentaires

  • Petite méditation contre-identitaire

    par Serfati (IP:xxx.x41.215.46) - 30 décembre 2009 09:34

    Je partage votre position. Rien de tel que le bon sens qui fait souvent défaut.

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