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Pour arrêter l’Iran, l’Occident doit d’abord agir contre Pyongyangmardi 2 juin 2009, par Institut Thomas More - Comité belgique Voir en ligne : http://institut-thomas-more.org/sho...
Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More et chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis). Article publié dans "Le Figaro" du lundi 1er juin 2009. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- Quelques semaines après avoir procédé à l’essai d’un puissant lanceur balistique, le régime nord-coréen multiplie les actes d’hostilité à l’encontre d’une « Communauté internationale » évanescente. En cinq jours, du 25 au 29 mai, Pyongyang a fait exploser une nouvelle arme nucléaire et lancé six missiles balistiques. L’Union européenne est « troublée » et les Etats-Unis éprouvent les limites du « new look » diplomatique impulsé par Barack Obama. Quant aux Russes et aux Chinois, ils ne semblent toujours pas résolus à faire pression sur leur allié nord-coréen. Dans l’intervalle, les dirigeants de Pyongyang ont déclaré qu’ils n’étaient plus liés par l’armistice de Panmunjom (1953). L’escalade continue donc. Jusqu’où ? D’aucuns voudraient réduire les agissements de Pyongyang à de simples provocations ou à un exercice de sémiologie appliquée, destiné à attirer l’attention des Etats-Unis. Face à la politique agressive et dangereuse de ce régime-bunker, les Occidentaux devraient donc faire preuve de plus de « flexibilité » et pratiquer le « donnant-donnant ». Pourtant, la diplomatie de la main tendue et le smart power sont battus en brèche ; il est à craindre que tergiversations et atermoiements n’incitent Kim Jong-il à aller plus loin encore. En Extrême-Orient, les vents mauvais de la Guerre froide soufflent toujours et la déstabilisation de cette aire géopolitique conflictuelle ne manquerait pas de retentir jusqu’en Europe, ce « petit cap de l’Asie ». L’éventuelle incapacité à relever le défi nord-coréen aurait aussi des conséquences au Moyen-Orient, ce « nœud gordien » mondial, où l’Iran est engagé dans une politique d’accès à l’arme nucléaire. Les connexions occultes entre Téhéran et Pyongyang sont aujourd’hui connues et Téhéran possède des armes balistiques qui mettent l’Europe à portée de tir. Equipées de têtes atomiques, ces engins permettraient à l’Iran de mener une stratégie de sanctuarisation agressive, voire de coercition nucléaire, dans son voisinage proche ou lointain. L’impunité dont bénéficie de fait Pyongyang ouvre un boulevard stratégique à Téhéran. Dans un univers globalisé où risques et menaces se mondialisent, le continent européen fait figure de « palais de verre ». Le brave new world multipolaire et onusien qui tient lieu de vue-du-monde à une partie des décideurs et faiseurs d’opinion européens se révèle être une illusion morbide. Il se pourrait bien que nous basculions dans un monde apolaire, en proie à l’anarchie, disloqué sous l’effet de lignes dramaturgiques convergentes. Dans les présentes crises nucléaires, face à la Corée du Nord et à l’Iran, le déni et les tactiques d’évitement, verbales ou autres, ne sauraient tenir lieu d’option stratégique. Qui pis est, cette absence de lucidité tragique trahirait la vocation du « Politique », instance en charge de la sécurité extérieure de nos peuples. Le retour au réel s’impose et c’est en faisant preuve de détermination que nos gouvernants refonderont leur légitimité. Laisser un commentaire |
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