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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/05/26/po... Plan d’économies bien linéaire chez IPM (La Libre et la DH); enclenchement d’une procédure de licenciement collectif à l’imprimerie de Rossel, s’ajoutant à une restructuration de la rédaction du Soir: il ne semble guère faire de doute que le tsunami qui ravage la presse écrite aux Etats-Unis commence à faire sentir ses effets chez nous. On en mesure mal l’ampleur exacte: s’agit-il de simples ajustements temporaires ou des prémices d’un vrai séisme journalistique et social, débouchant sur des fermetures? De l’endroit où je me trouve et des informations dont je dispose, il ne m’est pas possible de répondre à cette question essentielle. La seule certitude est que la crise est à la fois structurelle et conjoncturelle. Et qu’une éventuelle reprise économique ne suffira pas à en effacer tous les effets: le modèle économique sur lequel repose le “journal” est fondamentalement remis en cause. La conjoncture n’est qu’un accélérateur de la tendance de fond. J’ai rencontré ce matin un garçon sympathique. Un journaliste deMetro. Ils sont 8, m’a-t-il dit, à assurer la rédaction de ce quotidien entièrement financé par la pub. C’est une forme de fast-food de l’info, il va sans dire, un simple agrégateur de nouvelles qu’on lit dans les transports en commun ou à la pause de midi. Le plus près possible de sa parution: le produit se périme vite et ne se signale pas spécialement par son originalité. Il n’en est pas “indigne” pour autant: bien fait, il a toute sa légitimité. Il énonce les grandes lignes de l’actualité. C’est, au fond, un substitut diurne du journal parlé ou télévisé à l’attention des navetteurs. Le problème des journaux “classiques”, c’est que Metro et ses semblables leur chipent une partie de leur lectorat et qu’avec internet après la télé, cela ruine leur rentabilité. Si vous n’avez d’autre préoccupation que de tuer le temps d’u trajet à vous informer des grands titres de l’actualité, pourquoi payeriez-vous un quotidien à cet effet? Et si vous n’êtes pas navetteur, la radio, la télé et internet sont là pour remplir auprès de vous la fonction de Metro. Il en ressort une première règle de la nouvelle écologie de l’information:
Débarrassé de la servitude ancestrale d’avoir à être complet, le journal traditionnel ou ce qui s’y substitue ne l’est évidemment pas de celle d’être rentable, c’est-à-dire de rémunérer correctement ses différents facteurs de production, du travail au capital. Pour ce faire, il ne peut faire appel qu’à ses lecteurs (vente au numéro ou par abonnements), à ses annonceurs (publicité et annonces) et à desinfluenceurs plus ou moins désintéressés (mécènes et pouvoirs publics). En sachant toutefois qu’il n’y arrivera plus, comme par le passé, en aspirant à l’universalité. Il en ressort la deuxième règle, corollaire de la première:
C’est une révolution conceptuelle… et ce n’en est pas une. D’une certaine façon, il en a toujours été ainsi. Tous les journaux se sont toujours adressés à des niches, mais elles n’étaient que géographiques, correspondant à leurs zones de chalandise. A l’intérieur de celles-ci, ils étaient censés couvrir toute l’actualité. Et ça, c’est fini. Ils n’en auront plus jamais les moyens, ils ont perdu leurs monopoles. A partir de là et sous cette contrainte, tous les autres futurs sont envisageables. La presse économique et financière a déjà trouvé le sien, et elle en est rentable, si tant est qu’elle s’adresse à un marché suffisamment étendu. Une presse exclusivement sportive pourrait, sous les mêmes conditions, renaître de ses cendres. Mais pourquoi pas aussi une presse politique ou culturelle, et certainement locale. Pas forcément quotidienne, c’est essentiel. C’est la troisième règle, sans doute paradoxale au regard de l’étymologie:
J’aimerais assez que vous trouviez ce billet bien banal, comme si tout cela allait de soi, en définitive. Parce que je vous demanderais alors dans quelle mesure Le Soir ou La Libre que vous avez acheté ce matin annonce ces nouveaux journaux. Ce matin, moi, j’ai failli n’acheter aucun des deux. Parce que le foot me gonfle, la tronche hilare de papa Daerden encore plus et parce que même si ce n’était pas le cas, je me souviendrais que j’ai toujours eu le coeur mauve et blanc, autant pour le Beerschot et le Real Madrid - les numéros étaient mauves, sur le maillot blanc - que pour le Sporting de Paul Van Himst ou “Lorenzo” Verbiest, jusqu’à Robby Rensenbrink et Ludo Coeck . Sur les 48 pages du “Soir” de ce matin, il y en avait donc déjà 26 dont je savais que je ne les ouvrirais pas mais qu’on m’a quand même imposées et que j’ai donc dû payer. Je n’en ai pas eu pour mon euro! Ce que je veux dire par là en ayant l’air de plaisanter, c’est que les journaux font sans doute des efforts méritoires pour couvrir plus à fond les sujets qui font la “une”, mais que toutes les “unes” ne sont pas des motivations d’achat pour tout le monde. Si par contre on fusionnait les rédactions politiques du Soir et de La Libre pour couvrir en profondeur l’actualité politique, je paierais bien volontiers 2 euros trois ou quatre fois par semaine… C’est la quatrième règle que je crois pouvoir identifier:
Voilà, ce n’est qu’un petit essai rapide et instinctif au soir d’une journée riche, mais je voulais vous le montrer pour poursuivre le débat que nous avons entamé sur l’avenir de la presse. Parce que je suis convaincu qu’on va pouvoir se passer facilement des journaux qu’on publie encore aujourd’hui. Mais pas du journalisme. Laisser un commentaire |
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