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I. L’INFORMATION FORMIDABLEMENT INFORMATIQUE
A ma droite, les tenants du média-multimédia, du flux d’information en continu, du journalisme hyperactif et impliqué sur tous les différents espaces qu’ouvrent les nouvelles technologies. Les avantages, cher lecteur, tu en fais notamment l’expérience en ce moment-même ; libre à toi d’interagir, avec très peu de moyen, d’exprimer, d’échanger et de collaborer sur ce blog, à la vitesse du clavier. C’est une liberté nouvelle mais qui n’est pas sans risque : le pire côtoie le meilleur, y compris en terme d’information. L’immanence brutale de l’information, sa péremption instantanée et finalement son inflation galopante qui, si l’on poursuit la métaphore avec le sens économique du mot “inflation”, conduit à diminuer la valeur de l’information à mesure qu’augmente la quantité qui en est acheminée ; ces facteurs conduisent à rendre le écueils des TIC aussi vertigineux que leur potentiel prometteur. Des espaces riches, souvent ; parfois trop, parfois galvaudés.
II. L’INFORMATION FORMIDABLEMENT PAPIÉRISÉE

A ma gauche, les tenants d’un autre journalisme, que je ne remercierai jamais assez pour avoir eu le cran de se jeter corps et âme dans l’aventure XXI. Un an après, l’initiative est plus qu’un franc succès, c’est un plébiscite. Il m’est loisible maintenant d’affirmer le sentiment que m’a procuré la lecture du premier numéro ; je réapprends à lire. C’est un processus initiatique, qui demande certainement un effort, au début, pour se laisser percer par le sens fécond de ces articles, remarquablement rédigés et documentés. Il s’agit de tisser une toile de moments, de situations, de personnages, qui donnent finalement une vision globale que l’on sent instinctivement plus juste que n’importe quelle dépêche AFP. Félicitations à l’équipe de XXI !
III. ET AU MILIEU, COULE LA RIVIÈRE
Au milieu, la nécessaire conjonction vers des médias de qualité, la convergence inévitable d’un journalisme rigoureux, intelligent et critique, véhiculé auprès du plus grand nombre à la vitesse des technologies de l’information et de la communication. A mon sens, les tenants des deux options (renseignés ci-dessus) travaillent avec pour horizon une telle démarche intégrée (que les intéressés me signalent si je fais erreur). Le meilleur exemple à l’heure actuelle, en francophonie, est probablement à chercher du côté d’Arrêt sur Images. Tout en tombant dans certains travers (l’impératif “cherchez le buzz”!), que je n’évite moi-même parfois qu’à grand-peine, ASI fait preuve d’une veille médiatique et politique particulièrement lucide et éclairée, par le biais d’une site web riche en contenu multimédia, où la part belle est laissé à l’interaction avec le lecteur.
Avec son angle d’approche très particulier, Entreprise globale promet d’être une plateforme riche de sens et de créer des outils innovants, combinant le meilleur de la technologie à une démarche intellectuelle structurée et pertinente.
Ces deux outils, parmi tant d’autres, ont pour vocation d’instaurer des “labels qualité” au sein d’espaces technologiques potentiellement infinis mais où le pire cotoie le meilleur, à l’image de la société en général. “Label qualité”, si l’on veut, c’est permettre à l’information d’attérir, lui donner une perspective, du recul. C’est la digérer et l’entourer d’un cadre analytique pertinent, c’est lui restituer une portée critique que l’information-minute ne permet pas. C’est donc essentiel, tout simplement.
Les derniers commentaires
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Qu’ainsi émerge le sens !
par
laurent beccaria
(IP:xxx.x1.233.21) -
13 janvier 2009 15:52
En tant que co-fondateur de XXI, votre billet me frappe par son ouverture d’esprit, devenue rare dans les réflexions actuelles sur le journalisme.
Internet modifie profondément l’économie des médias, mais à trop vouloir s’enivrer des possibilités du web, certains jettent le bébé et l’eau du bain, s’acharnent à mettre à bas l’ordre ancien au lieu de construire l’avenir.
Pour l’instant coexistent l’ancien modèle (tout ce qui est produit par des rédactions de centaines de journalistes est disponible gratuitement, ce qui est non sens économique), les nouveaux sites produisent des contenus (en accusant de lourds déficits), et les blogs bénévoles fleurissent (mais peu d’entre eux tiennent sur la durée).
Nous entrons dans une phase de recréation ou chacun doit réinventer des projets journalistiques adaptés aux nouveaux usages, numérique et papier, et surtout à ce qui est économiquement viable. Si la tendance actuelle persiste, la publicité numérique ne pourra pas couvrir les investissements nécessaires à des enquêtes et des reportages. Le pdg de Google vient de donner une interview dans lequel il explique qu’il ne voit aucune solution pour qu’il en soit autrement.
Avec une poignée de journalistes, le post.fr taille des croupières aux sites des grands journaux. La publicité ira naturellement à ce type de traitement de l’information (buzz, people, coups, un peu rebelle un peu trash). Pour les publicitaires, le clic veut de moins en moins cher.
Autant l’équation des quotidiens est difficile, autant les perspectives des magazines, des revues et des livres peuvent être intéressantes... s’ils se transforment et ne deviennent pas low cost et jetables mais au contraire singuliers, originaux, beaux et pertinents.
XXI est bénéficiaire dès sa première année d’exploitation, avec un peu plus de 34.000 exemplaires de diffusion payante, à un prix de vente à 15€ et une diffusion dans seulement 1200 librairies, Belgique, Suisse et Canada compris (contre 15.000 kiosques rien que pour la France), avec un lectorat avide, dont les lycéens et étudiants constituent près d’un tiers. On peut être sur Facebook, lire les dépêches sur son téléphone et acheter XXI, parce que le plaisir, l’intérêt et l’usage de ce trimestriel n’ont pas d’équivalent numérique. XXi n’est pas la solution, mais une solution.
Celui ou celle qui pense avoir trouvé la solution miracle n’a pas encore levé le doigt !
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Qu’ainsi émerge le sens !
par
Francois Thoreau
(IP:xxx.x69.81.129) -
27 janvier 2009 23:29
Merci beaucoup, M. Beccaria, pour vos compliments. Excusez ma réponse tardive, j’ai rencontré pas mal de tuiles techniques, notamment avec le blog que je tiens (http://periscope.be) et sur lequel a originalement été publié ce billet.
Le besoin de modèles inédits, mixtes, novateurs, est plus criant que jamais, tant il est vrai que trop de rédactions "classiques" se contente de payer pour un site web "clé-sur-porte" et pour du contenu multimédia dépourvu de sens.
Aujourd’hui, en effet, il y a des boulevards d’opportunité - comme XXI a su en saisir un, ce qui était un fameux pari - pour des formules différentes.
Exemple d’une formule astucieuse : le "Printed blog", si ma mémoire est bonne, publié en amérique en agrégeant des billets de blogs particulièrement intéressants et en les imprimant sur papier, pour un journal gratuit (comme le métro).
A suivre, ici et sur mon blog, sur lequel je me suis permis de copier / coller votre réponse.
http://periscope.be/2009/01/12/quai...
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Qu’ainsi émerge le sens !
par
Fredd
(IP:xxx.x51.103.146) -
27 janvier 2009 11:04
Tant que les journaux seront dépendants de la publicité, des annonceurs, ils cèderont à la facilité pour fédérer leurs lectorats avec un nivellement de l’intérêt et de la pertinence par le bas.
XXI se démarque rien que par cette autonomie. Je n’ai manqué aucun numéro et, comme le dit Mr Thoreau, j’ai réappris à lire. Non pas dans le sens scolaire du déchiffrage de caractères alphabétiques de gauche à droite, mais dans le sens tridimensionnel, en ajoutant la profondeur et par conséquent l’écho, la résonnance.
Le scribouillage numérique, qu’il soit supposé être critique, journalistique, analytique, c’est une auberge espagnole, c’est la Foire du Trône, et avec le foisonnement de blogs, c’est surtout la Cour des Miracles. En tant que détenteur d’un blog à l’inutilité assumée (car j’en avais assez de voir la Toile occupée par des neo-arrivistent sans talents mais persuadés de détenir des points de vue d’utilité publique), j’essaye, par contrepied, de sensibiliser mon entourage aux choses essentielles, et véhiculer l’image de XXI en fait partie.
Le journalisme de XXI possède à la fois ce côté "Tintin" qui parcourt le monde et fait surgir les problèmes et les événements à travers le vécu de la population locale, de l’investigation "à l’ancienne", mais aussi cette capacité à user sagement et intelligemment des méthodes et des outils de communication et de diffusion modernes. La recette fonctionne à merveille, pourvu qu’elle dure et qu’elle éveille les consciences...
Et qui sait, elle peut, peut-être, recréer une vraie vocation journalistique...
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Qu’ainsi émerge le sens !
par
Francois Thoreau
(IP:xxx.x69.81.129) -
27 janvier 2009 23:31
Merci Fredd pour votre commentaire.
Je suis vraiment entièrement d’accord avec vous, sur chacun de vos points.
Qu’il est rafraichissant de lire autre chose que de l’information factuelle délivrée par dépêche copiée/collée, surabondante et in fine peu intéressante.
Longue vie à XXI !
Je me suis également permis de copier coller votre intervention ici :
http://periscope.be/2009/01/12/quai...
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