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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2011/05/29/qu... Personne n’a encore de réponse crédible à la Crise. Pas « notre » crise belgo-belge, non, la vraie Crise, la « mère de toutes les crises », la crise polymorphe, celle qui ne se laisse pas réduire à une seule épithète car elle s’aggrave et se généralise partout dans un monde de plus en plus « globalisé ». Les Indignados de la Puerta del Sol en témoignent à leur façon, aussi bien qu’un enfant qui meurt de faim en Afrique. Nous avons cru, et certains font semblant d’y croire encore, que nous pourrions, ici, y échapper. Mais la Crise nous rattrape. Inexorable, elle se rapproche, cernant déjà la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Elle est inexorable car, au-delà des analyses surfines qu’on peut découvrir en surfant sur le web et qui ne sont que des opinions, si intéressantes et interpellantes soient-elles, elle est inscrite dans les patrimoines génétiques du système et de ses acteurs. Et la pharmacopée traditionnelle produit des effets secondaires qui la renforcent en lui permettant de muter. Prenez la Grèce, justement. Son problème actuel, c’est sa dette et l’effet boule de neige. Remède usuel: l’austérité. Mais dans un pays qui n’est pas riche, qui exporte peu et dont la principale source de devises, le tourisme, est lourdement handicapée par l’euro, les limites de ce que les gens sont prêts à supporter sont vite atteintes. L’ordre social et politique est fragile, en Grèce. Mais laissons cela. Plus fondamentalement, c’est peut-être tout le système économique de la planète globalisée qui est déséquilibré, parce qu’il est désormais clos, parce qu’il n’y a plus de réservoirs d’espaces – donc de ressources – à découvrir et à exploiter pour nourrir la croissance dans le cadre du grand jeu à somme non nulle qu’était jsqu’ici l’économie mondiale. Ce que gagne l’un doit nécessairement être perdu par un autre. Et c’est toujours le plus fort qui gagne.
C’est toujours comme ça, me direz-vous, c’est darwinien. Sans doute. Mais tant que le système peut être alimenté par des ressources extérieures, comme à l’époque coloniale, le perdant ne « perd » encore rien, au sens strict, sinon ses ambitions. Il reste avec ce qu’il a. Tandis que dans un système fermé… Dans un monde parfait, c’est-à-dire rationnel et égalitaire, le mode de production capitaliste fonctionne plutôt bien, en apparence. Son vice constitutif, bien mis en lumière par Paul Jorion (« Le capitalisme à l’agonie« , chez Fayard), est toutefois sa propension à la concentration des richesses par la voie financière. C’est un phénomène entièrement naturel, d’ailleurs déjà à l’oeuvre dans les sociétés agraires. Mais il vient nécessairement un moment où la concentration est trop forte pour ne pas provoquer la révolte de ceux qui restent à la porte, avec les chiens. Il y a des circonstances dans lesquelles les troubles qui en résultent vont bien au-delà d’une simple jacquerie. C’est particulièrement le cas lorsqu’on change de paradigme, comme nous sommes occupés à le faire en sortant de l’ère industrielle – ce qui ne signifie évidemment pas que l’on va cesser de produire des biens matériels, tout comme l’agriculture n’a pas disparu avec la société agraire. La « révolution néolithique » fut le premier grand chambardement de la société humaine; la révolution industrielle fut le deuxième. Comment appellera-t-on le troisième qui s’annonce? On n’en sait encore rien et ça n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui en a plus, par contre, c’est que la révolution industrielle fut annoncée et accompagnée par les Lumières, puis traduite dans les concepts moraux et politiques de la modernité, c’est-à-dire par le passage de l’hétéronomie – le droit divin – à l’autonomie – les libertés et la démocratie. Pour l’instant, je peine un peu à identifier les Lumières de la troisième révolution de l’humanité, pour être franc. Laisser un commentaire |
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