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Réflexion personnelle et intemporelle à propos du comportement humain en société.

lundi 1er mars 2010, par Dominique Verbinnen

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Changer de perspective.

 


Monsieur Roger MENE dans son article du 05 octobre 2007 s’étonnait devant le comportement des syndicats de TECHSPACE AERO qui face à un développement du chiffre d’affaires, des investissements et de l’emploi faisaient grève.

 

 Il est vrai que vu sous cet angle nous ne pouvons que nous interroger sur leurs motivations profondes, c’est vrai que l’on est en droit de s’interroger aussi sur leur capacité à comprendre la situation dans laquelle la Wallonie se trouve actuellement. Mais çà c’est la réaction d’un homme qui a des capacités de réflexion et de raisonnement, d’une personne qui sait se poser et réfléchir en fait d’un individu isolé et qui raisonne sur un sujet donné.

Cette perspective est donc faussée, car nous devons aussi voir la face cachée de ces comportements.

Comment sont choisis les délégués syndicaux dans les entreprises ?

Quelle bonne question que celle-là !

Qui sont-ils ?

Généralement car évidemment tous ne sont pas de cette valeur.

C’est très souvent celui qui ose parler plus fort que les autres, qui n’a pas peur de monter sur une table pour parler à ses camarades, un individu qui aime se mettre en avant.

La majorité des travailleurs eux n’ont pas ce type d’aptitude et donc de comportement, ils sont généralement plus effacés.

Malheureusement, ces délégués ne sont pas toujours voire rarement des graines de savant et leurs compétences sont aussi souvent limitées alors on les forme à la centrale syndicale, « exagérons », on les façonne selon un mode de pensée et de raisonnement ce sont des pâtes que l’on peu façonner, ils ont également un métier protégé et donc quoiqu’ils fassent ils ne risquent finalement pas grand-chose.

Ils sont formés également par leur centrale syndicale à devenir des porte-parole plus que de devenir des intermédiaires privilégiés, ils ne défendent pas leur entreprise mais suivent leur centrale syndicale, ils suivent maman sous leur dehors de fier à bras ils ont le cœur tendre et obéissent à maman.

Dans ces conditions, ne demandez pas en plus qu’ils aient une vision d’avenir de leur société ni qu’ils participent concrètement au développement de leur entreprise.

Attention ici aussi, j’exagère le profil car bien entendu il existe et j’en connais qui eux voient les choses différemment.

 Ici j’aimerais vous exposer l’analyse de HERBERT SPENCER sur le comportement des hommes

 HERBERT SPENCER écrit que la plupart des hommes sont incapables de saisir plus d’une idée à la fois. Le fait est exact, mais demande d’être expliqué.

 Comme l’animal ne peut vivre qu’en prenant conscience du monde extérieur sur lequel il doit agir, la perception qu’il a des choses est naturellement subordonnée à l’action qu’il peut exercer pour utiliser celles qui lui sont utiles ou éviter celles qu’ils lui seraient nuisibles.

 Le cas de l’homme est sans doute plus complexe, car l’ampleur de sa mémoire et la richesse de son imagination lui permettent de ne pas demeurer emprisonné dans sa perception présente des choses qui l’entourent, mais de s’en évader perpétuellement et parfois même de la tenir pour négligeable. Par-là même, il parvient à s’affranchir jusqu’à un certain point du vouloir vivre dans l’effort qu’il fait pour connaître le monde : il est capable de curiosité désintéressée ; il observe souvent pour connaître et non pour agir.

Mais outre que cette curiosité est fort inégalement répartie parmi les hommes, celui-là même qui la possède au plus haut degré doit, tout au moins dans la vie pratique, s’en tenir aux aspects des choses qui répondent à ses exigences vitales et négliger comme inutile à sa décision et à son action toute autre partie du réel.

 Comme les enfants éprouvent le besoin de mettre en action ce qu’ils se représentent en jouant au soldat ou au voleur, les peuples trouvent du plaisir à mettre en œuvre les sentiments qui les animent. De cette disposition spontanée, on trouve la preuve dans le besoin qu’ils ont des rites et du culte extérieur pour maintenir leurs croyances et entretenir en eux le sentiment religieux. Aucune religion ne pourrait se perpétuer sans cérémonies religieuses.

 Sans doute c’est là une loi qui dépasse la psychologie des masses, puisque l’individu lui-même, agissant comme tel, ne peut se passer de représentations, d’idées, images ou perceptions, pour persévérer dans ses sentiments et dans ses passions. Mais les lois qui gouvernent les masses ne sont jamais en définitive que celles qui gouvernent les individus, à cela près que ceux-ci agissent alors dans des conditions spéciales qui intensifient certaines tendances et en annihilent d’autres.

Le culte répond à un désir de représentation concrète, né d’un besoin d’agir.

 La masse des hommes demande surtout à l’idée de traduire ses sentiments et ses désirs et de lui en représenter la satisfaction comme possible et prochaine. Ce point acquis, elle est fort peu exigeante sur tout le reste, car elle n’a ni réflexion ni sens critique qui puissent entrer en jeu pour la porter à analyser en détail les concepts qu’on lui présente et qu’elle est forcée, par les conditions mêmes de la pensée et de l’action communes, d’accepter ou de rejeter en bloc.

 Cette impuissance des masses à sentir la contradiction dans les idées rend compte de la contradiction qui se manifeste dans leurs actes. C’est ce qu’à très bien fait ressortir Shakespeare lorsqu’il fait dire au peuple applaudissant le meurtre de césar par BRUTUS « Vive BRUTUS ! …Faisons-le CESAR »

 Toute masse d’hommes, en tant que masse, est naturellement disposée à réagir comme l’animal en troupes. Mais les hommes étant doués de réflexion et capables de se communiquer leurs idées par le langage, leur instinct grégaire est de ce fait modifié. La fonction d’imitation ou d’adaptation à l’action du groupe qui s’exerce chez l’animal de manière spontanée tend chez eux à devenir raisonnée et fait souvent même l’objet d’un calcul.

A l’instinct grégaire se substitue l’esprit grégaire, il se manifeste par une tendance spontanée à l’approbation ou par une tendance à l’imitation fondée sur des motifs.

Il suit de là que la tendance à l’imitation est d’autant plus grande que la masse dont on fait partie est plus dense et a moins de relations avec le dehors. La densité accroît normalement la sympathie par la similitude des conditions.

 L’esprit grégaire est pour ces raisons beaucoup plus fort chez les ouvriers ou les petits fonctionnaires que dans les professions libérales, dans les foules que dans les masses, dans les assemblées que dans les bureaux.

 Le plus grand nombre se rallie aux opinions ou aux motions qu’on lui présente, toutes les fois que ses passions ne l’inclinent pas fortement en sens opposé. « La multitude est toujours prête à obéir parce qu’elle sent le besoin qu’elle a d’être dirigée ».

 L’homme aspire naturellement à l’infini, à l’absolu et à l’éternel : or l’exaltation de la passion fait l’objet même de celle-ci un équivalent de l’absolu, de l’infini ou de l’éternel auquel elle aspire. Comme le sentiment de penser, de sentir et d’agir en communion avec une multitude d’autres emporte naturellement l’individu au-delà de lui-même, il est normal que sa participation aux émotions, aux passions et aux réactions des foules le rende capable à l’occasion, d’actes qui revêtent à ses yeux un caractère de sublimité morale.

 Nous constatons donc qu’en fait, les travailleurs de TECHSPACE AERO ne peuvent humainement pas réagir, la seule réaction qu’ils pourraient avoir serait une réaction tout à fait opposée et violente qui ferait appel à des sentiments et des passions plus fortes que leur penchant naturel.

Dans le cas qui nous occupe je ne vois pas ce qui pourrait faire réagir le groupe.

 Souvent lorsque des travailleurs vont manifester quelque part, pour parvenir à les inciter à bouger on fait appel à ces sentiments, il faut qu’ils se sentent unis et pour cela on leur distribue des casquettes et des gilets pour qu’ils s’identifient au groupe pour qu’ils ne soient plus des hommes mais une foule et rares sont ceux qui ne vont pas suivre le groupe.

Il faut aussi le motiver, souvent ils reçoivent une prime et ensuite, parfois on surenchérit avec la bière dans le car qui les emmène.

Cela devient dès lors simplement une manipulation des hommes car si nous prenions chaque personne individuellement et que nous les interrogions sur les raisons profondes de leurs actes rares seraient ceux qui parviendraient à les exprimer.

C’est bien connu que dans un groupe il ne faut qu’un meneur pas un leader juste un meneur et le groupe ou une partie se laisse aller à des actes irréfléchis

 Le problème est que le système mis en place ne fait qu’entretenir des comportements d’un autre âge.

Evidemment les Jean JAURES etc tous les autres ont défendu en place publique l’intérêt des travailleurs face à l’oppression « capitaliste » mais heureusement pour nous, nous n’en sommes plus là le monde change et évolue plus vite que l’homme lui-même. Regardons depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui ce que le monde a changé mais le fonctionnement des institutions l’organisation même de nos sociétés, elle n’évolue pas aussi rapidement.

Nous n’avons plus besoin de personnes qui crient haut et fort « à mort le capitalisme », parce qu’actuellement le tissu industriel a évolué considérablement, le tissu économique est majoritairement composé par des PME.

Mais la législation du travail n’a pas beaucoup évolué pas assez, nous ne devons plus considérer que les travailleurs sont une bande de brebis incultes incapables de raisonner ni de se prendre en main.

Je suis pour que l’on s’adresse au « néo cortex » des travailleurs et pas à leur « cerveau limbique »

 Le syndicat dit qu’il défend l’emploi, or en fait il défend leur emploi et leur incontournabilité en revendiquant n’importe quoi pour démontrer qu’ils sont toujours les défenseurs de causes perdues, de la veuve et de l’orphelin.

 Je pense qu’ils devraient eux aussi mettre de l’ordre dans leur rang et leur comportement choisir des représentants qui vont aider au développement de l’entreprise en favorisant la création de l’emploi.

Le syndicat devrait être avec et non pas contre l’entrepreneur et ensemble trouver des pistes de solutions « sans être perçu comme des vendus à la cause patronale ».

 Ce type de comportement positif existe dans certaines entreprises mais ils sont encore trop peu nombreux pour que cela se ressente.

Dans cette perspective, les syndicats devraient en un premier temps évaluer les compétences des personnes qui se présentent mais aussi leur motivation à vouloir développer en partenariat l’entreprise et ensuite allez aux élections sociales.

Mais peut-être que ce serait à l’encontre des intérêts actuels des dirigeants syndicaux et des partis qu’ils représentent. « Si tu n’es pas contre tu es avec »

Evidemment une remise en question de soi est toujours difficile, se regarder tel qu’on est plus difficile que de s’imaginer tel qu’on se représente.

 

Conclusion

 A tout prendre, idées simples, formules à l’emporte pièce, associations d’idées toutes faites, mots magiques et autres artifices ne sont jamais que des moyens d’orienter les esprits. La force motrice qu’ils tendent à diriger est d’une autre nature, sentimentale.

Car ce n’est pas l’intelligence qui meut l’homme, mais ses passions. Ce sont donc les passions latentes ou déchaînées, conscientes ou sourdes, avouées ou secrètes qu’il faut toucher pour soulever les masses. Tout ce qu’on présente à l’esprit des masses pour les diriger tend à ce but.

Cette tâche est facile quand on s’adresse à des masses incultes, ignorantes et mécontentes de leur sort.

En raison de l’impatience de leurs désirs et de l’ignorance qui les rendent crédules, de telles masses en effet, croient plus aisément à une amélioration de leur sort par un brusque changement que par des séries de réformes étudiées que leur esprit simpliste n’arrive pas à saisir. Elles ont foi dans une intervention de dieu ou du roi, du parlement ou dans leurs meneurs et vivent en quelque manière dans l’attente perpétuelle du miracle.

 Nos dirigeants politiques devraient avoir conscience du mal qu’ils peuvent faire avec ces formules à l’emporte pièce.

A moins qu’il ne soient réellement au courant de comment parvenir à leurs fins en utilisant les connaissances du comportement humain à des fins personnelles, là alors ce type de comportement devrait être sévèrement sanctionné.

Ce sont ces actes qui mènent des pays à la guerre, qui conduisent les hommes à des extrémismes de tout ordre, qui mène des pays au bord de gouffre financier, au séparatisme.

Il est criminel et cela devrait être répréhensible par la justice des hommes la manipulation des masses à des fins de développement politique personnel, l’homme politique devrait être conscient des ces choses et pour certains relire l’histoire de la révolution française au travers des comportements humains.

S’ils se disent homme politique alors le collectif doit primer sur le personnel, leur développement personnel doit être la conséquence du développement collectif et pas leur développement personnel au détriment du collectif.



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Les derniers commentaires

  • Réflexion personnelle et intemporelle à propos du comportement humain en société.

    par Pierre (IP:xxx.x5.212.69) - 4 mars 2010 10:31

    A Dominique Verbinnen. Je n’ai rien à dire mais souhaite vous féliciter pour cet article pertinent, nécessaire et bien écris.

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    • Réflexion personnelle et intemporelle à propos du comportement humain en société.

      par VERBINNEN Dominique (IP:xxx.x44.202.8) - 4 mars 2010 11:45

      Bonjour,



      Merci, je suis heureux que cela vous ai plu.

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