Devenez rédacteur


Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

mardi 29 septembre 2009, par Jean de Jaegher

5 réactions
translate : Nederlands English Deutsch +

 


Le sommet qui vient de se terminer est à bien des égards significatif et intéressant.
Les économies des 20 pays présents représentaient  avec 66.491 milliards de dollars en 2008, 90% du PIB mondial et 64.52% de la population terrestre.
Bien mieux donc que le G8 classique et surtout avec des nouveaux venus qui seront les acteurs du futur: Brésil, Chine, Indes, Mexique, Australie, Corée du Sud,Turquie, Indonésie, Arabie Séoudite, Argentine, Afrique du Sud. Les protagonistes de demain peuvent finalement prendre part au débat et ce résultat qui n'aurait sans doute pas été obtenu si vite sans la crise actuelle, est très important.
Particulièrement en l'absence d'une gouvernance mondiale tant nécessaire en ses temps troublés et où le rôle des Nations Unies est pour le moins faible. Voilà une table de travail qui pourrait fortement aider la gestion de la mondialisation en cours et il faut espérer qu'elle se réunira systématiquement.

Ce qui frappe aussi en tant qu'européen, c'est à la fois l'énorme puissance qui est la nôtre et la faiblesse avec laquelle nous en jouons!
Si nous prenions au hasard des rues de nos 27 pays un certain nombre de citoyens et demandions quelle est la première puissance économique du globe, je doute fort que la réponse serait l'Union Européenne.
Hors, avec 18.394 milliards de dollars de PIB en 2008, l'U.E. a un volume 29% plus élevé que les USA, 312% plus élevé que la Chine, 1070% que le Brésil et 1420% que les Indes.
Nous n'avons, il est vrai, que 7,40% de la population mondiale contre 4,53% des Etats-Unis, 19,64% de la Chine, 17,23% des Indes, 2,83% du Brésil et 2,52% de la Russie.
Je cite en particulier ces quatre derniers pays qui sont connus sous le nom de BRIC et considérés comme le nouveau moteur de développement de l'économie mondiale. Ils constituent 42,2% des êtres vivants et produisent ensemble un PIB de 8,859 milliards de dollars soit seulement 48,16% de celui européen. Bien sûr, leur taux de croissance et leur dynamisme sont formidables par rapport aux nôtres et il ne faudra pas tellement d'années pour qu'ils nous ratrappent mais en attendant, nous sommes encore loin en tête.

Nous avions 5 pays sur les 27 européens présents à la réunion: Allemagne, France, Grande Bretagne, Italie et Espagne. Ils représentent 71% du PIB européen. Pourtant, pris chacun individuellement, ils comptent peu et le risque de cacophonie est toujours latent.
Ne serait-il pas nettement préférable d'avoir une seule et unique voix pour défendre nos intérêts et notre rôle de leader? N'est-il pas évident qu'un vrai Président européen pourrait se présenter avec une autorité totalement différente? Notre influence sur le cours des évènements ne serait-elle pas nettement plus forte?
Mais voilà , à cinquante deux ans de distance du traité de Rome, les politiques en sont encore à chercher de faire ratifier un médiocre traité de Lisbonne qui sur l'essentiel est  loin de constituer une réponse valable aux défis de notre siècle et aux problèmes urgents que la crise nous  appelle à résoudre.
Barroso qui après la présidence sans souffle de Prodi vient d'être réélu sur la conviction qu'il n'empêchera personne de tourner en rond, n'est certainement pas la solution d'une Europe forte sur l'échiquier international.

Peut-être faudrait-il espérer en une non-ratification du traité de Lisbonne qui obligerait tout le monde à se poser vraiment les questions fondamentales, par ailleurs connues de tous, pour que la structure  politique et les pouvoirs de l'Europe soient enfin dignes de sa puissance et de sa leadership.Pourquoi pas une présidence/vice-présidence de l'Europe, alternée et bi-annuelle Merkel/Sarkozy avec l'objectif quatre années plus tard d'élections européennes au suffrage universel?
Durant cette même période, il serait bon de remettre en cause cette fuite en avant  constituée par l'élargissement à 27 pays fait dans la précipitation et qui rend extrêmement  difficile la constitution d'une gestion intégrée et homogène.Pourquoi ne pas créer rapidement un vrai noyau dur sous leadership franco-allemand et associer les autres participants de manière plus souple pour eux et pour l'ensemble des participants?

JdeJ 


translate : Nederlands English Deutsch +

Les derniers commentaires

  • Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

    par Francis (IP:xxx.x91.228.254) - 29 septembre 2009 09:57

    Juste. Ceci prouve que l’Europe n’a pas été créée pour l’Europe mais seulement pour des intérets tout à fait autres, exemple le "Social" n’intéresse pas l’europe car des domaines bien spécifiques acceptent uniquement pour uniquement pour profiter des européens pas par envie d’unité union des Etats.

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  0  non

  • Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

    par Lu7XL (IP:xxx.x7.70.222) - 29 septembre 2009 11:02

    Article qui fait bien réfléchir.
    Merci au rédacteur ! Mais qui est-il ? Quelles sont ses spécialités ?

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  1  non

  • Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

    par Marie Brandeleer (IP:xxx.x46.225.93) - 29 septembre 2009 11:17

    Voilà une réflexion bien documentée comme on aimerait en retrouver souvent sur Medium4you. Je ne partage pourtant pas votre avis quant à une présidence/vice-présidence alternée Merkel-Sarkozy en attendant des élections. Je ne pense pas que ce couple rallie à lui les citoyens. Or ce sont les citoyens qui doivent être convaincus de leur appartenance à une Europe forte. Un noyau dur, ok, mais pour quoi faire ? Avez-vous des idées sur cette question ?

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  1  non

    • Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

      par jean de jaegher (IP:xxx.x5.183.48) - 29 septembre 2009 15:01

      Vous avez raison totalement sur le principe que ce choix appartient aux citoyens.Mais peut-on raisonnablement croire que dans le système partitocratique régnant en Europe, ils auront une chance de l’exprimer ?Il faudrait une élection du Parlement européen avec un vrai suffrage universel, à savoir que moi qui vit en Italie pourrait par exemple me présenter dans tous les pays et non pas être lié à une liste d’un parti local.Il faudrait que toute ratification de traité européen se fasse par le vote du peuple au suffrage universel et non pas par cette aberration que dans beaucoup de pays, ce sont les parlements nationaux qui ratifient : croyez vous qu’ils pensent à vous en ce moment là ou protègent-ils leurs copieux intérêts partisans ?Ma proposition de présidence alternée est surement provocatrice et fort probablement utopique.Mais les deux leaders les plus forts respectés ou mieux, craints par leurs pairs, pourraient sans doute pour une période courte et avec des objectifs déterminés consentir d’atteindre un consensus sur les modifications fondamentales requises par l’Europe pour sa gouvernance et son appareil de gestion et nécessaires pour survivre dignement à la place qui nous revient.Sans cela, pleurons ensemble sur notre décadence en cours et vive dans quinze ans les chinois, indiens et autres brésiliens qui nous auront rachetés et colonisés !

      Répondre à ce message  Signaler un abus

      commentaire constructif  ?  oui  3  non

  • Réflexions sur le G20 de Pittsburgh.

    par France (IP:xxx.x48.245.152) - 30 septembre 2009 19:37

    Un vrai président européen ? Pourquoi pas vous ?



    Article clair, net et concis. Merci

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  0  non

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Jean de Jaegher :


Berlusconi, la presse, la rumeur et ... les résultats.

Alitalia : dérive emblématique !

Domination de l’Union Européenne aux J.O. !

 

D'autres articles:

Nicolas Sarkozy

Euro : Sarkozy se « mélenchonise » dans la dernière ligne droite (Jean Quatremer)

Sarko’s circus (Alain Berenboom)

Politique : Sarkozy recolonise l’Afrique, Merkel recolonise la France (Aimé Mathurin Moussy)


Angela Merkel

Nos élus font ils fausse route ? (Jamy)

Angela Merkel veut mener l’euro à coup de stricte (Jean Quatremer)

"Sauver l’euro, la nouvelle raison d’Etat allemande" (Jean Quatremer)


Mondialisation

Mundial de foot. Ouf ! La candidature de la Belgique et des Pays-Bas n’a pas été retenue. Celle de l’Europe non plus... (Jacques LITWAK, Entrepreneur - Essayiste)

Lettre aux Français (Jamy)

Les Aspects Mondiaux de la Crise Financière. (Paul N. Goldschmidt)


G 20

G20 et monnaies aujourd’hui (Argoul)

Communiqué décevant du G20 (Ministres des Finances) sur les Turbulences du Marché des Changes (Paul N. Goldschmidt)

Qu’est-ce que l’Occident ? (Frederik Dhondt)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous