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Reynders le peut, s’il le veut

mardi 8 février 2011, par Charles Bricman


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Cinq minutes. J’ai résisté cinq minutes, ce midi, à Mise au point, sur la RTBF. Puis j’ai éteint la télé et repris, comme le recommandaient les Guignols de l’Info,  une activité normale. Ce n’est pas la formule qui est mauvaise, ni les animateurs, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne, les pauvres. C’est le casting. Quel intérêt peut-on encore trouver à ces psychodrames répétitifs sans dénouement entre clowns tristes et solennels?

Antipolitisme? Que nenni. Ce n’est pas de la politique, ça. C’est du mauvais théâtre amateur, au fin fond de la plus reculée des provinces, assoupie au milieu de nulle part. Parlons-en donc encore un peu, de vraie politique, puisqu’il reste une chance, toute petite, toute ténue, qu’on en refasse. Ah? Oui. Ça dépend de Didier Reynders. Et on saura vite ce qu’il en est du minuscule espoir qui clignote encore faiblement au fond du tunnel, dans la nuit d’encre des illusions déçues.

Je ne suis pas un inconditionnel de Reynders, vous le savez et lui aussi: dans un mouvement d’humeur sans doute – un jour que je lui avais taillé un costard? -, il m’a banni du nombre de ses followers, sur Twitter. Puni! Je ne lui en tiens pas rigueur, ça m’arrive aussi de couper la communication avec les emmerdeurs. Avec Jean Gol aussi, son « père spirituel », j’avais des relations parfois orageuses. Passons, ce n’est pas le sujet.

J’espère donc encore, parce que je l’en sais capable, que d’ici le 16 février, Didier Reynders fera « quelque chose » pour secouer la particratie finissante qui a conduit la Belgique au Chaos.

Quelque chose, mais quoi?

Un coup d’audace. Un projet qu’il lui reste quelques jours pour préparer en prenant le pouls des deux vrais vainqueurs des élections de juin 2010, De Wever et Di Rupo. En juin, je me demandais à propos de ces deux-là s’ils auraient la carrure nécessaire pour le job. On sait maintenant qu’ils ne l’avaient pas. Ni l’un, ni l’autre. Un bon coach peut les aider à se la faire.

Quel intérêt pour Reynders, me direz-vous? Eh bien, ça dépend. S’il voit ça en président du MR ou en vice-premier ministre libéral et démissionnaire de Leterme II, ça ne marchera évidemment pas. Mais justement. Le 14, il ne sera plus président du MR. Il sera libre de toute attache, Didier Reynders, il ne devra plus de comptes qu’à lui-même et à sa conscience. Il peut aller librement au rendez-vous qu’il a avec l’histoire politique de son pays qui, incidemment, est aussi le nôtre. A lui de choisir s’il s’y rendra. Ou pas.

Pour faire quoi? Vous savez tous ici ce que j’en pense, je l’ai exprimé à plusieurs reprises et je ne me répéterai pas. Ce que j’en pense n’a d’ailleurs pas d’importance. Laissez moi seulement encore croire et espérer, indécrottable optimiste que je suis. Jusqu’au 16 février. Pas plus. On en reparlera alors.



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