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Comme nombres d’entre vous, très souvent je regarde notre Monde à travers les nombreuses fenêtres que les technologies, les médias et la culture nous offrent. De ses misères à ses fortunes, il nous interpelle, nous déçoit souvent et nous émerveille encore.
Comme vous, j’en cherche les clefs de voûte, les failles «historiques », les solutions et les acteurs de ces dernières. Une personne m’a dit son attachement profond à la valeur des utopies. Je propose d’en partager une avec vous…
Quelques soient les nuances de chacun, au global, l’économie de marché nous semble acquise. Aucun autre système idéologique n’a construit de structure économique viable à long terme pour les sociétés qu’il dirigeait ou organisait.
L’économie de marché, directement issue des tendances naturelles de l’Histoire, anime aujourd’hui ce que nos médias et penseurs ont baptisé la Mondialisation. Satan des uns, Veau d’Or des autres, elle se montre en tout cas incapable aujourd’hui de répondre aux attentes légitimes de l’Humanité, en termes de survie et de bonheur.
Mais qu’est ce qui a conduit l’économie de marché à « rater » la plupart de ses virages ? Voici pour moi l’un des coupables … la « Société Anonyme ».
Celle-ci est à mes yeux, l’outil technique qui a déshumanisé complètement l’économie. En effet, qu’une entreprise, un projet ou une action collective ait besoin d’un cadre technique, légal pour s’articuler et s’animer, ne me pose aucun problème. La notion de capital et d’actionnaires non plus. Nombres de raisons me font adhérer au système de la « personne morale », peu me font hésiter. À chacun son analyse.
Par contre, je pense que l’anonymat des actionnaires est néfaste, même nuisible, voire toxique à toute l’efficience de l’économie de marché. À l’heure ou certains s’interrogent sur les possibilités de moraliser l’économie, je dis qu’il faudrait d’abord la personnifier.
De tous les produits financiers complexes, aux marchés boursiers spéculatifs, en passant par les sociétés des secteurs secondaires et tertiaires, l’anonymat du capital est la porte ouverte à tous les excès et dérives, et un rempart à n’importe quelle tentative de réglementation quelle qu’elle soit.
Au même titre que la « particratie » en politique, la « société Anonyme » contribue à la dissimulation et à la dissolution de la responsabilité. Elle est donc contraire à la Morale. Donc contraire à l’Humanisme.
Les droits fondamentaux, le droit commercial, le droit des sociétés ainsi que le droit social auraient tout intérêt à ce que disparaisse l’anonymat des actionnariats, et que soit alors permis ainsi l’émergence possible du sens des responsabilités individuelles ou collectives, de l’ensemble des acteurs de l’économie de marché.
Que vous soyez partisan d’une économie ultra-capitalistique ou de modèles plus altruiste, il y a là un terrain d’entente possible, un réel terrain de travail pour une solution capable de répondre aux dérives la mondialisation. Je veux juste vous inviter à y réfléchir.
« Il ne faut pas tenter de couler le Capital, il est insubmersible ; il faut l’arraisonner ! »
Gilbert Cesbron.
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