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"S.A." My name is nobody ...

lundi 15 mars 2010, par Michel Longueville

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Comme nombres d’entre vous, très souvent je regarde notre Monde à travers les nombreuses fenêtres que les technologies, les médias et la culture nous offrent. De ses misères à ses fortunes, il nous interpelle, nous déçoit souvent et nous émerveille encore.
Comme vous, j’en cherche les clefs de voûte, les failles «historiques », les solutions et les acteurs de ces dernières. Une personne m’a dit son attachement profond à la valeur des utopies. Je propose d’en partager une avec vous…
 
Quelques soient les nuances de chacun, au global, l’économie de marché nous semble acquise. Aucun autre système idéologique n’a construit de structure économique viable à long terme pour les sociétés qu’il dirigeait ou organisait.  
L’économie de marché, directement issue des tendances naturelles de l’Histoire, anime aujourd’hui ce que nos médias et penseurs ont baptisé la Mondialisation. Satan des uns, Veau d’Or des autres, elle se montre en tout cas incapable aujourd’hui de répondre aux attentes légitimes de l’Humanité, en termes de survie et de bonheur.
Mais qu’est ce qui a conduit l’économie de marché à « rater » la plupart de ses virages ? Voici pour moi l’un des coupables … la « Société Anonyme ».
 
Celle-ci est à mes yeux, l’outil technique qui a déshumanisé complètement l’économie. En effet, qu’une entreprise, un projet ou une action collective ait besoin d’un cadre technique, légal pour s’articuler et s’animer, ne me pose aucun problème. La notion de capital et d’actionnaires non plus. Nombres de raisons me font adhérer au système de la « personne morale », peu me font hésiter. À chacun son analyse.
 
Par contre, je pense que l’anonymat des actionnaires est néfaste, même nuisible, voire toxique à toute l’efficience de l’économie de marché. À l’heure ou certains s’interrogent sur les possibilités de moraliser l’économie, je dis qu’il faudrait d’abord la personnifier.
De tous les produits financiers complexes, aux marchés boursiers spéculatifs, en passant par les sociétés des secteurs secondaires et tertiaires, l’anonymat du capital est la porte ouverte à tous les excès et dérives, et un rempart à n’importe quelle tentative de réglementation quelle qu’elle soit.
Au même titre que la « particratie » en politique, la « société Anonyme » contribue à la dissimulation et à la dissolution de la responsabilité. Elle est donc contraire à la Morale. Donc contraire à l’Humanisme.
 
Les droits fondamentaux, le droit commercial, le droit des sociétés ainsi que le droit social auraient tout intérêt à ce que disparaisse l’anonymat des actionnariats, et que soit alors permis ainsi l’émergence possible du sens des responsabilités individuelles ou collectives, de l’ensemble des acteurs de l’économie de marché.
 
Que vous soyez partisan d’une économie ultra-capitalistique ou de modèles plus altruiste, il y a là un terrain d’entente possible, un réel terrain de travail pour une solution capable de répondre aux dérives la mondialisation. Je veux juste vous inviter à y réfléchir.
 
« Il ne faut pas tenter de couler le Capital, il est insubmersible ; il faut l’arraisonner ! »
Gilbert Cesbron.


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Les derniers commentaires

  • "S.A." My name is nobody ...

    par delsemme david (IP:xxx.x5.216.161) - 15 mars 2010 10:30

    ce message devrait etre deposé sur toutes les tables des partis politiques car en continuant dans cette direction ces hommes de lois vont et sont entrains de couler notre navire economique.En 40 ans nous avons perdu tout le bénéfice de ce qui était notre force dans le passé.l avenir ne devrait pas seulement faire peur a ceux qui y pensent.

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  • "S.A." My name is nobody ...

    par Ploutopia (IP:xxx.x11.234.205) - 15 mars 2010 14:58

    Encore faut-il qu’il existe une réelle VOLONTE politique, individuelle et collective. "Société anonyme", "paradis fiscaux", "paradis sociaux ou environnementaux", "trafics imoraux", "comptabilité falsifiée", "artifices financiers", etc. font partie intrinsèque du système. Plus moyen de s’en passer sans provoquer de sérieux dégâts. A force d’individualisme exacerbé, le système s’est rendu structurellement indispensable. La remise en cause de cette structure ne se fera que quand les souffrances des uns, de plus en plus nombreux, supplanteront les intérêts des autres, des moins en moins nombreux. http://ploutopia.over-blog.com/arti...

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  • "S.A." My name is nobody ...

    par Jacques LITWAK, Entrepreneur - Essayiste (IP:xxx.x4.72.40) - 16 mars 2010 12:09

    Bj,



    Quelques questions/remarques :



    1. A titre d’exemple, en France les sociétés anonymes n’en portent que le nom (les actions sont nominatives). Cela se passe-t-il selon votre souhait ?



    2. Dès lors que chez nous les sociétés anonymes ne le seraient plus, que fait-on des investisseurs étrangers qui se présentent au travers d’une société dont les actionnaires sont eux-mêmes anonymes ?



    3. Variante : Supposons que l’anonymat des SA sont proscrit. Que se passe-t-il pour une SPRL (société privée à responsabilité limitée) ou une SCA (société en commandite par actions) ou une SC (société coopérative) dont un ou plusieurs actionnaires serai(en)t un société étrangère dont les actionnaires seraient anonymes ?



    4. Dans les dispositions relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent (provenant par exemple du commerce de la drogue ou des armes), les banquiers sont obligés de demander le nom des bénéficiaires économiques ultimes des sociétés (anonymes ou non d’ailleurs). Ils doivent en outre signaler à une cellule ad hoc toutes les transactions suspectes.
    N’est-ce pas suffisant ?



    5. Pensez-vous sincèrement que les structures soient une réponse efficace ET permanente aux problèmes nés du "vivre ensemble" et renouvelés à chaque "3 générations" soit le temps de perdre la mémoire des faits majeurs vécus par une personne et faits transmis verbalement à ses enfants et petits enfants ?

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