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Saga Belgica : le vaudeville n’attend plus que les acteursjeudi 11 septembre 2008, par François Collette 5 réactions
Pour mémoire, la Saga Belgica est à la fois un feuilleton politique qui n’en finit pas et un pitoyable vaudeville qui met en jeu l’avenir de l’Etat belge. Deux groupes d’acteurs se partagent la scène : les riches Nordistes néerlandophones aux velléités confédéralistes et les indigents Sudistes francophones qui ne jurent que par l’Etat fédéral, leur mère nourricière. La Saga a commencé lors de la campagne pour les élections législatives du 10 juin 2007, il y a exactement 15 mois. Si vous me lisez régulièrement, vous en connaissez les grandes lignes et les enjeux. Je n’y reviendrai donc pas. Les autres, prenez la peine de lire les épisodes précédents. Après une longue trêve estivale bien méritée, voici les acteurs tout requinqués, une nouvelle fois prêts à en découdre. Mais personne n’est dupe : ce n’est pas encore la lutte finale, ce n’est qu’un nouveau round, un ultime tour de chauffe avant les élections régionales de juin 2009. Là, ce sera une autre affaire. Mais il faut bien garder son électorat en haleine, le rassurer et le conditionner, le transcender. Souvenez-vous, en juillet, la cocotte minute communautaire était au bord de l’explosion. La fatigue nerveuse a eu raison des combattants qui en étaient arrivés à ne plus pouvoir se supporter. Stop, on arrête, on se calme. Et on réfléchit dans le calme. But non avoué : comment faire pour clouer l’adversaire (version nordiste) et comment faire pour ne pas se faire entuber (version sudiste) tout en ne portant pas le chapeau de l’échec ou du diktat. Nouvelle saison oblige, un nouveau scénario a été écrit. Une stratégie en trompe-l’œil où « l’apaisement » et « l’esprit de dialogue » font figure de personnages centraux. Stratégie pure et non pas raison d’Etat ou sens des responsabilités comme l’affirment spécieusement les parties. Les Flamands, eux qui exigeaient un dialogue de communauté à communauté en excluant de facto (contre l’avis des Sudistes) la Région de Bruxelles-Capitale qu’ils ne reconnaissent pas vraiment, ont déposé leurs flingues au vestiaire et accepté de recevoir à leur table des représentants de ladite Région. Sachant que rien ne serait acquis avant juin 2009, ils ont aussi accepté de ne plus imposer de date butoir pour conclure la grande réforme de l’Etat à laquelle ils aspirent ni la réalisation immédiate de leur fantasme, la scission de “BHV”, l’arrondissemenr éléctoral le plus célèbre au monde. Réalisme de haut vol. Les francophones (Wallons et Bruxellois) ont laissé leurs complexes au vestiaire et, dans un front commun de pure forme, ont enfin accepté le principe d’une grande réforme de l’Etat mais sans date butoir ni prérequis imbuvables pour leurs adversaires alors qu’ils revendiquent haut et fort un élargissement de Bruxelles aux six communes « à facilités » ainsi que la nomination par l’administration flamande des trois maires francophones élus en ... juin 2006. Il y a toutefois un hic de taille, symptomatique de l’option d’approche du problème : les Flamands, en parfaite unité, seront représentés par leur gouvernement dont le Ministre-Président Kris Peeters est devenu l’homme fort du CD&V/N-VA et de la Flandre toute entière. Les francophones, eux, seront représentés par des émissaires des quatre partis démocratiques de la majorité et de l’opposition régionale aux objectifs électoraux forcément divergents sinon antagonistes. Tout
cela n’est donc que de la poudre aux yeux. Je ne parle même pas des
trois tontons médiateurs royaux qui consultent à tout va pour tenter de
donner l’illusion au bon roi
Le décor et le scénario sont en place. On n’attend plus que le casting et les trois coups. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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