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Suggestion à mes amis « païens » : Construisons nos maisons sur le roc !lundi 14 décembre 2009, par Pascal de Roubaix 1 réactionA l’heure où certains trouvent intéressant de s’en prendre à Saint Nicolas ou aux croix dans les cimetères, il me semble bon de m’adresser à mes amis agnostiques.
Etant jeune à l’époque des dernières majorités absolues sociales chrétiennes, je chantais « à bas la calotte » sans trop savoir ce que je disais, mais au plus grand bonheur de mon père qui, bien que bon catholique, ne supportait pas le poids politique de l’Eglise à la sauce « Van Roey ». ( Pour les plus jeunes : le cardinal Van Roey fut le dernier « patron » en Belgique d’une Eglise qui intervenait systématiquement dans le processus politique. Il régna de 1927 à 1961 et ses choix furent déterminants dans la chute du rexisme, dans la question royale, la guerre scolaire, la mutation du parti catholique en PSC, les 1ères questions linguistiques et la décolonisation. Ceci pour vous dire que la séparation de l’Eglise et de l’Etat fait partie intégrante de mon éducation et sans doute de ma vocation politique. Maintenant que j’ai plus que probablement dépassé les deux tiers de mon existence ici bas, la réflexion sur le sens des choses a pris le pas dans mon esprit sur les ambitions de la jeunesse. Du coup je me pose la question du règne de Dieu en démocratie. L’Evangile nous dit de construire notre maison sur le roc. Construire sa maison sur le roc, c’est observer la loi divine qui se résume à l’amour du prochain. Celui qui ne construit pas sa vie sur l’amour du prochain, verra sa vie s’écrouler à la moindre bourrasque. Le conseil de l’Evangile porte donc essentiellement sur la qualité de notre relation à l’autre. Si je puis me permettre : je trouve ce conseil digne du plus grand intérêt même pour des non-croyants. Qui oserait nier que l’individu ne peut vivre sans dimension sociale, et que la société n’a pas d’autre sens que celui de l’égale dignité de chacun des individus qui la composent ? Le matérialisme relativiste et hédoniste qui s’est imposé de nos jours n’est-il pas totalement incompatible avec cette réalité ? L’homme est appelé à vivre, c’est-à-dire à s’épanouir, mais pour s’épanouir, il doit se donner et pour se donner, il doit s’épanouir.
C’est cette tension entre l’individu et l’humanité qui, je crois, nous donne à chacun notre dimension de personne humaine. C’est en acceptant, même sans le savoir, de dépasser son individualité en la mettant au profit de l’autre, que l’Homme individu accède, malgré toute sa faiblesse, à sa dignité de personne. C’est cette dignité poussée à sa perfection qui verra le règne de Dieu. Bien, mais alors comment ces constatations sont-elles compatibles avec une société de liberté et un système purement laïque ? Comment faire pour accéder au règne de Dieu tout en évitant le piège de la théocratie ? C’est assez simple dans le principe, comme l’a dit dans son langage pour le moins révolutionnaire, un certain Jésus de Nazareth il y a près de 2.000 ans : « en rendant à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Comme je l’ai déjà écrit précédemment : s’il y a une attitude qui a l’art de m’énerver c’est bien celle qui consiste à vouloir cantonner les questions de foi, et donc de religion, à la vie privée. « Ce sont vos croyances et elles ne nous dérangent pas, pourvu que vous les gardiez pour vous dans votre vie privée », nous disent, avec une sorte de condescendance simpliste particulièrement irritante, les laïcistes de tout poil. Ces gens-là rendent bien à César ce qui est à lui, mais ils refusent d’envisager même la possibilité de rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Comme nous l’avons dit plus haut, ce qui est de Dieu c’est la qualité, le contenu de notre relation aux autres, c’est-à-dire l’Amour. Les lois des hommes ont à régler la mécanique matérielle des rapports entre les hommes, alors que ce sont les dimensions qualitatives du contenu de ces rapports qui sont imprégnées de l’Amour de Dieu et qui doivent préparer Son règne. Il n’y a aucune incompatibilité entre les deux, bien au contraire. J’entends d’ailleurs déjà des agnostiques farouches me rétorquer : « Non mais qu’est-ce que vous croyez, que vous avez le monopole de l’amour ? Nous aussi nous avons du cœur et nous aimons l’humanité ! » Et je leur réponds que je n’en ai jamais douté. Si nous sommes d’accord là-dessus, sans doute serons-nous d’accord pour préférer la fidélité à la trahison, l’amour à la haine ou à l’indifférence, l’espoir au désespoir, la vérité au mensonge, la force d’âme à la faiblesse, la tempérance à la débauche, la modestie à la prétention, la justice à l’injustice, la pudeur à la pornographie, le courage à la lâcheté, la générosité à l’égoïsme, le respect au mépris, bref…le bien au mal.
S’ils approuvent ces choix, alors sans doute reconnaissent-ils qu’il existe au-dessus de nos lois humaines des principes, des valeurs comme toutes celles que je viens de citer, qui sont universelles et qui ne dépendent ni des choix politiques, ni des idéologies, ni même des religions. Ces valeurs qui culminent toutes dans l’amour du prochain, pourquoi ne pas les adopter tous ensemble ? Qu’ils le fassent par humanisme, et nous au nom de Dieu qui nous promet Son règne, ça ne devrait déranger personne. L’important est que nous arrivions ensemble au « Bonum commune » en construisant nos maisons sur ce roc-là. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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