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Voir en ligne : http://grand-barnum.blogspot.com/20... Dany Cohn-Bendit-Investiture de la Commission Barroso II La Commission Barroso II a bien reçu le feu vert des eurodéputés. 488 voix pour, 137 contre et 72 abstentions ont scellé le débat.
Correspondante à Strasbourg
On s’attendait à la chronique d’une élection annoncée, on y a eu droit. Mais l’ambiance ne fut pas que ronronnante ce mardi matin dans l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg. Si la commission Barroso II a bien reçu le feu vert des eurodéputés par 488 voix pour, 137 contre et 72 abstentions - un vote massif, plus confortable que celui qui avait marqué l’entrée en fonction de l’équipe Barroso I, il y a cinq ans - les débats ne manquèrent pas de piquant. Tout débuta cependant de fort urbaine manière avec un José Manuel Barroso expliquant aux parlementaires que son équipe était à même de relever les défis économiques, sociaux ou climatiques qui l’attendaient et un Joseph Daul, président du Parti populaire européen (conservateurs), réitérant sa confiance en une Commission nouvelle largement composée de membres de sa famille politique. Rien que du très attendu qui se pimenta avec l’intervention de Martin Schutz, président du groupe socialiste. En forme, celui-ci compara les vingt-sept commissaires bien rangés devant leur président lui-même flanqué d’une studieuse Catherine Ashton, future haute représentante de l’Union européenne, à l’ordre des Trappistes. "On dirait l’abbé José Manuel et ses novices" , ironisa Martin Schulz en se référant à la recommandation lancée par Barroso aux membres de son équipe avant leur audition respective par le Parlement européen et résumée en ces termes par le socialiste : "Ne dites rien plutôt que de dire des bêtises."
"La Commission sera forte si elle est collégiale. Nous avons besoin de synergie" , a-t-il alors lancé en avertissement avant d’annoncer un vote favorable de son groupe. Même souhait et même annonce de la part de l’orateur suivant Guy Verhofstadt, président des libéraux. Mais l’affaire se corsa avec l’intervention de Daniel Cohn-Bendit, bouillonnant président du groupe des Verts connu pour réveiller l’hémicycle plus souvent qu’à son tour, qui osa une interjection jamais encore lancée dans ce lieu solennel. Dénonçant "une coalition des hypocrites avant la Saint-Valentin" sur l’air de "Je t’aime moi non plus, on ne te croit pas mais on va voter pour toi quand même" , l’homme suscita une vive réaction du côté socialiste qui valut à Schulz un cinglant "Ta gueule, Martin !" Martin ne s’y attendait pas à celle-là, mais prit le parti d’en rire cependant que le président du Parlement européen, Jerzy Buzek ne réagissait par aucun rappel à l’ordre. La traduction polonaise avait sans doute zappé cette apostrophe peu protocolaire.
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