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Tobback a dit la vérité

lundi 21 juin 2010, par Charles Bricman


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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/06/20/to...


Aujourd’hui retraité, Louis Tobback n’a aucune raison de s’embarrasser d’une langue de bois qu’il n’a d’ailleurs jamais beaucoup pratiquée. Il est plutôt « nature », Louis. Brutal même. Avoir à l’affronter dans un hémicycle ou sur un plateau de télé, que ce soit comme adversaire ou comme journaliste, n’a jamais été un cadeau. Pour ce qui est de la télé, j’en conserve moi-même quelques souvenirs…

Il a donc dit la vérité comme il la voit, dimanche à Mise au Point. Et je vois la même.

 

En premier lieu, il n’y a rien d’autre à espérer qu’un accord entre De Wever et Di Rupo, dans les jours qui viennent. En dehors de cela, personne ne peut voir d’issue à la crise politique. Et, deuxio, si cet accord se fait, il devra être accepté par ceux qui seront appelés à rejoindre cet axe de la chance ultime. Ils pourront y apporter quelques nuances, l’une ou l’autre précision et des virgules, pour ne pas perdre complètement la face. Mais pas plus. Les lignes de force seront à prendre, ou à laisser.

Cruel comme en ses plus beaux jours, Tobback enfonce le clou. Si les francophones avaient compris la nécessité d’une réforme substantielle de l’Etat il y a trois ans, s’ils avaient tenu à l’époque le langage qu’ils pratiquent aujourd’hui, ils auraient pu la faire, cette réforme, dans un cadre plus sécurisant, entre « traditionnels », avec la N-VA dans l’orchestre, pas au pupitre.

Gentille infirmière, Laurette Onkelinx apporte un peu de vaseline et assure qu’il y aura bien une négociation entre égaux mais Didier Reynders, seul président de parti sur le plateau, reconnaît sportivement que, vainqueurs incontestables de la bataille du 13 juin, la N-VA et le PS sont désormais à la manœuvre.

Seul, le pauvre Wathelet Jr s’essaie à une apologie très peu convaincante – était-elle vraiment convaincue? – de la ligne de son parti et de sa présidente dans les discussions orageuses et inutiles de la précédente législature. Les autres le laissent dire, sans prendre la peine de répondre, un tantinet goguenards…Qu’ils n’insistent pas trop cependant. Ils ont, eux aussi, poursuivi ce mirage, cette illusion de n’être « demandeurs de rien ».

On en est là. La Belgique de 1830 est morte. Son agonie a débuté en février 1970, quand Gaston Eyskens, premier ministre, constatait à la tribune de la Chambre que « l’Etat unitaire (…) est dépassé par les faits« . On a consacré les quarante années qui suivent à tenter de transformer la carpe en lapin. L’Etat unitaire en Etat fédéral.

C’est un échec.

Il reste à vérifier qu’on ne s’est pas trompé dans le modus operandi. Dans la méthode. On a procédé jusqu’ici par dissociation: on a progressivement vidé l’Etat de ses moyens et de ses compétences comme une vieille baignoire dont l’eau tiédie a été transvasée dans différents baquets, plus petits.

On pourrait maintenant tenter la procédure inverse. Imaginer qu’on est en présence de quatre bassines bien remplies et vérifier s’il ne serait pas opportun de mettre en commun une partie de leurs contenus respectifs dans une baignoire neuve, à entretenir en commun.

Il ne partage évidemment pas avec moi ses secrets, mais à la place de Bart De Wever, c’est la proposition que je formulerais. Mettre enfin en œuvre l’article 35 de la Constitution pour définir les compétences de l’Etat fédéral, ou de la confédération d’Etats. Ce serait un parti audacieux, pour sûr. Mais c’est le slogan sur lequel il s’est fait élire, non? Durven veranderen. Oser le changement. Maintenant. Ou jamais.




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