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Tony Blair, président du Conseil européen, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l’Union ?

mercredi 30 septembre 2009, par Jean Quatremer

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« Personne n’a osé s’opposer à Barroso. Qui osera dire non à Tony Blair ? »
Pour ce diplomate français de haut rang, l’affaire est entendue : l’ancien Premier ministre britannique sera bien le premier président du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, une fonction créée par le traité de Lisbonne que toutes les capitales européennes espèrent voir entrer en vigueur d’ici à la fin de l’année.

  

La guerre en Irak, qui est une tâche sanglante sur son CV, ne sera en aucun cas un empêchement dirimant : « seule l’opinion publique est encore sensible à cette question, pas ses électeurs qui sont les 27 chefs d’État et de gouvernement », poursuit ce diplomate. « Le seul qui pourrait s’y opposer, c’est José Luis Zapatero », le premier ministre espagnol. Mais on le voit mal prendre la tête d’une croisade contre un ancien premier socialiste alors qu’il vient de soutenir la réélection à la tête de la Commission d’un ancien premier ministre conservateur tout aussi favorable à la guerre en Irak, José Manuel Durao Barroso… Et comme on le note à Paris, « ce qui a bénéficié à Barroso bénéficiera à Blair » : de fait, aucun politique n’a fait connaître son intérêt pour ce poste, « ce qui montre soit la médiocrité de la classe politique européenne, soit le désintérêt croissant que suscitent ces postes », ironise un observateur bruxellois.

Un autre fauteuil à pourvoir dans les prochaines semaines, toujours si les Irlandais votent

positivement vendredi, sera celui de ministre des Affaires étrangères de l’Union, un poste important puisqu’il sera en même temps vice-président de la Commission et président du conseil des ministres des Affaires étrangères (1) (photo: Thierry Monasse). Après la raclée subie dimanche par le SPD, le candidat socialiste à la Chancellerie et ministre allemand des affaires étrangères sortant, a fait savoir qu’il était officiellement « disponible ». Si la chancelière le soutient, ce qui n’est pas impossible, il sera là aussi difficile de s’opposer à cette candidature, l’Allemagne, en dehors du Parlement européen, n’ayant guère occupé de postes « visibles » depuis longtemps.

  

Le problème est que cela fera deux socialistes à des postes dirigeants contre un seul conservateur (Barroso). La droite, qui domine l’Union européenne de la tête et des épaules, sera-t-elle prête à faire un tel cadeau à la gauche en pratiquant une sorte « d’ouverture » à l’échelle européenne ? Un élément de l’équation est que les conservateurs manquent de candidats crédibles sur le marché, puisqu’ils sont au pouvoir dans presque tous les pays de l’Union. La seule candidature un peu sérieuse, celle du ministre des affaires étrangères suédois, Carl Bildt, est jugée irrecevable par de nombreuses capitales, dont Paris : « on ne va pas nommer un homme qui est déjà fâché avec une bonne partie de ses futurs interlocuteurs », juge un diplomate européen. Blair et Steinmeier ont aussi l’inconvénient de donner une position centrale à deux grands pays au sein du Conseil européen et du conseil des ministres. Mais on peut considérer que les « petits » pays sont déjà bien servis avec Barroso qui va accomplir un second quinquennat à la présidence de la Commission (on peut aussi ajouter le Danois Anders Fogh Rasmussen, nouveau secrétaire général de l’OTAN).

 
Au final, les Français, déjà en sérieuse perte de vitesse dans les postes à responsabilité au sein institutions communautaires, risquent d’être les dindons de la farce : ils vont même perdre le secrétariat général du Conseil des ministres tenus d’une main de fer depuis dix ans par Pierre de Boissieu. Paris, va se mordre les doigts de ne pas avoir tenté de s’emparer de la présidence de la Commission, en présentant officiellement la candidature de François Fillon ou d’Alain Juppé en profitant du peu d’enthousiasme que suscitait la candidature de Barroso. Tous ses espoirs reposent désormais sur l’attribution du portefeuille du marché intérieur à Michel Barnier, le futur commissaire français.
 
   
 
(1) La terminologie du traité de Lisbonne est : Haut représentant de l’Union pour la politique étrangère et la politique de sécurité, ce qui est très pratique... C’est la Grande-Bretagne, après l’échec de la Constitution européenne, qui a obtenu que les mots de « ministre des Affaires étrangères », trop fédéralistes à son goût, disparaissent du nouveau texte. Je refuse cette « novlangue » et donc je nommerai le Haut représentant de son vrai nom, celui de sa fonction : ministre des Affaires étrangères de l’Union. Si tous mes confrères font de même, l’usage peut vaincre la loi…


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Les derniers commentaires

  • Tony Blair, président du Conseil européen, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l’Union ?

    par Aristote (IP:xxx.x5.104.113) - 30 septembre 2009 13:56

    Cher Monsieur,



    A vous lire, c’est déprimant..... La politique, une question de stratégie ? J’en doute .... plutôt une question de mise en place de personnes hautement influentes qui cherchent en vain, un job -une sorte de reconnaissance pour leurs bons et loyaux services donnés à leur mère patrie. Mais où est l’intérêt de la L’Union Européenne de placer des politiciens qui vont faire obstacle.
    L’Union doit être forte et compétente. Elle n’arrivera jamais ainsi ..... C’est désolant.
    Aristote.
    http://vivredemanierequalitative.bl...

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  • Tony Blair, président du Conseil européen, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l’Union ?

    par Melanchthon (IP:xxx.x94.40.66) - 11 octobre 2009 17:11

    La nomination de Tony Blair à un poste de cette importance porterait un coup très grave au projet européen et à l’image de l’Union Européenne auprès de ses citoyens comme auprès des peuples d’autres pays. Le soutien qu’il a apporté à l’administration Bush pour l’invasion illégale de l’Irak et l’usage systématique du mensonge pour justifier cette entreprise, son opposition opiniâtre à une plus grande intégration européenne et à toutes les avancées sociales dans l’Union, notamment son combat contre la Charte des Droits Fondamentaux, le disqualifient pour un poste où il serait chargé de définir l’agenda du Conseil et de représenter l’Union Européenne.
    La pétition "StopBlair !", que l’équipe d’European Tribune (www.eurotrib.com) avait lancée en 2008, connaît ces dernières semaines un regain d’intérêt : Plus de 36000 personnes l’ont déjà signée, dont plusieurs milliers ces derniers jours.
    Vous pourrez trouver le texte intégral de la pétition (en 26 langues) et la signer à cette adresse :
    http://stopblair.eu/indexfr.html

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  • Tony Blair, président du Conseil européen, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l’Union ?

    par Aristote (IP:xxx.x42.231.175) - 12 octobre 2009 11:24

    GRAND MERCI POUR LES INFOS - UNE SIGNATURE EN PLUS - LES ARGUMENTS SONT CONVAINQUANTS.



    ARISTOTE
    htt ://vivredemanierequalitative.blo...

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