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Voir en ligne : http://bruxelles.blogs.liberation.f... Décidément, la sécurité des institutions européennes est un rêve de terroriste amateur. Jeudi soir, les militants de Greenpeace ont fait la démonstration qu’une équipe décidée pouvait s’introduire sans grande difficulté dans la Cour d’honneur du « Justus Lipsius » : coup de chance, il s’agissait seulement de manifester en faveur de la lutte contre le changement climatique.
« Nous avons loué trois limousines, des Mercedes, nous les avons équipés de gyrophares et de drapeaux européens et nos dix militants avaient tous des costumes et des imitations de badges officiels », nous a raconté Michel Genet, le président de Greenpeace Belgique. "Sur les badges et sur les drapeaux européens qui ornaient les voitures, figurait le sigle de Greenpeace" (voir les images de la télévision flamande VRT ici). Il semble que ce faux cortège se soit collé au cortège du chef de gouvernement finlandais afin de franchir les différents barrages. "La police belge n'a pas le temps de vérifier, car il semble que la consigne soit que le convoie ne s'arrête jamais pour ne pas servir de cible à des snipers", poursuit Michel Genet. Une fois dans la cour du Conseil des ministres, les militants de l’ONG ont jailli des voitures en hurlant : « réveillez-vous, réveillez-vous » et en brandissant des pancartes exhortant l’Union à « sauver Copenhague ». Ils ont été rapidement maîtrisés et placés en garde à vue (durant 24 heures, quand même). On peut facilement imaginer ce qui se serait passé si des terroristes avaient utilisé la même méthode et piégé leurs véhicules. Le Justus Lipsius aurait tout simplement été rayé de la carte, avec les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement à l’intérieur. Le plus incroyable a été la réaction de la police belge qui a déclaré en substance: "si on avait su qu'ils utiliseraient des moyens comme ça, on les aurait arrêté"... Michel Genet n'en revient toujours pas d'avoir réussi cette opération: "on estimait nos chances à 30 %"... « Cela révèle un énorme problème de sécurité », reconnaît un porte-parole du Conseil des ministres. « Greenpeace a choisi de coller le cortège finlandais, ce qui était malin. Les services de sécurité allemands n’auraient jamais laissé une chose pareille arriver ». Reste qu’il va falloir « trouver un moyen de pouvoir identifier rapidement les véhicules des 27 cortèges, peut-être grâce à un badge électronique, comme sur les autoroutes ».
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