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Ces derniers jours à la télé, dans les rétrospectives des meilleures images du règne de George W Bush, on a beaucoup revu ce mémorable jet de chaussures que le désormais ex-Président américain a récemment essuyé de la part d’un journaliste irakien en colère. En région parisienne, en ce moment, il est d’autres chaussures volantes qui, certes beaucoup plus anecdotiquement, intriguent les habitants. Elles pourraient bien, elles aussi, avoir un lien avec les Etats-Unis.
Cela ressemble fort, en tout cas, à ce que l’on appelle en Amérique le «shoe tossing». A savoir le lancer de chaussures entrelacées sur des câbles ou des fils électriques, de préférence surplombant des routes ou des lieux de passage afin que la présence incongrue de ces chaussures, suspendues là bien en évidence, suscite le questionnement des automobilistes et des passants. Ces dernières semaines, des paires de chaussures de sport accrochées à des câbles EDF ont été découvertes dans plusieurs localités de Seine et Marne (banlieue Est de Paris). Au point que l’édition départementale du quotidien «Le Parisien» ait parlé d’un «gang des baskets» qui sévirait en banlieue parisienne.
A ce jour, en tout cas, les motivations et les identités de ces «terroristes de la pompe» demeurent totalement mystérieuses. S’agit-il, comme dans les ghettos américains, de bandes de caïds voire de dealers qui marquent de la sorte leur territoire? D’un gag de potaches? D’une opération de teasing imaginée par des pubards? Certains y voient en fait une allusion... au plus populaire des feuilletons de la télévision française. En effet, des baskets suspendus à un câble apparaissent, une fraction de seconde, dans le générique de début de «Plus belle la vie».
Tiens, dans le même registre, mais au cœur de Paris cette fois, on est tombé à plusieurs reprises, ces derniers temps, sur des paires de baskets entrelacées abandonnées sur le trottoir, aux pieds de bancs publics ou dans des squares. La première fois qu’on a vu cela, on s’est dit que ce n’était qu’un oubli. La deuxième fois, on a pensé que ces chaussures avaient été jetées là par quelqu’un qui voulait s’en débarrasser mais avait eu la flemme d’aller jusqu’à la prochaine poubelle. Et puis, à force de continuer à tomber sur ces paires de baskets abandonnées, on a fini par se demander s’il ne s’agissait pas d’une nouvelle mode. D’une espèce de jeu urbain pour initiés. Voire d’une variante du «book dropping», ce phénomène urbain en vogue il y a un an ou deux ans, qui consistait à abandonner sciemment des livres dans des lieux publics afin que des inconnus de passage puissent à leur tour partager le plaisir de leur lecture. Tant de chaussures abandonnées par leurs propriétaires au même moment, de manière si ostensible qui plus est: voilà qui dépasse probablement la simple coïcincidence. Mais ni sur internet, ni dans la blogosphère, ni nulle part on n’a trouvé la moindre trace d’une vague de «shoe dropping» qui se serait abattue sur Paris.
La ville, décidément, recèle parfois d’insondables mystères. Laisser un commentaire |
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