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A propos, Francis Lalanne a publié dernièrement un petit livre-programme politique à mourir de rire. Ou à pleurer, c’est selon. Il s’agit d’une «Mise en demeure à Monsieur le Président de la République française», dont il critique la dérive «monarchique». Au fil d’une soixantaine de pages écrites, excusez du peu, entièrement en vers, le «poète engagé» adjure l’hôte de l’Elysée de n’être pas sourd. «Ecoutez-moi! Je vous en prie! Ecoutez la voix du poète! Entendez quand le peuple crie! Et ne détournez plus la tête!»
Se comparant au «poète décapité par la fureur d’un Robespierre», le preux Lalanne somme le grand Sarkozy de mettre un genou en terre: «Prince dénommé Président! Dressant un constat de carence, Le citoyen indépendant Vous somme de rendre à la France Les pouvoirs qui, se confondant, sont d’un monarque entre vos mains!» Signant son adresse sous le nom de plume un rien ronflant d’Archilogue Magistophore, le barde le plus célèbre de France lance un avertissement solennel aux peuples probablement extatiques ainsi qu'au tyran certainement apeuré: «Je me battrai comme il se doit. Au nom de la Constitution. Car c’est mon devoir De résister à l’oppression». Et, que les choses soient claires, l’intéressé ne craint «ni Catilina, Ni les intérêts praticiens, Ni les proconsuls de l’ENA, Ni Antoine et ses miliciens!»
220 ans après 1789 et la prise de la Bastille, les murs du quartier parisien du même nom affichent donc Francis Lalanne comme candidat prêt à «monter la garde nationale Et mener la lutte finale». Il n’y a pas à dire, elle est vraiment en de belles mains, la Révolution. Laisser un commentaire |
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