Voir en ligne : http://jerome.pop-rock.com/index.ph...
Je réside à Forest, tout près d’un quartier qui s’étend de la rue de Mérode jusqu’à la gare du Midi et que l’on ne peut décrire autrement que comme un ghetto, même avec le plus grand parti pris pour le multicuralisme.
Ma fille a depuis longtemps renoncé à entrer dans ce quartier. Histoire qu’elle s’y sente bien à l’aise, elle y a été très souvent (et une fois de trop) insultée. Je le traverse quotidiennement à vélo et y vis toujours une nouvelle aventure. Voitures stationnées en double file, conducteurs qui bloquent le carrefour pour parler entre eux, jeunes qui traînent et qui vous dévisagent comme si vous entriez dans leur domaine privé.
N’essayez surtout pas de prendre la parole lorsque vous manquez de peu d’être renversé: la dernière fois que je m’y suis risqué, j’en ai pris plein la figure de la part d’un observateur, lequel ne devait pas avoir 16 ans, qui conclut une tirade des plus blessantes par le message « Nique ta mère ». C’était encore moins grave que la fois précédente, lorsqu’un autre jeune conducteur maghrébin avait été vexé par mon comportement : j’avais osé prendre ma priorité. Son honneur avait été à ce point offensé qu’il ne pouvait, semble-t-il, le rétablir qu’en me crachant au visage…
Donc surtout: se taire. Parce que lorsque vous essayez d’expliquer que 70 km/h est une vitesse trop élevée en zone 30, vous heurtez de front la dignité d’un jeune nouveau Belge qui ne peut pas supporter que quelqu’un lui interdise quelque chose et qui est déjà prêt à en découdre.
Il y a une vingtaine d’années, j’étais convaincu que les jeunes nouveaux Belges seraient rapidement assimilés. Mais maintenant, à Bruxelles, a grandi une génération de « rebels without a cause », qui se sent toujours dépitée et lésée. Qui ne doit répondre de rien, c’est toujours la faute d’autrui: de l’autorité, des Belges racistes. Et à l’intérieur de leur propre famille, les jeunes garçons maghrébins sont intouchables. Lorsque la police a arrêté un jeune à Molenbeek, le père a immédiatement organisé une manifestation parce que son fils « ne volerait pas même une pomme ».
L’année passée, une étude de l’ULB a montré que les efforts déployés par les autorités dans les quartiers à problèmes ont fait en sorte que les jeunes ne voient plus la nécessité de les quitter. Ainsi se crée un esprit de village dans une grande ville.
La fille d’amis marocains a un petit ami belge. Elle ne sort jamais avec lui dans ce quartier, parce qu’elle y est immédiatement apostrophée. Car pratiquement tous les jeunes allochtones ont beau avoir la nationalité belge, ils ne s’identifient aucunement à ce pays. Bien au contraire: « Belge » est une injure…
Vous ne rencontrez pratiquement jamais de jeunes femmes seules dans le quartier. Et encore moins dans les tavernes: elles n’y sont même pas tolérées. Lorsqu’une collaboratrice de la commune y commanda un café, on lui fit très vite comprendre qu’elle ne devait pas compter être servie. Lorsque j’entre à vélo dans le quartier Mérode, je sais que jusqu’au delà de la gare du Midi, je n’apercevrai pas une seule femme à une terrasse de café. Et je ne parle même pas encore de la morale sexuelle hypocrite qui exige que les jeunes femmes allochtones restent vierges jusqu’à la nuit nuptiale, alors que chacun sait que les hôpitaux bruxellois réparent l’hymen par une simple opération…
Jusqu’à la semaine passée, un artiste franco-marocain présentait une exposition remarquable à Bruxelles: une série de tapis de prières avec des chaussures. La galerie d’art fut immédiatement la cible de menaces téléphoniques, la vitrine devant l’œuvre fut souillée et endommagée. L’agitation fut suscitée par une paire de chaussures rouges à talons hauts exposée près d’un tapis de prières. C’est ainsi que l’artiste voulait aborder la question de « la place de la femme dans l’Islam ». Mais ce n’est déjà plus possible à Bruxelles: l’exposition fut démontée après quelques jours.
Nous devons peut-être nous demander pourquoi nous avons accepté que des principes comme la liberté de l’artiste et l’égalité des droits des hommes et des femmes ne s’appliquent pas à tous dans ce pays.
Pourquoi n’osons-nous pas nous lever pour ce qui est au fond essentiel: le respect des lois et des valeurs du pays dans lequel nous vivons ? Interdire le port du foulard n’est pas une solution. Mais pourtant, comment faire comprendre avec force que nous osons défendre ce que nous considérons comme important ? Nous devons peut-être y réfléchir.
Le mérite de la gauche fut de réclamer plus d’attention pour la discrimination et l’exclusion sociale. Le problème est malheureusement plus profond: nous avons eu peur d’être accusés d’imposer nos valeurs aux allochtones. Ces valeurs me sont bien trop chères pour les laisser se perdre.
Luckas Vander Taelen, Député flamand, Groen.
Les derniers commentaires
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Eric Bruckmann
(IP:xxx.x17.50.66) -
12 octobre 2009 10:47
C’est une des raisons pour lesquelles j’ai entrepris d’écrire une nouvelle constitution : la liberté n’a pas de prix si ce n’est le prix à payer pour l’obtenir par des devoirs et ainsi rappeler que la liberté n’est jamais acquise.
Etre belge aujourd’hui n’est pas plus valorisant que d’être assuré contre les catastrophes naturelles. Ce droit doit être accessible à tous mais doit être lié à des devoirs, les mêmes pour tous les citoyens.
On a déjà entendu de la part de la police "on ne se déplace pas pour un crachat". C’est à nous d’exiger de notre Etat que l’honeur et le respect des hommes mais aussi (surtout) des femmes et des plus faibles soit une valeur essentielle de notre mode de vie.
La Belgique doit être une terre d’accueil pour ceux qui veulent y vivre bien et non pour ceux qui veulent la souiller.
Molenbeek est un exemple qui a déjà été mis en lumière plusieurs fois mais de tels faits se passent dans d’autres endroits en Belgique.
L’Etat doit aussi responsabiliser les parents dans l’éducation des enfants.
Et réprimer la terreur dans les rues, quelqu’en soient ses manifestations. Parce qu’il s’agit bien de terreur.
Il est vraiment temps que ceux qui sont issus de ces communautés et qui réprouvent ces agissements sortent du silence. Ils sont plus crédibles, plus à même de conprendre les uns et faire comprendre les autres afin d’éviter une montée d’intolérance qui ne peut que grandir.
Pour rappel, un autre homme de gauche, mon père, a aussi écrit à ce sujet : http://www.medium4you.be/Territoire...
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
arik
(IP:xxx.x43.44.176) -
12 octobre 2009 10:47
moi aussi j’etais de gauche vous allez comme moi être traité de raciste car prevenir du danger est racistebonne chance a vous mais vous vous sentirez seule a gauche
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Eric Bruckmann
(IP:xxx.x17.50.66) -
12 octobre 2009 11:04
La gauche s’approprie la tolérance parce que les partis de gauches, pour asseoir leur pouvoir, veulent que tout le monde soit égal dans la médiocrité... c’est la méthode Hezbollah à Beyrouth.
Ici, il n’y a pas de droite et quand il y en a une, elle prend le contrepied pour séduire ceux qui ne sont pas d’accord.
Ce clivage est dépassé et il faut se rendre à l’évidence : la tolérance doit s’accompagner de la vigilance pour qu’elle perdure. Qu’on soit de gauche ou de droite, les libertés et la tolérance doivent faire l’objet de protections strictes.
Laxisme et tolérance ne sont pas les mêmes principes.
Celui qui n’accepte plus d’être tolérant parce que certains ne le sont pas, ce n’est pas du racisme. Pour autant qu’il ne généralise pas.
Il faut punir individuellemnt ceux qui ont un tel comportement de dénigrement de l’Homme. Et si une communauté se lève pour protèger quelqu’un juste parce qu’il appartient à cette communauté, et non parce qu’on a été injuste avec cette personne sur le fond, cette communauté se rend coupable de racisme, elle !
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Lolo
(IP:xxx.x5.86.207) -
12 octobre 2009 22:50
C’est quoi un homme de gauche ?
C’est quoi un raciste ?
Je veux plus d’égalité et de partage des richesses, vous mettez cela de quel côté ?
C’est rigolot comme article, car il n’y a pas d’info dedans. Il y a une personne qui exprime sa frustration sur un sujet en notant seulement quelques details comme : jeune nouveau belge et maghrebin. Je ne trouve pas cela raciste, mais rigolot de commencer par nouveau belge et ensuite de faire suivre par maghrebin... Sans doute pour être sûr qu’on ne confonde pas avec Turc ou Ukrainien ?
En positif, on ne dit pas ce qu’on voudrait faire de la nationalité belge, ni non plus ce qu’un nouveau belge ou un maghrebin doit comprendre de ce message... même habitant un autre quartier.
Que propose-t-on ?
Je pense qu’on veut proposer le respect de manière un peu maladroite (en étant peu respectueux et desespérément généraliste).
Nous sommes tous responsable du respect, de l’exemple et de la patience que l’on offre. L’Autre me crache à la figure, mais lui, que pense-t-il de ce texte ou des autres crachat qu’il a peut être déjà enduré ? Qui doit ou non stoper la loi du talion ?
Vive la culture, vive la belgique, vive l’ecoute, vive l’echange,... et soyons sur que l’amour invite l’amour. Meme s’il va se faire longtemps piétiné.
Je ne veux rien offrir d’autre en héritage que d’avoir aimé mon prochain.
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Eric Bruckmann
(IP:xxx.x41.169.93) -
13 octobre 2009 20:34
Je trouve beaucoup plus rigolo votre intervention...

En somme, si vous prennez une claque, vous vous direz que l’autre a peut-être subi pire... ça, c’est poilant !
"crache sur ton prochain, si tu ne sais pourquoi, lui le sait"

C’est ce type de vision qui nous amené à cette situation désagréable !
Ce n’est pas un texte offensant contre les maghrébins mais l’expression d’une inquiétude parce que des comportements individuels sont hypocritement cautionnés pour soi-disant protèger un groupe d’individus.
Et si le type qui est victime d’une incivilité ne doit pas généraliser des constatations, celui qui commet ces incivilités ne doit pas généraliser la punition en faisant croire qu’elle émane de son origine plutôt que de ses actes.
Que chacun respecte l’autre et la loi et tout ira bien.
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
François Collette
(IP:xxx.x3.6.20) -
12 octobre 2009 11:59
Bravo pour cet article courageux et limpide.
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Francis Bruckmann
(IP:xxx.x6.80.224) -
12 octobre 2009 13:28
Merci Eric.
@ Jerome, tristes expériences mais vraies, je l’ai vécu moi-même.
Voyez aussi l’article :
http://www.medium4you.be/Le-droit-a...
Puis vous savez gauche, droite, socialiste (parti)ces symboles n’ont vraiment plus de sens réels.
Avant la deuxième guerre mondiale de hauts fonctionnaires, l’un Anglais l’autre Français ) ont voulu croire à une paix avec le nazi, seulement il jouaient au même jeu mais avec des règles différentes et le plus arogant a fait sa loi.
Quand à moi je renie le socialisme belge qui n’a plus de socialiste que le nom.
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Francis Bruckmann
(IP:xxx.x6.80.224) -
12 octobre 2009 13:40
Pourquoi pas créer le P.I.B., non pas celui là, non, le Parti des Identitaires Belges
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Un homme de gauche parle de la ghettoïsation à Bruxelles
par
Magali Rubens
(IP:xxx.x35.201.11) -
13 octobre 2009 19:59
L’article de Luckas Vander Taelen est paru dans De Standaard d’il y a une bonne semaine. A lire impérativement, et tout à fait dans le même esprit, l’opinion de l’écrivain Benno Barnard, dans De Standaard d’aujourd’hui (mardi 13 octobre).
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