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Un « jour noir », vu de Sirius ou de Californiemercredi 17 février 2010, par Charles Bricman 2 réactionsVoir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/02/16/un...
On ne va pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique. Dans une aube grise, survient un terrible accident qui fait de nombreuses victimes, qui ôte et bouleverse trop de vies. A des milliers de kilomètres, en Californie, une autorité politique en mission exprime sa compassion de manière convenue – ces réactions sont toujours convenues – et ajoute que c’est un jour noir pour la région dont il dirige le gouvernement. Et sous la surface, aussitôt, desémotions se déchaînent. L’accident s’est produit entre deux trains qui jouent ordinairement à la marelle entre les deux grandes régions du pays. Sur le territoire de l’une d’elles. Avec des passagers qui viennent majoritairement de l’autre. Vu de Sirius ou de Californie, la violence des émotions qui éclatent est plus surprenante – ou plus lourde de sens – que ce qui les a provoquées. Un mot devrait suffire pour les apaiser. Mais c’est l’embarras qui prévaut. On pose le couvercle sur la marmite. Sur Bel-RTL et sur son blog, Fabrice Grosfilley rapporte une rumeur. Sur les lieux du drame, c’est le roi qui aurait discrètement fait part des regrets du ministre-président pour les mots « inappropriés » qu’il a prononcés. Le site web de son parti les gommés. Glissons, mortels… Vu de Sirius ou de Californie, il n’y avait rien d’indécent à ce que le ministre-président de Flandre qualifie de « jour noir » pour sa région celui où s’est produit cet accident. Qui songerait à reprocher au bourgmestre de Halle de dire que c’est un jour noir pour sa ville? Ou le patron de la SNCB de dire que c’en est un pour le chemin de fer? Alors oui, le ministre-président de Flandre aurait sans doute dû dire, s’il avait été mieux informé de l’origine de la plupart des victimes, que c’était un jour noir pour tout le monde, et aussi pour la Flandre. Ç’eût été tenu pour de la compassion et pour l’expression d’un louable sentiment de solidarité humaine, au lieu d’être lu comme un indice d’intransigeance communautaire. Vu de Sirius ou de Californie, les émotions qui se sont exprimées dans la rue et sur la Toile m’apparaissent un peu comme le mercure d’un thermomètre. Nous n’allons pas trop bien, dans ce pays bizarre qu’est la Belgique. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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