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«Trente ans après l’arrivée du premier McDo en France», son entrée annoncée sous la Grande Pyramide constitue «une consécration, une pub planétaire pour McDonald's», s’extasiait à la radio, l’autre jour, un éminent chroniqueur économique qui frisait l'hystérie. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que, avec un tel emplacement, la multinationale touchera le jackpot. Pour rappel, le Louvre est le plus grand musée du monde en termes de fréquentation: il accueille au bas mot plus d’une demi-douzaine de millions de visiteurs chaque année.
Où précisément sera situé le McDo du Louvre? Motus et bouche cousue. McDo France, nous a-t-il été répondu très courtoisement, ne souhaite pas communiquer sur ce sujet pour le moment. Une telle implantation, dans un lieu culturel aussi fameux, constitue-t-elle une première pour cette multinationale? Ou d’autres institutions muséales de prestige international comparable (la Tate Gallery, le Moma, L’Hermitage, etc.) ont-elles déjà autorisé un tel voisinage avec le distributeur mondial de burgers? Idem: no comment. McDo France craint-elle, par extraordinaire, de ne pas faire l’unanimité avec pareille intrusion dans un tel bastion du pays dit de l’exception culturelle? Soyez gentil, n’insistez pas: on vous recontactera.
Il n’empêche, l’idée d’y voir bientôt débarquer McDo est en train de susciter un certain tollé parmi le personnel scientifique du musée. «On ne parle que de cela», nous confirmait hier un copain, historien de l’art au Louvre et furieux de cette «confusion des genres». A l'en croire, si certains dans le personnel du musée sont «résignés», la majorité des employés sont réellement«scandalisés» par ce projet commercial. Il y a deux ans déjà, plusieurs centaines de membres du personnel du Louvre avaient pétitionné, vainement, contre l’ouverture d’un «Starbucks Café» dans l’aile de la galerie qui était jusqu’à présent strictement réservée au musée, à laquelle le business n’avait pas accès. A l’époque, pour apaiser la fronde et donner un vernis culturel à cette grande première, avait été aménagé dans le café «un petit coin de détente, qu’aucun client ne regarde, prétendument consacré à la culture, où l’on trouve la documentation du musée, les guides, etc.».
Après Starbucks, McDo donc. Cela dit, culturellement, est-ce vraiment pire que Virgin? «C’est un peu plus lourdingue encore», fulmine notre interlocuteur. «C’est une couche de plus rajoutée au dévoiement progressif et continuel de cette galerie. Qui, à l’origine, il faut le rappeler, était censée avoir une vocation exclusivement culturelle». Raison pour laquelle, à l’époque, «Virgin» s’était vu imposer de proposer à la vente, dans son magasin du Carrousel, un certain quota d’œuvres culturelles au sens classique du terme: librairie, musique classique, etc.
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