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Une (énorme) pagaille

vendredi 10 décembre 2010, par Bernard Delattre


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La météo n'étant tout de même pas le sujet le plus passionnant qui soit, on essaie de ne pas trop en parler dans ce blog. Mais là, ce jeudi, on peut difficilement passer à côté. Car c'est carrément une région entière de 10 millions d'habitants qui a été considérablement perturbée par les 10 centimètres de neige tombés hier après-midi et qui est encore assez largement à l'arrêt ce matin, à cause du verglas – cela patine y compris pas mal sur les trottoirs de Paris. Et car ce sont des dizaines de milliers d'habitants de la région parisienne qui viennent de passer une nuit pénible: coincés dans leurs véhicules, empêchés de rentrer du boulot, obligés de dormir dans les gymnases ou les aéroports (130 vols annulés), réquisitionnés pour porter secours à autrui, ou faisant la queue aux urgences d'hôpitaux dont les services de traumatologie ont bien sûr été très sollicités.

 

Deux, trois petites choses à noter.

 

D'abord, le net changement de ton du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. Hier en fin d'après-midi, sur toutes les radios de France, il démentait, sûr de lui, toute grosse pagaille en région parisienne. Démenti qu'on trouvait comique – ou consternant, c'est selon – au vu du chaos qui, dès midi, régnait rien que dans les rues de Paris, ce qui augurait du pire pour l'heure de sortie des bureaux en banlieue. Mais ce matin, sur toutes les ondes, le même ministre la ramenait moins. Il convenait que la «situation totalement exceptionnelle» vécue par Paris et sa région, «jamais vue depuis plus d'une génération», avait bel et bien entraîné de «graves difficultés».

 

Ensuite, mais ce n'est qu'une confirmation, l'extraordinaire parisianisme du microcosme médiatique hexagonal. Au vu du menu des grands JT du soir sur les chaînes nationales, en gros une cinquantaine de millions de Français (tous ceux n'habitant pas la région parisienne) ont dû soupirer: pas du tout concernés par cette actualité météo tout d'un coup si envahissante car touchant la capitale mais qui, depuis des semaines, est le lot de la plupart des régions du pays.

 

Enfin, le contraste toujours saisissant existant au sein même de la région-capitale. Entre, d'une part, ces gens qui, comme nous, ont l'immense privilège quotidien de vivre et de travailler dans l'hyper-centre de Paris, et qui donc hier n'ont pas eu à subir de tracas particuliers. Et, d'autre part, ces millions d'autres qui, parfois par choix mais souvent aussi par obligation – le coût de la vie dans la capitale, le prix de l'immobilier, le manque de crèches, etc. –, habitent de l'autre côté du périph'. Et le paient évidemment au prix fort les  jours comme hier. Une pensée amicale pour tous ces gens-là donc, ce matin.


 
 


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