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Voir en ligne : http://parislibre.blogs.lalibre.be/... ![]() C'était vendredi soir, sur un mur de l'immeuble du bureau. Alors que le pouvoir basculait en Tunisie, une main anonyme inscrivait, en lettres énormes, «Solidarité aux révoltes du Maghreb. Libertés!!» Les hiérarques de la copropriété s'indignaient: «Mais enfin! Tout de même! C'est du vandalisme!», et blablabla. On avait du mal à partager leur indignation, le mur aveugle ainsi taggué n'ayant, pas plus que cet horrible immeuble des années 70, aucun intérêt architectural ou esthétique. C'était samedi, place de la République. Les Tunisiens de Paris y ont manifesté leur joie et crié leur colère envers un régime déchu et honni. «Tunisiens, restez debout - Le monde est avec vous!» «Yes we are... free!» «Ben Ali assassin!» «RCD (le parti de Ben Ali): dégage!»«Tunisiens, Tunisiennes: nous sommes fiers de vous!» C'est qu'on lisait sur les pancartes, c'est ce qu'on entendait dans les slogans. C'était impressionnant, touchant même, la ferveur qu'il y avait là. Des gens exultaient de joie, comme sidérés d'avoir été si subitement libérés d'une si longue souffrance. D'autres peinaient à retenir leurs larmes. Dans la foule, aux côtés de drapeaux tunisiens, on apercevait beaucoup de drapeaux marocains et algériens. La place était noire de monde. Les boulevards du quartier, pendant une bonne partie de l'après-midi, ont été complètement embouteillés. «Ah ben là, cette fois au moins, je râle pas contre ces embouteillages, cette agitation, comme à chaque manifestation», commentait, en fin d'après-midi, un petit commerçant du boulevard des Filles du calvaire: «Ils ont raison d'être là. C'est tout de même fantastique, ce qui arrive à ce pays! C'est vraiment la première bonne nouvelle de l'année». C'était la joie qui était majoritaire parmi les manifestants, mais beaucoup ne cachaient pas leur inquiétude, pour l'avenir de la Tunisie bientôt enfin démocratique comme pour leurs proches et familles restés au pays. Dans la foule, nombre de Tunisiens avaient d'ailleurs les yeux rivés sur leurs smartphones: cherchant à se rassurer en temps réel sur les réseaux sociaux ou les chaînes d'info continue, effarés aussi des nouvelles alarmantes tombant les unes après les autres, concernant la répression en cours dans leur pays d'origine. ![]() C'était il y a quelques semaines. Ce tag était apparu sur le rideau métallique abaissé d'un commerce du boulevard Beaumarchais:«Pouvoir assassin». Laissé là, après le passage d'une des innombrables manifestations contre la réforme des retraites qui ont parcouru notre onzième arrondissement. On n'a pas encore très bien compris. Mais, quelques semaines plus tard, ce slogan pourrait assurément s'adresser aux sbires du Président déchu, qui pratiquent en ce moment la politique de la terre brûlée. C'était ce matin, au saut du lit. On entendait à la radio la petite phrase de Nicolas Sarkozy qu'en Tunisie, était-il expliqué, les sites communautaires ont beaucoup diffusée, ces derniers jours. Pour fustiger la complaisance qui fut toujours celle de Paris à l'égard du pouvoir autoritaire tunisien, jusque et y compris pendant les derniers jours du régime Bel Ali . C'était une petite phrase que l'actuel Président avait prononcée en 2007, lors de sa campagne pour l'Elysée. «Le silence est complice. Je ne veux être complice d'aucune dictature». Trois ans plus tard, Nicolas Sarkozy pourrait bien regretter d'avoir pris publiquement un tel engagement. Laisser un commentaire |
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