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Une guerre d’attrition, comme à Verdun

jeudi 22 avril 2010, par Charles Bricman


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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2010/04/21/un...

 

Retour au point de départ. Au 11 juin 2007. La seule différence, qui n’est notable qu’en théorie, c’est qu’il y a un gouvernement en place. Mais pour combien de temps encore?

Dans les situations de « pat » comme celle-ci – le joueur qui a le trait ne peut déplacer une pièce sans se mettre en échec, ce qui est interdit – la logique démocratique voudrait qu’on déclare la partie nulle et qu’on en commence une autre. En clair, qu’on aille aux élections.

Mais ce serait le chaos. Dans la configuration actuelle, des élections seraient inconstitutionnelles. Oracle de la Cour, gardienne de la Constitution que ministres et parlementaires ont juré d’observer. Le char à voile de l’Etat est encalminé, ensablé, embourbé, enlisé. Paralysé.

 

Alors, provisoirement, on continue à négocier. Comme en 2007. Retour à Val-Duchesse?

Dans ce que certains – comme ce cher vieux Gérard Deprez – qualifient de « testament politique », Jean-Luc Dehaene constate ce que tout le monde peut comprendre: le blocage vient de ce que les représentants des deux grandes communautés partent, chacun de leur côté, de prémisses inconciliables entre elles: principe de territorialité contre principe de personnalité. Et surtout, qu’à la différence des phases précédentes du contentieux communautaire et institutionnel, elles ne paraissent plus, ni l’une, ni l’autre, disposer à transiger si peu que ce soit là-dessus, pour parvenir à un compromis compliqué, improbable, mais finalement acceptable de part et d’autre. Du bout de leurs lèvres gercées

Le modèle fédéraliste « à la belge » a atteint ses limites. Ce constat avait déjà été dressé par Yves Leterme le 15 juillet 2008. Nil novi sub sole.

Et puis? On fait quoi?

Provisoirement, rien. On s’agite. On gesticule. Bientôt, il devrait y avoir des cris, des anathèmes. C’est une guerre d’attrition dans sa forme la plus pure. Une guerre d’usure. La classe politique belge tout entière est occupée à faire faillite, sous nos yeux. Des rudes séparatistes ou « rattachistes » aux doux écologistes. C’est Verdun, 1916. On ne passe pas. On trépasse plutôt. Chicken gameLe bon peuple, de chaque côté applaudit les siens. Hue l’adversaire. Ou hausse les épaules et vaque à ses occupations.

Je n’ai jamais eu si peu envie de voter. Je ne vois plus personne pour qui voter. Même par défaut, faute de mieux. Mon pays est devenu très vieux. De ce genre de vieillesse qui est un naufrage. Disait Charles de Gaulle. Qui est né à Lille. Pas à Montpellier.




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