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Voir en ligne : http://blog.pickme.be/2009/09/23/un... C’est sûr pour moi qu’il y a plus de plaisir à acheter son vin « à la propriété» que dans une boutique ou, pire encore, en grande surface. Mais quand on n’a pas au départ les bonnes adresses, c’est un jeu qui s’apparente à la roulette russe, façon Deer Hunter: avec cinq balles au lieu d’une seule dans le barillet… Pour explorer un vignoble, je m’efforce donc toujours de commencer chez un bon caviste.
Nous sommes ici à la limite de deux appellations, les Côtes-du-Rhône et les Ventoux (jusqu’en 2008, les Côtes-de-Ventoux). Je me limite à elles, avec une curiosité particulière pour la seconde, un peu mal famée il faut bien le dire: certains vins du Ventoux paraissent plus appropriés au débouchage de lavabos qu’à la dégustation… Mais c’est loin d’être une fatalité. J’ai complètement cessé de croire aux étiquettes en trouvant mon plaisir avec de plébéiennes bouteilles de vins du pays aussi bien qu’en m’ennuyant comme un rat mort avec de pseudo-aristocrates qui n’avaient de leurs nobles origines que le nom de leur château. A Bruxelles, mon ami Jean-Claude m’a ainsi fait découvrir, en Ventoux, un merveilleux domaine. Fondrèche. Il est sur la commune de Mazan qui se trouve être limitrophe de Pernes… J’y ai donc été en confiance. Et j’ai évidemment retrouvé leurs bouteilles dans la vitrine de Fabienne qui les affiche, au centime près, au même prix que la cave. C’est sa politique. Mais ma question était ailleurs. Ce que je voulais savoir, c’est s’il y a en Ventoux d’autres Fondrèche. Alors là, entendons-nous: Fondrèche est probablement ce qui, à l’heure actuelle, se fait de mieux dans l’appellation. Et ça se paie, même si la cuvée-fanion, la Persia 2007 (à oublier en cave jusqu’après 2011) se paie encore moins de € 17 ttc. Mais la dame me propose alors une Garance, une autre fille de Mazan, née au domaine de l’Estagnol en 2004. J’ai bu. C’est bon. Très bon. On n’est pas encore ici dans la même division qu’avec Fondrèche, c’est plutôt la ligue régionale, pas la Champion’s League – ni la Jupiler, d’ailleurs et heureusement… -, mais peu me chaut: du Bellay et Brassens m’ont appris depuis longtemps qu’il y a souvent plus de bonheur à fumer sa vieille pipe en bois auprès de son arbre séculaire qu’à le chercher vainement dans les fourneaux en écume qui obligent à lever le front. Mais ce n’est plus non plus un « petit vin rustique» , une simple curiosité locale: il y a là de la matière et le travail d’un vrai vinficateur. Garance est en haut de la gamme de l’Estagnol, juste sous un hommage de 2003 à Louis Fayard (le fondateur du domaine), mais à € 8 seulement (à la propriété et chez ma caviste). Et voilà donc à quoi doit servir un caviste. Installé en ville, c’est avant tout un poteau indicateur, un passeur, un guide qui vous oriente dans le maquis des appellations. Fabienne me semble faire ça très bien, avec sa volubilité méridionale, mais en sachant aussi que c’est ce service-là que vous attendez d’elle, plus encore que la fourniture de votre pinard quotidien. D’un vin à l’autre, 72 avenue Perle du Comtat, 84210 Pernes-les-Fontaines (France).Laisser un commentaire |
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