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Voir en ligne : http://parislibre.lalibreblogs.be/a... Entre 200 et 400. Ils sont entre 200 et 400, entendait-on à la radio ce matin. Qui donc ? Les SDF qui vivent dans le Bois de Vincennes, qui borde tout Paris sur son flanc Est. L’un d’eux vient de mourir de froid. Il n’était âgé que de 47 ans. La mort l’a surpris en pleine nuit, alors qu’il dormait dans sa petite tente cachée dans les fourrés, loin des regards. C’est le premier SDF mort de froid cet hiver. Le premier dont les médias parlent, en tout cas. On est à peine au mois de novembre ; cela promet pour le macabre bilan de la fin de saison. Ces SDF du Bois de Vincennes, c’est vraiment la population la plus méconnue de Paris. Contrairement aux SDF du centre-ville, si visibles, eux se cachent, ne sollicitent pas les gens, ne mendient pas. Pour les apercevoir, il faut quitter les sentiers balisés de promenade, s’enfoncer dans le bois, ou alors s’y trouver en dehors des heures d’affluence. Quand, le calme revenu, ils sortent de leurs tentes. On les a déjà fugacement vus plusieurs fois, ces « hommes des bois » – pour le coup, l’expression est vraiment à prendre au sens strict. Comme sans doute nombre de pratiquants assidus de la course à pied qui s’entraînent à Vincennes. Aiment y courir toujours le plus loin possible, le plus possible en dehors des sentiers battus, par monts et par vaux, à grandes enjambées au-dessus des flaques d’eau et des petits ruisseaux. Juste du vert, du silence, de l’air. Pour ensuite se replonger avec encore plus de plaisir dans le tumulte de la ville. Ce sont toujours des rencontres un peu étranges : si improbables, si peu communicantes, juste des croisements, juste des passages. Une fin de soirée d’été, on s’en souvient, on était tombé nez à nez avec un SDF complètement nu, en train de se laver à un point d’eau. Des deux, ce n’était pas lui le plus embarrassé. Une autre fois, on était passé à proximité d’un véritable campement de tentes. C’était l’heure du déjeuner. Cela sentait le feu de bois et la saucisse grillée. On s’était dit que ces habitants du bois étaient bien organisés. Ce samedi après-midi encore, après s’être comme à chaque fois un peu perdu dans l’immense sous-bois, au détour d’un chemin, on a croisé un homme à capuche transportant tout son barda.« Allez ! Allez ! Marathon Man ! Plus vite ! », nous encouragea-t-il, goguenard. Puis il partit d’un énorme éclat de rire. Comme si, dans ce monde comme il va, vraiment, il était certes sympathique mais tout de même un brin absurde de prendre encore la peine de courir. Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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