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Je pense que la majorité d'entre nous a entendu l'appel criant de nos agriculteurs, dépassés par des prix du lait indécent: 22cent le litre alors même que le produire en coûte 40...
Qui ne serait touché par leur situation? Mais aussi ... qui en est responsable? Souvenez vous d'un article écrit voici 2 ans (...et un jour très exactement!) sur la Wal-Martisation de la société. La recherche permanente du low cost rend la plupart des consommateurs complices de cette situation. Mais je ne peux pas me limiter à vous dire "tous coupables"... les producteurs le sont au moins tout autant, et la réponse qu'ils cherchent auprès des autorités européennes n'est pour moi, qu'un manque de responsabilisation et d'intelligence... ou plutôt, c'est très intelligent et c'est gagner deux fois... pendant que le consommateur paiera...3 fois. Retour en Aout 2007 Août 2007, la situation était quelque peu différente... Pour rappel, nous vivions une première crise alimentaire. Les prix des céréales et matières premières flambent, on accuse les prix du pétrole et les bio-craburants. Dans le même temps, vous souvenez vous des prix du lait et de ce qu'il se passait sur ce marché? Et bien pareil... les prix du lait grimpaient, la production n'était plus suffisante! Le journal français le Monde mentionnait même : Des mesures pourraient être prises dès fin septembre. "Si les tensions persistent et si les industriels rencontrent des difficultés pour s'approvisionner dans de bonnes conditions, nous pourrions augmenter les quotas de production de lait en consultation avec l'ensemble des acteurs de la filière", affirme Eric Alain. De façon durable, le gouvernement peut augmenter de 0,5 % les quotas des producteurs français. Il peut aussi leur allouer provisoirement des quotas supplémentaires de 10 % à 15%. (...)Malgré les prévisions pessimistes et l'annonce d'augmentation de tarifs de 10% en fin 2007 et de 5% en 2008, il semble que le marché se soit complètement retourné (-30%) au point que les prix du lait n'ont jamais été aussi bas (à l'achat dans les laiteries). Alors... la faute aux quotas? Justement non... mais à une diminution forte de la consommation couplée à une pression forte des centrales d'achats. La réponse dans les quotas? NON, NON, NON! Trois fois non. Car ici, le dindon de la farce c'est... le consommateur. Alors OUI, il serait normal que le prix du lait augmente légèrement en grandes surfaces... pour autant que cela permette de rémunérer NORMALEMENT les producteurs. Actuellement la marge prise par les distributeurs sur les produits laitiers semble totalement disproportionnées (mais personne n'en a la preuve vu l'opacité de la formation du prix). Premières mesures basiques (au niveau européen) On peut donc déjà envisager deux actions sans toucher aux quotas. D'abord, l'application de la loi qui interdit de vendre à perte! Ce qui obligerait les centrales d'achats à acheter à minima le lait au prix coûtant, et aux agriculteurs de ne pas perdre de l'argent. Celà implique aussi que les grandes surfaces cessent de se servir du lait comme produit d'appel. En effet, de forts soupçons de ventes à pertes existent au sujet des prix pratiqués par certaines grandes surfaces. Deuxième mesure, légère augmentation du prix du lait en grande surface. Bien que produit de base, de première nécessité, le prix actuel du lait devient tout de même indécent... Déjà, ces deux mesures doivent permettre de rétablir un tant soit peu les prix du lait et permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur travail. Il faut aussi savoir qu'à ce stade, les quotas sont toujours en place... ils ne disparaîtront qu'en 2015. Entretemps, demander de remettre en place les quotas me semblent pour le moins malheureux. De plus, quand on limite la production... on garanti aussi une aide à l'agriculteur pour ce qu'il n'a pas le droit de produire... Donc, dans les deux mesures simples et évidentes, l'agriculteur commence à gagner trois choses : prix à l'ahcat, prix à la vente, aide sur quota. La raison du refus de quotas Je refuse les quotas car ils ne répondent en rien à la problématique qui existe. La crise de 2007 est là pour le démontrer. Une fois on produit trop, une fois on produit trop peu. Le système n'est pas très flexible. Je m'oppose aux quotas car on déresponsabilise les agriculteurs. Parce que la PAC est déjà le premier budget européen et que généralement, justement, les aides en place ne vont pas sauver la "petite" agriculture, celle qui est vraiment menacée. Dans les différentes publications européennes, on s'apperçoit que les bénéficiaires principaux des aides européennes en matière d'agriculture sont justement les grandes exploitations qui du coup, bénéficient à la fois des économies d'échelles et des aides publiques. En résulte un dumping "subsidial". Ils peuvent écraser leur prix en dessous même de leurs coûts de prodution et faire du bénéfice grâce aux subsides. Je m'oppose aux quotas car au lieu de s'organiser (comme on les voit capable de le faire en bloquant Bruxelles...) ils demandent à l'Europe de prendre des décisions et que les choses leur tombent toutes cuites dans la bouche (ok, je caricature un peu là, je ne perds bien sur pas de vue que c'est un métier extrêmement pénible et difficile). Je m'oppose aux quotas car le pigeon dans l'histoire, c'est le consommateur... et on ne règle toujours pas l'abus de position dominante des Centrales d'achats. La résultante de la mise en place de quotas est quadruple:
En conséquence, je ne peux pas accepter que l'on vienne exiger, manu militari, la mise en place de quota qui ne sont en rien une réponse aux véritables problèmes des agriculteurs et qui sont :
La réponse dans "l'OPEL"? Petit clin d'oeil à l'automobile ici (qui n'est pas non plus à la fête ces temps ci.. et pour le même genre de problèmes de surcapacité d'ailleurs et de manque de responsabilisation des acteurs). OPEL? Mais cèkoiça? Simplement un acronyme de mon invention en référence à l'OPEP... Ce pourrait être "l'Organisation des Producteurs et Exportateurs de Lait" par exemple. Vous me demanderez en quoi ils peuvent ainsi résoudre leurs problèmes... Ce que moi j'ai vu dans Bruxelles, c'est une mobilisation européenne, c'est une mobilisation organisée et qui aurait pu avoir encore plus d'ampleur. Si localement les producteurs d'allient parfois en coopérative, pourquoi ne pourraient-ils pas s'organiser plus largement? Je sais qu'on n'aime pas les acteurs dominants.. .mais si celà a pu être fait pour le Pétrole, pourquoi ne pourrait-il en être de même pour les producteurs de laits ou autres produits agricoles? Nos petits acteurs sont bien confrontés à d'énormes centrales d'achat qui imposent leurs conditions non? Donc qui sont à tout le moins Dominantes si pas organisées en Cartel pour imposer leur prix d'achat! Bref, pour y répondre pourquoi pas des Centrales de Ventes, voire, au niveau Européen un OPEL? Reprendre la maîtrise de son marché : centrales de vente L'idée que je mets derrière, c'est un monde agricole qui rentre de plein pied dans le 21ème siècle et qui utilise l'économie de marché plutôt que la subisse. On ne sait pas toujours changer les règles, mais on peut se changer soi. Si les producteurs s'allient au delà des petites coopératives et répondent aux Centrales d'Achat par des Centrales de Vente avec des vendeurs aguerris aux méthodes des multinationales, il commencent déjà à reprendre une certaine maitrise. Si on vend 1.000litres, on n'est rien... si on en vend 1 Millions, on commence à pouvoir vendre à ses propres conditions. On commence à travailler avec des partenaires et non avec des dominateurs. On rééquilibre la donne. Enfin, certains acteurs / producteurs dominants ont même le moyen d'imposer un prix de vente final ou a tout le moins de publier un prix recommandé ce qui limiterait la prise de marge indécente par les distributeurs... Reprendre la maîtrise de son marché : contrôler sa production Deuxième action sur un terme plus long, agir sur le marché de la production. Ce n'est rien faire d'autre qu'utiliser les règles du marché: si l'offre diminue, le prix augmente... L'OPEP organise elle même sa pénurie de Pétrole et maîtrise quelque peu la production... les producteurs agricoles peuvent faire de même! Ils veulent des quotas? Qu'ils les mettent eux même en place! Qu'ils organisent une forme de "pénurie". On revient aux effets mécaniques d'une baisse de l'offre avec une demande constante, les prix augmentent. Si en plus ils s'organisent en Centrales de Vente, ils peuvent gagner deux fois:
Responsabilisation Bien sur, ce qui leur déplaît ce sera de perdre l'aide européenne qui va avec les quotas... Ca m'a l'air évident. Pourtant, les agriculteurs (surtout les plus petits) sont des gens courageux, travailleurs, levés aux aurores et couchés à pas d'heure... ils ont les moyens de prendre leur destin en main. Ils ont des syndicats? Ils ont montré qu'ils savent se mobiliser, ils peuvent aller plus loin. Qu'ils aillent au charbon et mettent en place les structures et organisations modernes qui permettent de répondre à une problématique moderne! Ils ne peuvent tout attendre de l'Europe et demander un soutien toujours croissant quand ils refusent leur part de travail. Je refuse que l'on continue à mettre en place des solutions inéfficaces qui in fine mèneront à des situations aussi problématiques que l'état de l'automobile dans le monde. Les surcapicités et les demandes d'indemnisations pour limitation de capacité ne résolvent rien et incitent de plus, à organiser la surcapacité. Réponse immédiate Alors, que pour une fois, l'Europe donne une réponse claire et immédiate avec une mesure intelligente. Non, on ne touche pas aux quotas... mais
Ensuite, d'ici à 2015 (fin des quotas) mise en place des structures modernes d'une sorte d'OPEL. Répondant aux besoins du marché par une offre adapatée via une responsabilisation et une auto-régulation du secteur. Ne demande pas à l'Europe ce qu'elle peut faire pour toi... aide toi toi même!
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