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Une sous-représentation (bis)

jeudi 28 mai 2009, par Bernard Delattre


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panneauxelectorauxparis.jpgDepuis lundi matin, ouverture de la campagne officielle oblige, les trottoirs de Paris (et du reste de la France) sont hérissés de panneaux électoraux. Et, petit à petit, ces panneaux se garnissent des portraits des candidats aux élections européennes du 7 juin prochain. Sans que cet affichage intéresse visiblement grand monde. On est loin des portraits de Nicolas Sarkozy, de Ségolène Royal ou d’Olivier Besancenot qui, aux élections présidentielles de 2007, n’étaient pas rarement lacérés par les partisans de leurs adversaires. Et encore plus loin des bagarres entre colleurs qu’on avait vues en France lors du référendum européen si passionné de 2005.

 

Comme à chaque campagne électorale, en voyant ces panneaux, on n’a pas pu s’empêcher de faire la même constatation. On va donc à nouveau y consacrer une note quitte, comme chaque fois, à se prendre des commentaires agacés de lecteurs pour qui le simple fait de souligner ce constat revient à prôner l’instauration de quotas. Donc, c’est frappant dès le premier coup d’œil jeté sur ces panneaux électoraux: en matière de représentation (politique, cette fois) de ces«minorités visibles» dont on parlait dans ce blog lundi, la situation en France ne semble pas avoir évolué d’un iota. Dans notre quartier, c’est bien simple, à l’une ou l’autre exception (alibi?) près – comme le socialiste Harlem Désir (*) ou bien sûr l’UMP Rachida Dati  –,  la majorité des visages affichés sont blancs.

 

La France occupe toujours la «position de lanterne rouge des pays développés pour la représentation des minorités visibles en politique», vient d’ailleurs de déplorer le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), après avoir épluché les listes déposées dans l’Hexagone pour ce scrutin européen. Les Noirs de France considèrent qu’au point où on en est, «seules des mesures fortes sont de nature à lever les conservatismes en matière de diversité dans le champ politique». Entre autres dispositions, ils réclament «le conditionnement des remboursements des dépenses électorales aux partis politiques à des exigences minimales en matière de diversité».

 

Sûr que, si une telle mesure était prise, elle gênerait pas mal de partis.

 

 

 

(*) Harlem Désir qui, il y a quelques mois, était vendu par certains communicants du Parti socialiste comme étant «le Barack Obama français». Depuis, cependant, il semble que le PS la ramène un peu moins avec cette comparaison – il est vrai d’une prétention sans nom.


 
 


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