Devenez rédacteur


Une surveillance

vendredi 18 mars 2011, par Bernard Delattre


translate : Nederlands English Deutsch +

 

Voir en ligne : http://parislibre.blogs.lalibre.be/...

Une semaine jour pour jour, ce vendredi, que les événements dramatiques au Japon replongeaient la terre entière, la France y compris, dans, à tout le moins, l'interrogation à propos du nucléaire. Une énergie qui est surveillée également en dehors des centrales atomiques. Et y compris au coeur de Paris et de sa banlieue. Le montre bien le chapitre que le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (l'ASN, dont on parlait hier) consacre à la capitale française et à sa région.

Aucune centrale nucléaire n'est située à Paris – on ne voit pas très bien où on trouverait la place d'en construire une ... – ni dans sa banlieue. Pour autant, ils ne chôment pas, les 22 agents de la division parisienne du «gendarme du nucléaire» français. En effet, leur incombe la surveillance d'innombrables activités qui sont regroupées sous le vocable de «nucléaire de proximité». A savoir: quelques dizaines de services de radiothérapie, de médecine nucléaire ou de scanographie, plusieurs milliers d'appareils de radiodiagnostic médical ou dentaire, ou une dizaine de sociétés de radiologie industrielle. Sans oublier les opérations de transport de matières radioactives, ou les travaux de recherche menés par les centres du Commissariat à l'énergie atomique qui sont situés en banlieue parisienne, à Saclay ou Fontenay-aux-Roses.

En 2009, l'équipe parisienne de l'ASN a procédé très précisément à 241 inspections. Et 78«événements» ont été rapportés aux autorités. L'écrasante majorité de ces dysfonctionnements (71 cas) ont concerné «la radioprotection des travailleurs, des patients, du public ou de l’environnement». Les plus sérieux de ces accrocs ont été classés au niveau 2 de l’échelle d'évaluation utilisée dans ce domaine – qui compte 6 degrés de gravité. Dans quelques cas, ces«événements» ou résultats d'inspections ont amené l'ASN à prendre des sanctions.

Ainsi, à Poissy-St-Germain (département des Yvelines), l’activité d'un service de radiothérapie a été suspendue d'autorité. Car «un système important pour la radioprotection des patients ne fonctionnait plus de manière satisfaisante, depuis plusieurs mois». Idem à Corbeil- Essonnes (Essonne): l'activité du service de médecine nucléaire d'un hôpital a été suspendue pendant près d’un mois, «le temps pour le service d’effectuer les actions correctives nécessaires pour respecter la réglementation en vigueur en matière de radioprotection des travailleurs et de l’environnement».

Ces incidents survenus dans la banlieue de Paris ne sont évidemment en rien comparables, en termes de gravité et de dangerosité, avec la catastrophe qui endeuille le Japon. Néanmoins, à leur petite échelle, sans doute viennent-ils rappeler, eux aussi, l'exigence constante de professionnalisme, de prudence et d'éthique qu'impose le recours à l'énergie nucléaire.



translate : Nederlands English Deutsch +

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Bernard Delattre :


Un coût raisonnable

Une (laborieuse) ouverture au monde

Un manque de panache

 

D'autres articles:

France

Conforter la présence française dans l’OTAN (Institut Thomas More - Comité belgique)

Les atouts délaissés de Clipperton (Argoul)

Sortez les sortants ! (Argoul)


Nucléaire

Angela Merkel, la chancelière nucléaire (Jean Quatremer)

Un silence assourdissant (Bernard Delattre)

Perfidie d’une mascotte à l’agonie (Ploutopia)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous