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Verrons-nous la renaissance du syndicalisme aux États-Unis ?

lundi 16 février 2009, par Michel Monette


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Tandis que tous les yeux étaient tournés vers la bataille entre Républicains et Démocrates sur le plan de relance économique du président Obama, une bataille beaucoup plus féroce avait débuté contre un projet de loi que les milieux d'affaires craignent comme la peste. Ce projet de loi appuyé par Obama, le Employee Free Choice Act, propose que la procédure pour obtenir une accréditation syndicale soit assouplie : plutôt que de devoir tenir une élection secrète si un employé ou même l'empoyeur concerné l'exige, il serait désormais suffisant qu'une majorité d'employés d'une entreprise signent une carte d'adhésion à un syndicat pour que celui-ci obtienne automatiquement le droit de représenter l'ensemble des employés. 

Les patrons américains - et les parlementaires Républicains - sont en furie contre le projet de loi qu'ils accusent de paver la voie au banditisme soviétique sur les lieux de travail et à mener à la perte de la démocratie dans les entreprises. 

Les deux autres mesures introduites par le projet de loi sont tout aussi combattues par les chefs d'entreprise: des amendes seraient imposées en cas d'intimidation contre les employés militant pour leur syndicalisation et l'arbitrage serait imposé s'il s'avérait qu'une entreprise refuse de négocier de bonne foi un premier contrat. Quelle horreur!

Parmi les plus grands opposants à cette mesure, on retrouve Wal-Mart (qui oblige même les gérants de ses magasins à tenir des assemblées pour mettre en garde ses employés contre le projet de loi) et le cofondateur de Home Depot, Bernie Marcus, pour qui cette loi ne marquerait rien de moins que la fin de la civilisation! 

Des pleines pages de publicité ont été achetées dans les journaux, associant un important leader syndical américain, le président de la SEIU Andy Stern, au Gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich inculpé de tentative de fraude et de corruption. 

«Qui veut noyer son chien l'accuse de rage», dit le proverbe. Il est d'autant plus tentant pour le patronat américain de répandre ce genre d'accusation que certains dirigeants syndicaux américains se sont avérés particulièrement corrompus dans le passé. Curieusement, les patrons ne parlent pas des centaines de milliards de dollars de fraude commis par certains d'entre eux. Devrions-nous pour autant conclure qu'ils sont tous corrompus ou susceptibles de l'être? 

Le pire dans toute cette histoire, c'est que le projet de loi est très modeste et ne vise finalement qu'à faire en sorte que les mesures d'intimidation contre les employés voulant se syndiquer soient désormais sanctionnées. Présentement, un patron qui choisit délibérément de ne pas respecter les lois ouvrières n'a rien à craindre. Le pire qu'il peut lui arriver est de devoir réembaucher un employé congédié s'il est prouvé que le congédiement fait suite à des activités syndicales. 

Aussi bien dire que les patrons ont carte blanche pour commettre les pires abus.

Source: Lettre de Politiquesociale.net 

À lire : 

Can Labor Revive the American Dream?
The Little Unions That Couldn’t


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