Devenez rédacteur


Viva Zapatero ! Ca devrait arriver chez nous...

samedi 30 mai 2009, par Eric Bruckmann

4 réactions
translate : Nederlands English Deutsch +

Il était une fois un film documentaire de Sabina Guzzanti qui dénonce le déni de démocratie en Italie lorsque l’incestueuse relation entre médias et pouvoir désinforme, manipule, achète et fascise la société.
En Italie, c’est un seul homme qui incarne cette dérive, en Belgique, ce sont des familles politiques.
Le point commun ? Une opposition muette car tout le monde se sert et tout le monde se sert du peuple... Ce qui figure en Italique est extrait du documentaire ’Viva Zapatero !’. Ou quand la télévision publique n’est qu’appareil de propagande pour pour une minorité... "majoritaire"...
Un parallélisme avec la Belgique francophone assez troublant mais surtout très effrayant. Où sont les soi-disant garants de la démocratie ? Où est l’opposition ? Pourquoi se taisent-ils tous ?




Qui est Sabina Guzzanti?


Sabina Guzzanti est une comédienne satyrique italienne. Une sorte de François l'Embrouille sauce Lamy et Dubus qui travaillait à la RAI. Après sa première émisson, elle fut débarquée pour avoir critiqué Berlusconi. Comme beaucoup d'autres. Elle a été ensuite poursuivie par le Cavaliere pour 20 millions.


Les médias confisqués pour confisquer la démocratie


Le documentaire commence par une imitation de Tony Blair, en Angleterre. Tony aime Berlusconi. Il a la classe, du style et un truc que les autres n'ont pas... l'argent.

Sabina débarque déguisée en Berlusconi pour une conférence de presse auprès de son ami Tonino. Le show de la grande médiacrature commence. A peine parodié.

Le faux Berlusconi s'emballe, donne une brosse à dent que Blair aurait oublié en Sardaigne lorsque ce dernier lui dit "c'est embarrassant... c'est une conférence de presse et on est ridicules".

Berslusconi annonce la couleur: "Et alors? Tu ne les payes pas? Ils ne travaillent pas pour toi?". Oui, en Italie, c'est le pouvoir qui subsidie la télé publique, entre autres. Comme en Belgique. "Demain, ils vont me détruire! Ca ne marche pas comme ça!", s'offusque le faux Blair! Inimaginable réflexion, en effet, au Royaume Uni. "Combien de fois je t'ai dit de ne parler qu'à tes employés! Les autres, tu ne peux pas leur faire confiance", crie Berlusconi sur un ton agacé. Un humour grinçant dès lors que si on regarde ce qu'il se passe chez nous, il n'y a pas de quoi rigoler des italiens. Notre Berlusconi existe sous une autre forme.

 Extrait du site de la RTBF

"Néanmoins, les partis politiques belges ont conclu, en 1973, un Pacte
culturel afin d’assurer la protection des minorités démocratiques. Donc,
afin d’éviter que les membres du conseil d’administration de la RTBF
appartiennent tous à la même tendance politique, ce dernier est constitué
dans les mêmes proportions que les élus du Conseil de la Communauté
française."

Répartition des sièges du conseil de CF :

CDH 17 sièges soit 19 %
MR 26 sièges soit 28 %
PS 41 sièges soit 44 %
Ecolo 5 sièges soit 5 %
FN 4 sièges soit 4 %

Or... le conseil d'administration est composé de : 7 PS, 4 MR et 2 CDH. Ce
qui fait 13. Ecolo a un siège “d’observateur” (sans rire!).

Le CA a été approuvé en 2008 pour 6 ans... Donc quoi qu’il advienne des
élections, le PS gardera la majorité absolue jusqu’en 2014.

Le cauchemare Guzzanti s'est emparé des Wallons et des Bruxellois.


J'en ai marre des parvenus... Qui veut gagner des millions?

"Je suis un bouffon", explique Sabina. "Ma dernière intervention à la télé a provoqué un scandale. Manifestations, protestations, insultes. Dans mon métier, c'est un signe de reconnaissance. Mais les applaudissements n'étaient pas destinés qu'à moi. C'était aussi pour Berlusconi et pour ceux qui lui ont permis d'aller si loin. Avant d'être élu, il jurait qu'il ne profiterait pas de son pouvoir médiatique. Mais... quelques mois après les élections, il imposa son <édit de Sofia>." De grandes figures de la RAI ont été évincées d'un revers de la main: Biagi, référence incontestée en Italie qui est célèbre pour avoir été le premier à annoncer la fin du nazisme et du fascisme aux italiens, Santoro et Luttazzi... sous prétexte qu'ils ont utilsé la télévision publique payée avec l'argent public pour dénoncer Berlusconi. C'est criminel a déclaré le vrai Berlusconi.  La séquence où Berlusconi engueule par téléphone sur un plateau de télé Santoro est édifiante: "Santoro, vous travaillez pour un service public! Contenez-vous", à quoi rétorque Santoro "OK, je travaille pour le service public mais par pour vous, Berlusconi.". Quelle belle réponse. Quelle loyauté envers le citoyen qui est le véritable employeur des services publics...  Et Luttazzi qui déplore que Berlusconi décline ses invitations à débattre depuis deux mois: "C'est dommage, ma première question porterait sur son passé.  Je lui demanderais: <Cavaliere, d'où vient votre argent>? Car personne ne sait. Heureusement, ce livre vient de paraïtre. Il s'intitule <L'odeur de l'argent> et nous éclaire sur ce mystère. Nous recevons ce soir l'auteur, Marco Travaglio". A la suite de quoi, Berlusconi déclare "je pense que la nouvelle direction ne doit plus permettre que cela se reproduise". 

Luttazzi a reçu 4 plaintes pour diffamation, Berlusconi a réclamé 20 milliards, son parti Forza Italia 11 milliards, ses deux sociétés Finivest et  Mediaset 5 milliards chacune. Des politiques mélangés à des invests, des CA de média ou de sociétés liées au pouvoir, ça ne peut que déraper. C'est pas à un Wallon qu'il faut l'expliquer. A un autre échelon, n'a-t-on pas déjà vu des bourgmestres prendre des décisions contestées par des privés qui doivent se saisir de la justice à leur frais alors que le bourgmestre, lui, se défend avec... les impôts des citoyens qui ont, c'est bien connu, des poches sans fond? C'est le plus riche qui gagne toujours, surtout quand on est riche de l'argent d'autrui.

Santoro a essayé de récupérer son poste durant deux ans: "j'ai fait tout ce que je pouvais humainement faire. Je suis passé par tous les tribunaux et ils m'ont donné raison. Un magistrat a demandé à ce que je sois réintégré." Comme chez nous, le citoyen qui a raison devant la loi n'obtient pas nécessairement réparation lorsque "la raison d'Etat" s'emmêle. C'est pareil chez nous.

Quant à Biagi, après 40 ans de maison, il a reçu son licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception. Quelle élégance. Biagi, le journaliste le plus populaire d'Italie, a été remplacé par un responsable du bureau de presse de Berlusconi.

Santoro a été remplacé par un employé de Berlusconi, parce qu'il l'avait comparé à Mussolini...

"Aujourd'hui, les journalistes posent ce genre de questions: la défaite de Kerry et la victoire de Bush sont-elles une leçon pour la gauche? Aux JT, maintenant, on parle cuisine. Et un certain Bruno Vespa est responsable de 90% de l'analyse journalistique". Bruno Vespa, c'est ce type qui présente l'émission Porta a Porta qui est soi-disant une émission de débat mais qui est plutôt un show pathétique et abrutissant à la sauce Delarue, une véritable insulte à la matière grise. La qualité et les sujets traités au JT du soir me font penser que nous sommes dans le même délire.

"Comment en est-on arrivé là?", se demande Sabina Guzzanti. Biagi répond: "ce n'est pas surprenant parce que c'est dans l'air du temps. Ca signifie qu'il n'y a pas de véritable opposition. Je ne parle pas de grand principes mais de vie quotidienne, de la protection et de la liberté des citoyens."

Pas de véritable opposition

C'est là que je voulais en venir. En Belgique francophone, 4 partis ont le privilège de sièger à la RTBF et d'y décider les priorités dont un est "observateur". Le second de l'opposition est certainement "spectateur", vu qu'il est partenaire à un autre niveau de pouvoir. Quelle différence?

La RTBF ne donne aucune écoute aux partis qui ne sont pas les grandes machines électorales qui vivent grâce aux impôts des citoyens, qui diffusent grâce à l'argent des citoyens. Par dessus le marché, il est organisé que les citoyens ne puissent s'exprimer dans un système qu'on appelle proportionnel. Qu'est-ce que ça veut dire, proportionnel? La Présidente du cdH, maladroitement, a réagi très sûre d'elle sur l'antenne de RTL-TVI aux propos tenus par le Président du PS concernant le choix que les citoyens doivent faire entre la gauche et la droite: "il y a 4 partis en Belgique francophone et ce sont les citoyens qui choisiront parmi les 4". Délit d'initié ou de déni de démocratie? Rien qu'à Liège, il y a 17 listes électorales. Comment font-ils pour être si sûrs de l'issue des résultats?

En tout cas, une chose est certaine, l'influence tentaculaire de la particratie existe: il y a un gâteau, un gros gâteau. Ils se sont mis à 4 et, au pays du consensus,  et se sont mis d'accord pour le partager entre eux. Il faut nourrir les barons et si un cinquième entrait dans la danse ou pire, si un mouvement intègre foutait son nez dans les affaires de la caste politique, ce sont des millions d'Euros qui ne pourraient plus être pris dans la poche des citoyens pour atterrir dans d'autres poches moins neutres. Ceci explique la tenue à l'écart des formations qui ne reçoivent pas les subsides de l'Etat (vous) mais surtout de la pauvreté de la campagne électorale où on n'entend aucune idée, aucun débat sérieux sur des projets de sociétés ou mêmes ne fut-ce que sur un thème de société banale... rien sinon un combat digne des combats de catch sur une chaîne de deuxième zone où on frappe le coude au sol en criant assez fort pendant que l'adversaire secoue la tête en feignant souffrir le martyr pour impressionner le public... complice malgré lui parce qu'il a payé sa place et n'ose pas sortir. Le principal, c'est qu'après, les vrais faux antagonistes  partagent la recette... l'opposition complice, comme en Italie lorsqu'elle n'a pas jugé nécessaire de voter la loi dite des conflits d'intérêts... ça vous rappelle quelque chose, les conflits d'intérêts?

Chez nous, les émissions culturelles sont remplacées par "y a pas pire conducteur", par exemple, ou encore des débats très condescendants où on ne pose pas les questions qui fâchent. On critique souvent RTL-TVI en disant qu'il s'agit de la chaîne "populaire" mais pendant cette campagne électorale-ci, cette chaîne a fait preuve d'une toute autre honnêteté intellectuelle que le mégaphone du pouvoir que nous subsidions nous-mêmes. Pas le choix. Tout le monde paie. Même celui qui ne sera jamais écouté. Le service public n'informe plus. Il répercute la propagande des dirigeants...

Et comme pour Sabina Guzzanti, la société multimédia joue son rôle. La presse écrite, le web, tout le monde obéit à sa mère nourricière particratique. Moi-même, j'ai constaté dans un certain journal des interprétations de mes dires alors que je n'ai jamais été entendu. Je me suis adressé un jour à un journaliste qui a posé une question lors d'une conférence de presse à quelqu'un d'autre,  parce que la réponse donnée par l'orateur était fausse. Ca me tenait à coeur puisque j'y étais cité. "On a vos contacts. Ce n'est pas la peine de m'expliquer maintenant", m'a-t-il répondu... et son papier est sorti le lendemain sans jamais avoir pu démentir. Mieux, j'avais rendez-vous quelque part avec un type d'une web TV qui a annulé le jour-même son interview "parce que son patron est un cdH sur les listes régionales et il s'y oppose. Le responsable, le bourgmestre, est du PS et est catégorique. Tout passe par le conseil et c'est sûr que ça ne passera pas".

Rien n'est laissé au hasard: même pour une bièsse petite web TV dans un bièsse petit village, on empêche un bièsse citoyen de s'exprimer sur ordre d'une bièsse de Bourgmestre et une non moins bièsse de candidat aux élections...

Toutes les questions que Sabina Guzzanti pose dans son film documentaire devraient être posées chez nous. Comment se fait-il que ceux qui sont si doués pour leurs affaires privées aient si peu de talent pour règler les nôtres? Sabina n'oublie pas non plus de faire une corrélation entre appartenances aux mêmes loges maçonniques des plus grands banquiers d'Italie et Berlusconi... et sa réponse est que Berlusconi ne s'est donc pas fait tout seul... dans un autre show, déguisée en magistrat, elle en déduit que si tout ça était vrai, le Parlement serait composé d'escrocs et que des Ministres profiteraient de leur position pour s'enrichir personnellement. Que si toutes ces choses extrêmement graves étaient vraies, et que la classe politique les avaient permises, que devrait-on penser de cette classe politique? Qu'elle devrait être virée immédiatement! En Belgique, dire ça, ça s'appelle du populisme. Vocable utilisé par des vrais populistes pour que la nation se détourne de la chose publique lorsque quelqu'un perturbe sa garantie de revenu quasi illimité. C'est dangereux mais pas pour le citoyen. Pour celui qui vit du citoyen. Chez nous, aucun Ministre ne s'est jamais enrichi personnellement, vous le savez tous...

"Le journalisme doit être indépendant. Etre capable de poser des questions et surtout la seconde question. Lorsqu'un homme de pouvoir de droite ou de gauche dit une stupidité, la seconde question est cruciale car elle le met en difficulté. Aujourd'hui, les journalistes italiens ont une grande responsabilité mais ils finissent par être lâches. C'est triste à dire mais leur façon de se défiler, de ne pas approfondir les faits et de ne pas prendre position fait que le journalisme en Italie est comparable à l'activité politique. C'est lamentable."  Une réflexion multiple qui sonne comme une alarme au Pays des dépêches Belga et des reportages sans débat contradictoire ou au mieux des rectifications nocturnes...

Et comme en Italie, lorsque des lièvres sont levés, un président de parti s'offusque qu'une sorte de lynchage soit organisé, qu'on s'acharne sur son parti. Mais personne ne parle des preuves. Comme pour ne pas mettre mal à l'aise ceux qu'il pourrait contrôler...

"Même dans la mise en page, l'importance des évènements n'est pas établie selon les règles du journalisme mais répond à des règles de caractère plus politique. Il y a aussi des cas de censure plus structurelle comme ce qui est arivé à la 7, à titre préventif, comme elle allait devenir indépendante, on l'a tuée dans l'oeuf pour qu'elle ne garde pas son indépendance. On l'a fait racheter par quelqu'un qu'on contrôle, à qui on fait des faveurs, et qui donc doit en faire aussi. Bien sûr, on ne doit pas embaucher ceux qu'on a virés ailleurs, sinon c'est inutile". Bien compris par certains élus qu'il est inutile de désigner aujourd'hui: dans la région liégeoise, on voit fleurir dans les jardins des logis sociaux des panneaux à leur effigie. Et par le plus grand des hasards, les matériaux utilisés, la taille, la forme, la disposition de tous ces panneaux sont identiques... service donné... service rendu... d'où l'utilité du plan marshall, aurais-je envie de "délirer".

"Ou il y a démocratie, ou il y a censure. Les deux ne peuvent coexister", reprend Sabina Guzzanti en magistrat. "Si c'était de la censure, ce qui est arrivé à Santoro, Biagi, Luttazzi, Tagliafico, Rossi, etc., alors tous les membres du parlement seraient restés accrochés à leur sièges, ils auraient entamé une grève de la faim! Pourquoi nos députés ont-ils encore tant de mal à appeler la censure par son nom?". Voilà la question centrale qui nous préoccupe tous aujourd'hui.

Un député, très embarrassé, répond: "Disons qu'en ce moment... la RAI... enregistre... une sorte de recul du pluralisme. Il faudrait l'expliquer plus précisément". Un recul de pluralisme. Voilà un euphémisme qui pourrait être appliqué à notre, enfin, leur RTBF. Voir plus haut. Quelle voix pour le citoyen exclu du système "proportionnel"?

"Je pense qu'une partie de l'opposition accepte les règles du jeu, elle fait avec, elle joue le jeu.", analyse un correspondant du journal Le Monde. "De ce point de vue, je pense vraiment que certains ont baissé les bras, ont décidé de ne plus se battre tant qu'ils peuvent garder le peu d'espace qu'il leur reste." Ceci explique sans doute pourquoi les autres petits partis (excepté le CDF) n'ont pas accepté de s'associer à l'initiative de LiDé de protester contre la censure de la RTBF à l'encontre des autres formations que les 4 dominantes. Les dégoûtants gardent les rennes tandis que les dégoûtés continuent à déguster ce qui les dégoûte...

"A mon avis, l'opposition n'a toujours rien compris. Je suis persuadé que, si les leaders de centre-gauche revenaient au pouvoir, ils referaient les mêmes erreurs qu'en '96 et ils chercheraient encore à placer leurs hommes. L'opposition doit comprendre qu'il faut changer de modèle, qu'il faut révolutionner la télé et la radio italiennes. Ils doivent renoncer au contrôle de la télé." Je soutiens le même discours à l'égard de la RTBF. Les problèmes sont partout les mêmes en Europe. Les orgies médiatiques par les particrates tuent la démocratie et salissent la fonction représentative du peuple. Et quand le président du PS wallon annonce qu'il voudrait des assises de la déonthologie, on est dans le même schéma pervers surréaliste: tous le monde embarqué sur le même bateau... alors que ce code déonthologique devrait naître de personnes qui n'ont justement aucun conflit d'intérêt... mais bon sang, que faut-il pour qu'ils comprennent?

Impossible, la dépolitisation?

"Lorsque Zapatero est arrivé au pouvoir, il a immédiatement aboli la loi qui permettait au Premier Ministre de nommer les directeurs des chaînes publiques. J'espère que cette décision est définitive et que les Italiens réclameront la même chose lors du changement de régime, s'il a lieu. Car on ne peut plus tolérer que les partis politiques contrôlent la TV publique. Je pense que le problème ne se réduit pas à Berlusconi car les politiques contrôlaient la RAI bien avant que Berlusconi pense à faire de la politique. Lui est intervenu en profitant d'une situation que d'autres avaient créée. C'est pourquoi les partis de centre-gauche ne se prononcent pas sur ce genre de fonctionnements, ils ne trouvent pas ça bizarre." Il semble en effet qu'un mal bien plus grave que la grippe Mexicaine ait miné la société Belge. LiDé a toujours soutenu que ce ne sont pas les hommes politiques qui sont tous mauvais mais que c'est le système qui est à revoir en profondeur. Poujadisme? Pourquoi ce qui serait une analyse pertinente en Italie serait de l'esbrouffe ici???

"En 2003, Violante a fait des déclarations choquantes à l'Assemblée nationale. Très peu d'Italiens en ont eu connaissance: Berlusconi savait qu'on lui garantissait que ses chaînes de télévision demeureraient intouchables dès '94, même si le gouvernement changeait. Il le savait et le Sénateur Letta le savait aussi. Mais il s'agit d'un autre problème. Comment avez-vous pu employer le mot "régime" contre nous alors que nous n'avions pas signé la loi sur le conflit d'intérêts? Nous avions permis à Berlusconi d'être candidat aux élections malgré le maintient de ses activités au sein de Mediaset dont le chiffre d'affaires avait été multiplié par 25 durant notre mandat."
Et, à nouveau, Sabina Guzzanti pose les bonnes questions que nous devrions entrevoir ici, en Communauté Française: "Au nom de quel mandat électoral ces décisions ont-elles été prises, et dans l'intérêt de qui?". La particratie, c'est ça: sous le prétexte d'être élu, on se donne le droit de décider pour les citoyens pour des questions pour lesquelles il n'est jamais consulté. Parce que l'intérêt personnel prime sur l'intérêt général.

"Laissez-nous dire que 2 et 2 font 4, le reste vient tout seul, écrivait Orwell. Il faut défendre l'évidence, la simplicité et la vérité. Il est évident que si notre liberté d'expression est limitée, celui qui est au pouvoir peut faire ce qu'il veut.", nous dit Sabina Guzzanti, et l'humoriste Anglais du début du documentaire d'ajouter "lorsque tous les politiques disent la même chose et qu'ils affirment tous que la loi du marché doit prévaloir sur tout le reste ou qu'il faut être du côté de George Bush, il faut qu'une autre voix s'élève et cette voix doit être celle des artistes, des comédiens, et aujourd'hui plus que jamais, ils doivent se faire entendre. Comme dans Candide de Voltaire, quand il dit que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes alors qu'il n'y croyait pas du tout."

En Italie, la population est descendue dans les rues pour réclamer la liberté d'expression. Que ferons-nous, nous, Wallons et Bruxellois? Mais surtout QUAND le ferons-nous? Les italiens regrettent que quand la gauche était au pouvoir, c'était pareil. Les citoyens ne sont pas dupes. C'est une question de système, de référence, pas de changement d'hommes.

"Pour mémoire, notre liberté, nous l'avons conquise. Et la liberté, ce n'est pas être contraint à voter contre soi-même.  Pour mémoire, les gens étaient si nombreux qu'on aurait dit un miracle. Les gens étaient venus si nombreux qu'il n'y avait plus lieu de s'inquiéter. Moi, je suis un bouffon et comme j'ai bien fait mon travail, en récompense, j'ai vu le peuple. Et je ne suis pas seule à l'avoir vu, il y a eu beaucoup de témoins. Vous aussi, vous êtes témoins."

Excusez-moi, Sabina, d'avoir tant retranscrit votre reportage sans votre autorisation, mais je suis certain que vous comprendrez que nul n'est prophète en son pays et que montrer que ce que je vois ici n'a aucun intérêt pour les miens si je ne peux prouver que vous l'avez déjà vu ailleurs: ça me donne une crédibilité que l'obscurantisme du pouvoir, le même que vous combattez, ne me permettrait pas de mettre au grand jour. Sur un site web, quelqu'un m'a traité de bouffon mais grâce à vous, j'ai compris que ce ne sera plus jamais une insulte. Au contraire.

En attendant que mon peuple ne se lève enfin et que la censure contre les citoyens au travers du silence imposé aux petits partis ne soit levée, j'espère que cette fois, la révolution citoyenne est vraiment en marche: VIVA ZAPATERO!






translate : Nederlands English Deutsch +

Les derniers commentaires

  • Viva Zapatero ! Ca devrait arriver chez nous...

    par Francis (IP:xxx.x6.83.85) - 30 mai 2009 11:57

    Rédaction et analyses dignent d’un très bon journaliste ... A eux d’essayer d’en faire autant.
    Bravo !

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  6  non

  • Viva Zapatero ! Ca devrait arriver chez nous...

    par Eric Bruckmann (IP:xxx.x41.124.113) - 30 mai 2009 14:11

    Encore une fois, RTL ont été très correct et ont donné la parole à des partis très petits, même s’ils ne présentent qu’une seule liste incomplète dans un seul arrondissement !



    http://www.rtlinfo.be/rtl/news/arti...

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  10  non

    • Viva Zapatero ! Ca devrait arriver chez nous...

      par Démocratie (IP:xxx.x00.98.91) - 8 juin 2009 17:02

      RTL est aussi manipulatrice que les autres médias. Peut-être pire. L’introduction d’un reportage de deux petites listes parfois concurrentes, où l’interview d’un représentant à une heure d’écoute peu suivie sont juste des faux-semblants pour endormir les petits partis eux-même heureux d’avoir eu quelques minutes et le public qui considère qu’ils ne représentent pas grand chose puisqu’ils n’ont pas une couverture médiatique digne de ce nom.



      En France, lors des présidentielles,événement majeur s’il en est, chaque candidat quelque soit sa couleur et son origine, serait-il même maçon d’un petit village du sud, a disposé du même temps d’antenne et des mêmes moyens techniques que Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royale.



      Que voilà une leçon d’éthique pour nos journalistes et nos politiques !

      Répondre à ce message  Signaler un abus

      commentaire constructif  ?  oui  2  non

  • Viva Zapatero ! Ca devrait arriver chez nous...

    par Eric Bruckmann (IP:xxx.x42.27.174) - 31 mai 2009 06:55

    Tiens tiens... il semble que l’Empire Berlusconi ait bien inspiré la RTBF...



    http://www.dhnet.be/cine-tele/telev...



    Une semaine avant les élections, c’est un comble.

    Répondre à ce message  Signaler un abus

    commentaire constructif  ?  oui  4  non

Laisser un commentaire

?

Derniers articles de Eric Bruckmann :


Une école islamique à Anderlecht... préparer la guerre civile ?

Attentat Charlie Hebdo : charia en vue en CEE ?

Weekly Leaks (Les Poireaux de la semaine)

 

D'autres articles:

Belgique

Des nouvelles du café du commerce des agences de notation : et si on se faisait la Belgique ? (Jean Quatremer)

Les indépendantistes flamands en embuscade (Jean Quatremer)

Chroniques de crise (2) : bye, bye, l’euro ? (Charles Bricman)


Italie

I had a dream… (Charles Bricman)

Sauce tomate-cerise maison (Sarita)

Per un sacco di carbone (Charles Bricman)


Liberté d’expression

Liberté d’expresion (Charles Bricman)

Censure à l’ULB : inadmissible ! (Arnaud Van Praet)

La France refuse de condamner la loi hongroise sur les médias par peur d’attiser le populisme (Jean Quatremer)


Pouvoir public

Combien d’organes consultatifs et acteurs économiques en Belgique ? (Albert Rodeyns)

Accidents domestiques (Christophe Cochet)

La Wallonie perd ses eaux (François Collette)


Medias

Une grande cruauté (Bernard Delattre)

Une violation flagrante (Bernard Delattre)

Une double palme (à nouveau) (Bernard Delattre)





Medium4You.be  Politique éditoriale | Conditions générales et vie privée | Contactez-nous