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Comprendre avec facilité la crise des « subprime » et celle qui nous menace suite à la situation de la « Grèce ».
Il était une fois un certain Francesco Datini (1335-1410), citoyen de la ville de Prato (Toscane-Italie), qui inventa la lettre de change (le chèque si vous préférez). Plus besoin de transporter de l’or dans les fontes de son cheval au risque d’être dévalisé, battu ou tué. C’était merveilleux. Datini donnait ses lettre de change sachant qu’il avait de l’or ou une créance sur le destinataire de la lettre à Venise, Gênes, Paris, Amsterdam, Londres etc. Naquit, quelques années après sa mort, près de là, à Florence, un certain Laurent de Medici (1149-1492) appelé par la suite « Lorenzo il Magnifico ». En tant que marchand ce dernier fit la même chose. Les Médicis étant extrêmement fortunés et puissants, une lettre signée « Medici » valait son or et commença à s’échanger comme actuellement un billet de Banque. Laurent, trop occupé, se soucia de moins en moins de savoir si l’or qu’il possédait était l’équivalent de ses lettres de change. Celles-ci surpassaient même la totalité de ses avoirs, de son actif comme on dit aujourd’hui. La Banque était née. Donner une lettre de change, un chèque, c’est reconnaître que l’on doit le montant indiqué. Savoir que l’on ne pourra pas le payer c’est… (voler, le pensez-vous ?). Attention cependant, le système ainsi naïvement inventé fut aussi bénéfique. J’ai de l’or (tout le monde en avait, soit très peu, infiniment peu ou beaucoup). Je le garde. Il ne se passe rien. Je prête, disons 10.000 écus, à un voisin qui ne sait pas payer le toit de sa nouvelle maison. Ainsi lui a sa maison. Le toiturier a les 10.000 écus et s’achète une machine à couper le zinc. Le marchand de machines ...J’ai créé de En agissant ainsi Lorenzo a créé une tentation. Cette tentation est salutaire jusqu’à un certain point. Lorenzo avait des actifs pour 80% de ses dettes. Par la suite, les marchands, appelés de plus en plus banquiers, se sont contentés de 70, puis 50, puis 20, puis 10 et enfin quelques 9 pourcents. Cet aspect est pudiquement caché. Vous ne voyez pas d’avertissement dans la presse vous disant « Attention ! Telle Banque n’a plus que 8% de l’argent que vous lui avez confié ». Votre Banque vous dit au contraire « Votre compte est…ou dans votre compte existe encore un solde de 3428,00 € » Or il n’y a rien dans votre compte car il n’existe pas. Cette terminologie est fausse. La Banque devrait vous dire « Je vous dois encore 3 428,00 € » ce qui est différent. Ces malentendus existent depuis des siècles et sont à la base du système financier mondial. Transportons nous dans le temps présent. Nous savons maintenant que cet incitant financier, le crédit, entretien la dépense et donc l’emploi et la prospérité. Les autorités, en vue d’apprécier la richesse des Banques, les bourses en vue d’uniformiser l’appréciation des comptes et bilans de celles-ci, ont provoqués des rencontres notamment à Bâle sous l’égide des Banques Centrales. Les accords de Bâle II (étudiés depuis 1998 et mis en place en 2004), à côté de décisions très positives ont décrété que l’évaluation des actifs devait se faire à la valeur du jour. La conjoncture fut ascendante, les valorisations augmentaient, la capacité d’entretenir la croissance augmentait ce qui arrangeait bien nos politiciens tout en améliorant les bilans et la rémunération des Banquiers. Toutefois cette décision était stupide. Utiliser la valeur du jour signifie aussi que si la conjoncture s’affaiblit, si la Bourse baisse, si d’autres valeurs détenues par les Banques se dégradent, l’actif bancaire fera de même. Il fallait nécessairement que cela tourne mal et ne sont pas montrés du doigt les principaux responsables tel que notamment le Président de la CBFA sensé être le gardien du sérieux et de l’honnêteté du système financier pas plus que le Président de Mais finalement quid du subprime, quid de la Grèce ? Pourquoi, en ce qui concerne le subprime, ne pas avoir laissé les gens chez eux ? On pouvait réduire leur dette de moitié, l’étaler dans le temps, diminuer la charge provisoirement. La créance aurait continué d’exister et l’actif bancaire n’aurait pas été inondé de créances pourries. La Grèce maintenant. Pourquoi la Grèce ne déclare-t-elle pas que sa dette, ses obligations, sont nulles et sans valeur. Se mettre en défaut de paiement. L’histoire est remplie de ce genre de décision dont celle d’Edouard IV d’Angleterre qui affecta grandement notre ami Lorenzo. A titre informatif Carmen M. Reinhardt et Kenneth S. Rogoff dénombrent, entre 1300 et 1900, 3 défauts semblables pour l’Angleterre, 9 pour la France, 14 pour l’Espagne. Ne parlons pas de l’histoire récente où l’on voit, entre 1900 et 2008, 23 défaillances en Afrique, 12 en Asie, 37 en Amérique Latine. Une décision de ce genre ne serait que juste en ce qui concerne la Grèce puisque ceux qui prêtent prennent un risque et n’ont pas de raisons de se plaindre si le risque survient. Le contraire serait immoral. Pourquoi ces solutions simples ne sont-elles pas appliquées et que les chefs d’Etats se réunissent pour résoudre ces problèmes ? Pour le subprime, la cause de cette sollicitude vient du fait que les Banques, déjà devenues fragiles au fil du temps et de l’effet Bâle II, ne pouvaient plus cacher leur faillite et qu’ainsi tout le système bâti depuis Lorenzo s’effondrait amenant dans nos pays l’obligation de regarder en face la valeur du solde du compte bancaire de chacun. Pour le cas de la Grèce, c’est plus facile à comprendre si l’on sait que les prêteurs ne sont pas majoritairement des Grecs ou d'autres personnes mais à nouveau les Banques. S’il s’agissait de particuliers, on les laisserait tomber. Le propos ci-dessus fut de décrire la réalité des choses, non pas de critiquer un système hypocrite certes mais nécessaire, basé sur la confiance dans la sagesse de nos banquiers et de nos institutions. En fait nous sommes prisonniers de notre système mais le supprimer implique la disparition des Banques. La conséquence serait la faim et la misère, le retour au Moyen-âge. Un certain nombre de choses sont troublantes à ce sujet. L’Asie vient de se développer d’une manière fulgurante. Ceci est dû en partie à l’extension de ce système financier et cela marche le mieux là où la confiance existe, en Chine par exemple. L’Afrique ne sort pas de sa misère dans la partie sub-saharienne, le sud excepté. La confiance est inexistante tout comme dans certains pays d’Amérique du Sud. Les pays européens qui se sont le mieux développés sont les pays protestants. Le protestant est seul responsable de ses actes devant Dieu et devant les autres. Ce sens de la responsabilité augmente En conclusion tout se résume à un problème de confiance et celle-ci n’étant plus dépendante de la morale religieuse ne peut perdurer que par l’exemple. Celui-ci doit venir en premier lieu de nos hommes politiques et là notre pays n’est pas gâté. PS : D’après les historiens ce ne serait pas Francesco Datini qui aurait inventé la lettre de change mais les gens de Prato y croient et lui on érigé une énorme statue sur Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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