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Tout à fait honnêtement je n’avais jamais connu ça ! Jamais je ne suis arrivé à huit jours d’un scrutin avec aussi peu d’envie d’y participer et en rencontrant autant de gens qui partagent cette pernicieuse lassitude.
Plusieurs correspondants me font l’honneur de me demander conseil. J’en conclus qu’ils me pardonnent les lamentables cafouillages de mon expérience mort-née avec LiDé et son irresponsable fondateur. Il faut donc que je me secoue et que je sorte un peu de mon refuge ( mon livre est presque sorti de presse ! ) pour partager quelques réflexions qui ne veulent pas succomber à la tentation du désabusement facile. D’abord et avant tout, je voudrais vous dire qu’il vaut toujours mieux voter que ne pas voter. Si notre système électoral tenait compte des votes nuls et blancs, ceux-ci auraient un sens, mais comme il se contente de diminuer le total des votes exprimés, ne pas voter revient à conforter le résultat du vote des autres. Ici aussi les absents ont tort.
Pour ce qui est de savoir pour qui voter, j’avoue que les choses sont assez claires : surtout pas pour un parti, votez toujours pour un candidat.
Même s’il n’a « aucune chance » d’être élu, votre voix lui donne du poids et ce poids est une des valeurs qu’on respecte dans les partis.
Ceci dit, cette voix est aussi « récupérée » par la liste. Elle conforte donc la liste sur laquelle figure votre candidat. Ainsi, je comprendrais qu’on ait une certaine sympathie pour un Charles Picqué, par exemple, mais il est impensable (à mes yeux) de conforter le parti socialiste, donc Piqué : impossible.
Je pourrais vous dire qu’un jeune père de famille, archi sympathique, Quentin van den Hove, que je connais depuis son enfance, se présente à la 14ème place de la liste VLD aux régionales.
Je l’aime bien mais de là à laisser ma voix se faire comptabiliser par nos malades communautaires dans le quota « flamand » à Bruxelles ….c’est trop me demander.
Le procès des autres « grandes » listes est rapidement fait : un éventuel succès Ecolo n’est certainement pas à confirmer par nos voix. Ces gens là, surtout à Bruxelles, restent plus que jamais les héritiers de l’extrême gauche qui les noyaute à travers l’ARAU, les Amis de la Terre, inter-environnement, Greenpeace etc. et une bonne part du milieu enseignant comme de la presse. Non, derrière une façade encore quelque peu rafraîchissante, la victoire prédite à Ecolo est un cauchemar pour nos libertés et surtout pour les valeurs universelles auxquelles nous sommes attachés.
Les néo humanistes du CDH qui ne se veulent ni chair ni poisson mais qui ont franchi l’inadmissible en votant des lois sur les manipulations génétiques et la motion lamentable contre notre Pape, ont creusé leur propre tombe. Cette tactique opportuniste les maintiendra peut-être au pouvoir, mais au sein de ce pouvoir on les sait d’office obligés de suivre ou de trahir en fonction des vents. C’est dire comme ils y sont respectés. Exit donc tout vote CDH qui, pour le coup, serait vraiment un vote perdu. ( C’est l’histoire d’une Madame-non qui a dit non jusqu’au jour où lui fut offert son ministère et là, elle a dit oui, oh oui ! )
Quant au MR, où je tiens à rappeler que Armand De Decker, pourtant fort peu « catho », est le seul à avoir eu le courage de se prononcer clairement contre le ridicule d’une motion anti-papale, il m’est tout de même difficile d’en conseiller le soutien alors que c’est en son sein que ma propre candidature a fait le plus peur, et qu’on a monté contre votre serviteur une cabale aussi volontairement injuste que calomnieuse. Je sais que je dois pardonner et même tendre l’autre joue, mais je dois avouer que, malgré mes efforts, la cicatrice est encore un peu trop vive pour ce genre d’abnégation.
Restent donc les « petites » listes qui n’ont pas de chance d’avoir un élu et qui n’auront de poids que celui du nombre de voix qu’elles feront perdre à la particratie. Mais rien que pour ça, elles méritent les voix des vrais démocrates. En particratie, en effet, une des mesures du pouvoir est donnée par le poids électoral personnel. Chaque voix qu’ils n’auront pas est un peu de poids et donc de pouvoir en moins.
Mes sympathies ici vont à des listes comme celles du CDF qui se présente dans plusieurs arrondissements (avec une mention toute spéciale à Bruxelles pour Marie Courtoy - André Dumont qui se montre un « remorqueur de famille nombreuse » d’une rare générosité, et pour Charles-Louis de Mérode, un complice depuis le temps du Collège ). Je ne puis pas ne pas citer aussi à Bruxelles la liste UNIE de mes amis Alain et Thérèse Mahiat qui sont des militants pour la Belgique comme on n’en fait plus.
Croyez-moi, nos Régions se porteraient bien mieux si leurs parlements respectifs étaient formés de gens de ce niveau de qualité morale.
Reste enfin l’Europe qui me pose un problème insoluble.
Pas un candidat n’y trouve grâce à mes yeux sur quelque liste que ce soit. Reste le pis aller pas très subtil du vote MR afin d’éviter les gauchistes PS, CDH et ECOLO. C’est très court comme motivation, mais je n’en vois pas d’autre, et sans doute est-ce mieux que le vote blanc qui revient à voter pour tous.
Toutes ces observations et l’énorme désintérêt du corps électoral pour ces deux importants scrutins, prouvent une chose, c’est qu’il est plus que temps de revoir de fond en combles l’organisation de notre système électoral. Ce que le Beffroi propose à ce sujet n’est pas d’y introduire une part de scrutin majoritaire comme certains le suggèrent. Ce que nous proposons au contraire, c’est de casser le contrôle des partis sur les listes de candidats. Nous proposons la plus simple des choses : les candidats se présentent aux élections non pas sur des listes contrôlées par les chefs de partis, mais tous à la suite en ordre alphabétique (dont la première lettre sera tirée au sort), chacun ayant son numéro, et les places éligibles sont attribuées à ceux qui font le plus de voix, et dans cet ordre, quel que soit le parti qui les soutienne. C’est d’ailleurs le système tout simple qu’utilisent tous les clubs et associations etc. Ceci n’empêche en rien le soutien des partis à leurs candidats, mais il n’y a qu’en particratie qu’on voit des partis (autoproclamés démocratiques) décider qui peut être élu et qui n’a aucune chance, et ça ce n’est plus acceptable.
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