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Pierre Bergé : milliardaire, mécène et militant.lundi 31 décembre 2007, par Internecivus raptus 7 réactions
Impression d’assister à des discussions et polémiques ayant déjà eu lieu cent fois. Réactions prévisibles à l’annonce de la dernière abomination terroriste. Indignations compassées et bien-pensantes vis-à-vis du sort de telle otage superstar des médias, alors que d’autres croupissent aux mains de leurs geôliers dans l’indifférence la plus totale. Meute de fans (déclarés ou honteux) de la pipolitique se ruant comme des clébards affamés sur la moindre miette jetée à leur intention, et dont les gloussements d’indignation poussés avec une ferveur toute panurgiste cachent mal leur avidité à participer activement au processus. Bref, tout cela a régulièrement pour moi un goût prononcé de déjà vu qui ne m’inspire qu’ennui. À la lecture des niouzz, sans consulter mon agrégateur je peux prédire quels sont les sujets qui vont faire l’objet de nombreux billets. Déprime de fin d’année peut être ? Toujours est-il que je viens de traverser une telle période. Lassitude médiatique, désintérêt sondagier, angoisse du pixel blanc. Mais je ne peux pas pour autant me résoudre à abandonner mon blog. Il me faut donc sortir un peu des sentiers battus, et j’ai donc décidé d’ouvrir une rubrique alliant carnet mondain et politique. Non, non, non, ce n’est pas du tout ce que vous croyez ! ;-) Mais voyez plutôt.
Né en 1930 sur l’Ile d’Oléron, ce jeune provincial amateur de poésie et de littérature sera comme bien d’autres tenté par l’aventure des nuits parisiennes. Il y évoluera durant quelques années, et y cotoîera des noms aussi prestigieux que Prévert, Giono, Anouilh, Cocteau, Camus, Sartre et bien d’autres. Mais c’est sa rencontre avec le grand couturier Yves Saint-Laurent (alors styliste chez Dior) qui marquera le tournant de sa carrière. En 1962, il parviendra à rassembler les milliards de francs nécessaires au rachat de la maison Yves Saint-Laurent, alors au bord de la faillite, et à transformer ce nom en la griffe de prêt-à-porter de luxe que nous connaissons. Année après année, le talent d’hommes d’affaires de Pierre Bergé donnera toute sa mesure, et le succès sera au rendez-vous. Il est aujourd’hui multimilliardaire. Sa déclaration de revenus inclut entre autres un 700 mètres carrés dans le 7ème arrondissement de Paris, le Château Gabriel à Deauville, le Palais des Jardins Majorelle à Marrakech, ainsi que quelques "modestes" croûtes signées Braque, Goya, Cézanne ou Matisse.
Cela ne s’arrête pas là. Début 1987, Pierre Bergé se découvre une vocation de patron de presse. Il lance le magazine Globe, lequel lui servira à soutenir activement la campagne électorale de François Mitterrand en 1988. Pierre Bergé suivra ce dernier dans tous ses meetings de campagne. Il financera également la Fondation Danièle Mitterrand - France Libertés. Et en 2007, Pierre Bergé est toujours bon pied, bon oeil. La preuve, en surfant un peu de ci, de là je suis tombée sur une vieille coupure de presse, un truc qui date de fin novembre : Pierre Bergé finance les nouveaux locaux de Ségolène Royal : 150 mètres carrés Boulevard Raspail. Il va également réactiver, à coups d’euros bien gras, l’association Les Amis de Ségolène, qui a soutenu la candidate lors des présidentielles 2007. Et qu’il arrosait donc vraisemblablement de sa générosité durant ladite campagne. Oh. Un richissime homme d’affaires et patron de presse qui fait des chti’ cadeaux à ses amis politiques. Bon sang, mais c’est bien sûr. Confusion des genres, sympathies malsaines entre les milieux d’affaires et le pouvoir. Franchement, si j’avais mauvais esprit, je pourrais sans doute sauter à des conclusions tout aussi hâtives qu’orientées. Mais vous me connaissez, loin de moi cette idée ;-) D’ailleurs, cette info datant de novembre a bien sûr dû provoquer un tollé général fort légitime dans l’entourage des professionnels de l’indignation militante. Dame, au prix du mètre carré Boulevard Raspail... Quoi ? Ma mémoire ne me fait pas défaut ? Rien ? Pas le moindre murmure, la moindre protestation, la plus petite indignation ? Sans blague ? Ah, mais suis-je bête, c’est logique : Yves-Saint-Laurent c’est autrement plus classieux que Rolex ou Disneyland. Logique. Ou alors, c’est qu’il existe dans le chef de certains une légère tendance au double standard. Oh, légère, hein. Mais ne soyons pas médisants.. ;-) RoseNoire. (Dans la Seine. Dans la Seine avec des blocs de béton attachés aux pieds par moins quinze degrés celsius, ces foutriquets hypocrites de la Rive Gauche !) Les derniers commentairesLaisser un commentaire |
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